C'est l'histoire d'un sauvetage aux multiples rebondissements. En difficulté depuis plusieurs mois avec une dette de 20 millions d'euros environ, en redressement judiciaire depuis février dernier, le dernier armurier industriel français Verney-Carron semblait, il y a quelques jours encore, avoir trouvé une issue. Le Belge FN Browning a en effet déposé début mars une offre ferme de reprise avec une entrée majoritaire au capital de l'entreprise, aux côtés de son actionnaire actuel (Cybergun) qui devait conserver 33 % des parts.
Ce deal devait se faire dans le cadre d'un plan de continuation présenté au Tribunal de commerce de Saint-Étienne. Mais il comportait des conditions suspensives, au premier rang desquelles figurait la restructuration financière de l'entreprise. Le groupe belge a en effet conditionné son arrivée au fait que la dette de Verney-Carron soit apurée.
Le gérant de Cybergun, Hugo Brugière, a donc sollicité le 11 février un prêt à l'État pour déposer un plan de continuation pour Verney-Carron. Une restructuration financière qui devait passer par un prêt de 4,5 millions d'euros auprès du Fonds pour le Développement Économique et Social (FDES), permettant à l'État de prêter ponctuellement de l'argent à des entreprises en restructuration n'ayant pas accès au marché habituel du crédit.