La troisième paire d'EPR2 française constituerait-elle à nouveau un « chantier du siècle » pour le département de l'Ain ? Retenu par l'Etat en juillet dernier pour l'implantation d'une partie de son nouveau programme atomique, le site de la centrale nucléaire du Bugey (et ses quatre réacteurs quarantenaires existants) se prépare aujourd'hui à affronter la vague réglementaire et économique associée à ce grand projet, pas encore débattu au niveau parlementaire.
Car tout, sur le papier, serait multiplié : emplois, logements, infrastructures de transports, écoles... Le territoire, situé à proximité de Lyon et de la Suisse mais aussi des activités économiques de la Plaine de l'Ain (le « PIPA », 8.200 emplois dans 180 entreprises : des industries, des centres logistiques), commence à entrapercevoir ces chantiers colossaux. Et à s'organiser en conséquences.
Ainsi, la Préfecture de Région entend bien coordonner tous ces acteurs autour d'un « comité régional stratégique EPR2 », lancé ce lundi 8 avril, après deux premières réunions de cadrage à l'automne. Cette gouvernance vise à harmoniser l'action de l'Etat, d'EDF et des collectivités territoriales, notamment en réunissant des comités départementaux dans l'Ain, dans le Rhône et en Isère, à partir du mois de mai 2024.
Comités qui « associeront les élus jusqu'au niveau communal, ainsi que les acteurs économiques locaux », précise la Préfecture de Région, sans évoquer le tissu associatif, qui a priori n'y sera pas invité.