Ces villes françaises qui font le pari des logiciels libres à la place de Microsoft
Anne Taffin et Marie Lyan avec Bogdan Bodnar
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Plusieurs communes et collectivités auralpines ont amorcé l'abandon de la suite Office de Microsoft pour se tourner vers les logiciels libres. Ce, pour des raisons de souveraineté mais aussi de gains financiers.
Gonzalo Fuentes
Ces villes françaises qui font le pari des logiciels libres à la place de Microsoft
En Auvergne-Rhône-Alpes, plusieurs collectivités tournent le dos aux logiciels du géant américain et optent pour les solutions open source. Une décision motivée à la fois par des enjeux de souveraineté numérique et la volonté de maîtriser les coûts.
Chamonix, Grenoble, Ville-La-Grand... et désormais Lyon. Depuis le 23 juin, la capitale des Gaules a annoncé qu'elle remplacerait progressivement la suite Microsoft Office par des logiciels libres au sein de la municipalité. Un mouvement déjà initié par des communes de la région comme Chamonix (Haute-Savoie) ou Echirolles (Isère).
Tous pointent dans cette distanciation avec le GAFAM « un enjeu de souveraineté numérique et de protection des données, dans un contexte de menaces numériques croissantes », résume Aymeric Sauvage, directeur du numérique pour l'Intercommunalité de la Vallée de Chamonix Mont-Blanc.
Une démarche accélérée par le passage imminent au cloud pour Bertrand Maes, adjoint au maire de Lyon chargé du numérique :
« Il y a deux façons de présenter les choses : soit on quitte Microsoft, soit on ne va pas vers Microsoft 365 [service d'abonnements aux applications de Microsoft impliquant un stockage des données dans le cloud, ndlr] . Je voyais dans la bascule des anciens outils au cloud, une forte perte de souveraineté avec une soumission aux lois extraterritoriales américaines et au Cloud Act », détaille l'élu.
Adopté en 2018 lors du premier mandat de Donald Trump, ce texte américain fait office d'arsenal législatif au service de Washington, transformant chaque entreprise américaine en une sorte d'ambassade technologique. Concrètement, il autorise les autorités à accéder aux données stockées par n'importe quelle société américaine, même si ces informations sont hébergées à l'étranger.
Voté en 2022, le changement de logiciel ne sera pas immédiat à Lyon, mais s'étalera dans le temps en fonction des échéances des contrats, jusqu'à un affranchissement total d'ici à 2027. Avec, pour la moitié des marchés passés, le choix de prestataires externes régionaux et la totalité français.
De la Haute-Savoie à l'Isère en passant par le Rhône
En Isère aussi, l'idée essaime. À Grenoble, 1.150 autres agents travaillent sous Libre Office, conformément à la Stratégie numérique adoptée en 2024, dont « 80% des actions sont déjà engagées », souligne Pierre Mériaux, adjoint au personnel et à la stratégie numérique.
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