Devenir entrepreneur en 24 heures chrono, c'est possible !

Une soixantaine de doctorants se sont affrontés lors des « 24 heures chrono de l'entrepreneuriat ». L'objectif de ce concours : susciter des vocations chez ces chercheurs, véritable vivier de créateurs d'entreprises innovantes à fort potentiel de développement. Ils avaient une journée et une nuit non-stop pour élaborer un projet de création de A à Z et le présenter devant un jury de professionnels...
De gauche à droite, les membres de l'équipe 5, finaliste : Rebecca Bonnaire, Chloé Tessereau, Thibaut Goulvent, Julie Gaston, Alexandra Lopes Costa et Abdelghani Jebahi.
De gauche à droite, les membres de l'équipe 5, finaliste : Rebecca Bonnaire, Chloé Tessereau, Thibaut Goulvent, Julie Gaston, Alexandra Lopes Costa et Abdelghani Jebahi. (Crédits : DR)

Il est 13 heures, vendredi 13 septembre, dans les locaux de Novancia, l'école de la CCI Paris Île-de-France dédiée au business développement, à deux pas de la gare Montparnasse. Soixante doctorants, hommes et femmes quasiment à égalité, vont enfin connaître la composition des dix équipes qui s'affronteront pendant 24 heures pour concevoir un produit innovant et le transformer en projet d'entreprise crédible avec business plan, stratégie commerciale et prévisions financières à l'appui...

Ces 60 doctorants ne sont pas n'importe lesquels : ils font partie de ces 1"300 chercheurs universitaires qui signent une « Cifre », une convention industrielle de formation par la recherche, qui leur permet de mener une thèse à cheval entre un laboratoire académique et une entreprise, de la SNCF à BioMérieux en passant par de nombreuses PME. Plus au fait des besoins de l'entreprise que des doctorants classiques, ces jeunes chercheurs sont cependant totalement novices en matière d'entrepreneuriat.

Une idée à trouver au bout de la nuit blanche

Vendredi 13 septembre donc, quelques minutes après le top départ, l'équipe 5 se découvre. Ils sont quatre femmes et deux hommes unis par leur spécialisation dans la recherche sur le cancer, à l'exception de Rebecca qui est biomécanicienne. Après un rapide tour de table pour se présenter, ils rejoignent les autres participants en amphithéâtre et assistent au premier de six ateliers, sur le brainstorming pour commencer.

Suivront un atelier financier à 1 heure du matin ( !) ou encore un atelier juridique vers 5 heures... Pleins d'énergie, ils se retrouvent devant le tableau blanc. Leur objectif est titanesque, mais clair : à 13 heures samedi 14 septembre, ils doivent rendre un business plan et une présentation, avant de soutenir leur projet devant un jury.

Un coach pour chaque équipe

Les premières idées fusent dans une ambiance décontractée ponctuée de rires : santé, jardin, écologie, papy-boom, etc. Ils évoquent un jeu en ligne pour utiliser l'intelligence des foules dans la recherche sur le cancer, des lunettes qui s'adapteraient à la fatigue, un oreiller qui adoucirait le réveil.

« Les débuts ont été difficiles, nous avons eu du mal à trouver une idée fédératrice qui soit commercialisable », avoue Chloé en début de soirée. Finalement l'équipe se met d'accord sur un sac à dos 3-en-1 pour porter ses skis et ses chaussures en gardant les mains libres. L'expertise de Rebecca, spécialiste des problèmes lombaires et des textiles idoines, va se révéler cruciale. En plus des ateliers qui ponctuent les 24 heures, les concurrents ont le soutien d'un coach et même de deux si l'on compte celui qui arrive frais et dispo vers 7 heures pour insuffler une nouvelle énergie.

Et leur spécialité universitaire dans cet exercice ? Mise de côté en l'occurrence. Le but du concours n'est pas là. « Ils ont pris conscience de ce qu'étaient un compte de résultat et un plan de trésorerie. Cela leur servira plus tard, pas uniquement pour la création d'entreprise. Ils apprennent aussi le travail en équipe », explique Jérémie Renouf, coach de la seconde vague, qui vient du Cnam entrepreneur(s).

« La finance à 3 heures du matin... c'est pas facile !»

Samedi 14 septembre, 7 h 30. Personne n'a fermé l'oeil de la nuit.

« Nous sommes fatigués et énervés. Ça prend forme, mais tout est extrêmement compliqué et long », commente Chloé. « Nous nous sommes partagé le travail en binômes, mais ce n'est pas facile de découvrir la finance à 3 heures du matin ! » lâche Abdelghani.

