Quelle sera la part de l'hydroélectricité dans le mix électrique de demain ? En attendant la future loi de programmation pluriannuelle de l'énergie, présentée au Parlement en 2024, l'Etat fixe déjà des objectifs d'augmentation de la puissance installée aux exploitants. Le long du Rhône, la CNR porte ainsi le projet « Rhônergia » : un nouveau et probablement dernier barrage hydroélectrique en France de 140 GWh, entre l'Ain et l'Isère, permettant d'alimenter 60.000 habitants en électricité. De même, l'exploitant planche sur l'augmentation des capacités productives des ouvrages existants. Une...C'est le dernier tronçon disponible pour la Compagnie nationale du Rhône, dans cet escalier en cascade que constitue le fleuve. La société, gestionnaire de 19 barrages hydroélectriques sur les 330 kilomètres de voies navigables qu'elle exploite, veut construire un nouvel ouvrage entre l'Ain et l'Isère, pour une production électrique annuelle de 140 gigawattheures, alimentant 60.000 foyers, hors chauffage. Ce serait, selon la compagnie, le « dernier » ouvrage du type sur le Rhône et « probablement en France », dépeint Laurence Borie-Bancel, présidente du directoire de la CNR.
Ce qui fait de ce projet, dont le barrage usine serait situé entre les communes de Loyettes (Ain) et de Saint-Romain-de-Jalionas (Isère), également à une poignée de kilomètres de la centrale nucléaire du Bugey, « le seul en France de cette nature », ajoute François Chaumont, délégué RTE en Auvergne-Rhône-Alpes.
Cet ouvrage, inscrit dans son schéma d'exploitation renouvelé en 2022 avec l'Etat, et qui court jusqu'en 2041, est aujourd'hui soumis à une concertation préalable avec le territoire, sous l'œil avisé de la Commission nationale du débat public (CNDP). Ce temps fort de trois mois, qui s'ouvre ce vendredi 1er décembre, vise à informer et faire participer la population autour de l'opportunité (et donc des alternatives) de ce projet aménagé sur 26 kilomètres, dont 22 km rien que pour la retenue d'eau, de 20 millions de m3.
Si l'emprise s'étendrait sur 300 ha, principalement des terres agricoles - une centaine d'exploitations - entre 12 et 18 ha de surfaces seraient également artificialisées pour les ouvrages. La chute d'eau, d'une hauteur de 6,8 mètres, alimenterait une turbine pour une puissance installée de 40 mégawatts. Coût de l'ensemble pour l'exploitant, raccordement compris : 330 millions d'euros.