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Kem One : les repreneurs fusionnent leurs offres

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La fusion des projets des candidats à la reprise se fait sur une base paritaire. Le chef de file en est Alain de Krassny qui deviendra PDG de la société si cette unique offre est acceptée par les juges consulaires.
La fusion des projets des candidats à la reprise se fait sur une base paritaire. Le chef de file en est Alain de Krassny qui deviendra PDG de la société si cette unique offre est acceptée par les juges consulaires. (Crédits : arkema)
Face aux difficiles négociations avec les fournisseurs, les deux candidats repreneurs du groupe chloro-chimique ont décidé de fusionner leurs offres. Le tribunal de commerce de Lyon, qui a accepté cette fusion, tiendra une nouvelle audience vendredi 20 décembre, après la nouvelle consultation du CCE ce jeudi.

"Je n'ai jamais vu ça en 30 ans de carrière !" Le dossier Kem One a de fait connu mercredi un de ces coups de théâtre qui restent longtemps dans les mémoires. Mercredi après-midi donc, au cours de l'audience du tribunal de commerce de Lyon, les deux candidats repreneurs, l'industriel franco-autrichien Alain de Krassny et le fonds d'origine américaine Open Gate Capital, ont annoncé la fusion de leurs offres pour la reprise de Kem One SAS, le fabricant de chlore et PVC, placé en redressement judiciaire le 27 mars dernier. Explication de cette décision, selon Alain Ribeyre, avocat de Kem One : c'est le moyen trouvé par les deux candidats à la reprise pour arriver à convaincre les fournisseurs, en particulier EDF, de leur accorder des garanties et des conditions tarifaires préférentielles et de finaliser les accords commerciaux.

Ultime audience du tribunal vendredi 20 décembre

Après une courte interruption de séance, le tribunal a accepté le principe de cette fusion à 50/50 entre les deux candidats repreneurs, dont le chef de file est Alain de Krassny. Celui-ci deviendra PDG de la société si cette unique offre est en définitive adoptée par les juges consulaires qui ont convoqué pour vendredi 20 décembre, à 9 heures du matin, une ultime audience. Jeudi doit en effet avoir lieu une nouvelle consultation du Comité central d'entreprise. La nouvelle offre adopte les conditions financières contenues dans l'offre d'Alain de Krassny, qui prévoyait notamment un apport en capital de 5 millions d'euros. Open Gate apporterait de son côté 5 autres millions en fonds propres.

Conditions inacceptables

Mercredi matin, la journée n'avait pas très bien commencé puisque, à quelques heures de ce qui devait être la dernière audience du tribunal, à 14 heures, les négociations butaient toujours avec EDF. Le fournisseur d'électricité exige d'être payé comptant et obtenir des garanties de paiement. « De telles conditions sont inacceptables pour Kem One et indéfendables pour EDF. J'espère qu'ils vont finir par lâcher. On n'a pas le droit de jouer comme cela avec l'avenir d'une entreprise de 1 300 salariés », tonnait Stéphane Vital-Durand, l'avocat d'Alain de Krassny, dans une déclaration à La Tribune.

Un délai de 6 jours

Leur offre respective, pour acquérir cette ancienne activité d'Arkema cédée en juillet 2012 à l'homme d'affaires anglo-américain Gary Klesch, avait été considérée comme recevable, le 12 décembre dernier. Toutefois, ni l'un ni l'autre n'avait pu finaliser la renégociation des contrats d'approvisionnement avec les grands fournisseurs que sont Total et Lyondellbasel, pour l'éthylène et EDF pour l'énergie. Et un délai supplémentaire de six jours avait été accordé aux parties pour écrire noir sur blanc ces accords commerciaux dont la durée varie de 3 à 5 ans.

Feu vert des ministères concernés

Quoi qu'il en soit, les deux projets de reprise, bâtis avec l'aide de l'équipe de direction actuelle de Kem One, se ressemblaient. Les pouvoirs publics, qui se sont fortement mobilisés, au plus haut niveau, leur concèdent 125 millions d'euros d'avances remboursables et aides diverses pour les mener à bien. Les lettres de confirmation de Bercy et du ministère du Redressement productif sont arrivées ce mercredi matin.

Crédit sophistiqué

Pour le volet financement privé, OpenGate s'engageait à injecter 20 millions d'euros de fonds propres complétés par un crédit sophistiqué (titrisation adossé à un prêt long terme) de GE Money Bank. Quant à Alain de Krassny, il misait donc 5 millions d'euros en capital et faisait état de 45 millions de prêts bancaires classiques et de 25 millions d'aides et autres garanties.

PSE limité à 51 personnes

Au plan social, les deux candidats conservent 1 200 salariés et après inventaire des postes vacants, le plan de sauvegarde de l'emploi se limite à 51 personnes à qui Arkema proposera des postes, dans leur bassin d'emploi, dans la mesure du possible.

Auditer l'activité aval

Les représentants du personnel étaient partagés sur les offres. Si la CGT, FO et la CGE le CCE devaient donner la préférence à Alain de Krassny, la CFDT devait s'abstenir en laissant à la juridiction consulaire le choix de désigner le propriétaire final.

Une fois entrés dans les lieux, les nouveaux propriétaires - si leur offre est acceptée -  auront à auditer l'activité aval : Kem One Innovativ Vinyl SAS non concernée par la procédure judiciaire. Sous la pression intense de Jean-François Carenco, préfet de Rhône-Alpes, en particulier, Gary Klesch a formellement accepté de remettre cette branche, forte de 1 300 collaborateurs, pour un euro symbolique.

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Commentaires
a écrit le 19/12/2013 à 8:10 :
Hum...ca pue? un coup comme Butler et SNCM un petit tour +value 60 M€ et je m en vais...
a écrit le 18/12/2013 à 17:24 :
10 millions d euro pour reprendre une telle société, cela n engage pas beaucoup les repreneurs !
a écrit le 18/12/2013 à 12:09 :
Si EDF est trop exigeant, pourquoi ne pas se fournir chez un autre fournisseur puisque le marché de l'électricité est ouvert ?
Une entreprise privée ne devrait avoir aucune difficulté à fournir de bien meilleures conditions qu'un mastodonte comme EDF avec des employés surpayés. D'autant que edf est obligé par la loi à fournir ses concurrents en dessous du prix du marché.
Réponse de le 18/12/2013 à 14:12 :
Le problème n'est pas d'avoir un fournisseur, mais de régler les impayés visiblement quand on lit l'article.
Réponse de le 18/12/2013 à 16:19 :
EDF ne vend pas d'électricité en-dessous du prix de marché à ses concurrents. Si vous faites référence à l'ARENH, son prix, bien supérieur au coût de production d'EDF, est similaire, voire légèrement supérieur au prix du marché aujourd'hui.
Réponse de le 19/01/2014 à 17:08 :
Les employés d'EDF sont surpayés ?
Renseignez vous avant de lancer de tel affirmations.

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