« La grande distribution a bien tenté d'acheter du poisson au cul du bateau pendant la crise, mais les producteurs n'ont rien lâché. Peut-être que ça a bien fonctionné parce que depuis un an et demi, on se parle !», reconnait Lionel Collachot, président de l'association regroupant l'ensemble des acheteurs sous criée des Pays de la Loire (ACAAPP) et l'un des artisans de la création de l'association interprofessionnelle, Loire Océan Filière Pêche, réunissant tous les acteurs de la filière pêche ligérienne, soit une trentaine d'acteurs (Comité régional des Pêches maritimes, organisation de producteurs, acheteurs, criées...) dont la région et son bras armé, le Smidap, syndicat mixte pour le développement de l'aquaculture et de la pêche en Pays de la Loire. En chantier depuis deux ans, ce projet, élaboré avec le bureau d'études rochelais spécialisé dans le domaine de l'économie maritime Odyssée Développement, devrait être officialisé au cours de l'été.
Si les ports et les flottilles ont sauvé la face en privilégiant les marchés de proximité au moment où les exportations ont plongé de 70% et que les restaurants ont baissé leur rideau, la crise sanitaire a révélé l'urgence de se structurer et de se montrer. «Quand on parle pêche en France, on pense à la Bretagne. Or, avec 6% des apports, nous sommes la deuxième région productrice », rappelle José Jouneau, Président du comité régional des Pêches Maritimes (Corepem). Avec six ports de pêche (La Turballe, Le Croisic, Noirmoutier, Saint-Gilles-croix-de-vie, l'île d'Yeu et les Sables d'Olonne) la filière compte 1200 marins et 370 navires qui débarquent en moyenne 30.000 tonnes de poissons par an, pour un chiffre d'affaires annuel de 112 millions d'euros. Grâce à une flottille diversifiée, composée à 80% de navires de moins douze mètres qui effectuent des marées courtes de 24 à 96 heures, les acteurs de la pêche ligérienne revendiquent de débarquer toutes les espèces présentent dans le golfe de Gascogne. « De la sole, du thon, du bar, de la langoustine, du chinchard, de la sardine, de l'anchois... des produits à haute valeur ajoutée, extrêmement diversifiés. Ce sont 97 espèces, proposées sur le marché du frais dont très peu vont vers la transformation. Le paradoxe, c'est que les français sont très peu consommateurs de poissons. 60% de la production est exporté vers l'Italie et l'Espagne alors que 80% du poisson consommé en France (cabillaud, sabre...) est importé », regrette José Jouneau.