Vers 13heures, alors que l'équipe répète sa présentation, l'orage éclate dans l'équipe. Une des doctorantes s'énerve : elle a l'impression qu'une coéquipière n'écoute pas les autres et cela l'exaspère.

Une pause déjeuner, une bonne explication et l'équipe finit de peaufiner son pitch qui lui vaudra d'atteindre la finale. Leur Ridepak s'inclinera finalement devant le projet Veg&All, « un kit qui permet en un coup de spatule de créer un spot végétal sur n'importe quel support », imaginé par une équipe d'agronomes presque entièrement féminine.

Madjid Yahiaoui, spécialiste de l'accompagnement des entreprises à la CCI et organisateur de l'événement, reconnaît volontiers que les conditions sont difficiles : « Ils ne se connaissent pas et démarrent à partir d'une feuille blanche. » Dans son discours d'accueil aux participants, Clarisse Angelier, chef du service Cifre à l'Association nationale de la recherche et de la technologie (ANRT), qui gère le dispositif, affirmait sa volonté de démontrer que le business n'est pas tabou chez les doctorants : « La recherche doit aider au développement de l'emploi, à la création d'activité. Les sponsors et le jury représentent de grandes et petites entreprises qui ont besoin de futurs intra-entrepreneurs dans le souci permanent de se développer. »

« On voit mieux ce qui est nécessaire pour créer une entreprise et que, sans idée, il n'y a rien », analyse Julie, qui a planché sur le Ridepak. Thibaud Dumas, bientôt docteur en neurosciences et lauréat du concours en 2012, est sur le point de créer une entreprise avec deux associés. Invité à participer au jury 2013, il affirme que « les 24 heures [l']ont fait passer à l'acte ». « Ça m'a montré, explique-t-il, qu'on n'était pas que des rats de laboratoire et que c'était possible. »

Selon une étude d'Erwan Lamy, enseignant-chercheur de Novancia, 51,5 % des doctorants Cifre indiquent avoir un projet de création d'entreprise, dont 31,3 % « l'intention ferme ». Ces 24 heures tiennent à la fois du test d'aptitude et du cours intensif.

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>>> FOCUS Stimuler le goût d'entreprendre des étudiants

Organisées par CréaJ-IDF, les 24 heures chrono de l'entrepreneuriat existent depuis 2009 pour stimuler le goût d'entreprendre chez les étudiants. En 2011, une édition spéciale doctorants Cifre voit le jour dans le but de cibler ce vivier de créateurs d'entreprises innovantes. L'événement dont le coût s'élève à 70 000 euros est soutenu par la Caisse des dépôts et une liste prestigieuse d'institutions et de grandes sociétés.

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Commentaires 7
à écrit le 30/09/2013 à 10:40
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félicitations cher ami et bonne continuation. dès que nous étions ensemble t'a un esprit créatif et innovant. mais n'oublie pas que la Tunisie t'attend.

à écrit le 27/09/2013 à 6:56
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Devenir entrepreneur ou vache à lait ? Pour la 2ème réponse, je ne vois vraiment pas l'intérêt .

à écrit le 26/09/2013 à 22:17
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Jouer à l'entrepreneur pendant 24 heures !... Ces types de scénarios sont obligatoires dans toutes les bonnes écoles de commerce... hors de France bien sûr. La France souffre d'un manque évident d'entrepreneurs... peuple générant souvent des petits g...

à écrit le 26/09/2013 à 21:14
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On ne crée pas une entreprise en 24:00 car cela demande de la maturité. Un doctorant est a égalité avec le glandu moyen. Le glandu a même plus de chance car il a en plus l'esprit pratique. Bref article sans intérêt.

à écrit le 26/09/2013 à 19:02
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Il est dommage que tous les français,une fois de leur vie,n'aient pas envie de devenir entrepreneur pour découvrir les joies et les malheurs de ce job.La France aurait un autre visage et surtout une autre doxa que maintenant.Si nos gouvernants avaien...

à écrit le 26/09/2013 à 17:15
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Je note avec plaisir que NOVANCIA est à l'honneur , cette école se trouve 3 rue armand moisant et s'est appelée Advancia ......et il y a bien longtemps l'ECCIP dont je suis sorti dernier de ma promo .... en 1972 !!!

à écrit le 26/09/2013 à 16:26
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En 24 heures vous deviendrez un nouveau pigeon pour Flamby 1er il saura vous trouver pour vous taxer ou vous choisissez cette solution pour travailler au noir.

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