Les prêts aux collectivités territoriales de la Banque des territoires Auvergne-Rhône-Alpes ont bondi en 2024. Le résultat de la dégradation de leurs capacités d'autofinancement, tandis que le gouvernement anticipe un nouveau serrage de vis pour 2026.Les résultats annuels de la Banque des territoires, bras armé financier du groupe Caisse des dépôts, sont un bon indicateur de l'année écoulée. En Auvergne-Rhône-Alpes, les prêts de la deuxième région économique de France ont suivi ceux du national, avec une tendance : les prêts aux collectivités territoriales (372 millions d'euros prêtés cette année, +115%), comme ceux aux bailleurs sociaux (2,4 milliards d'euros, +66%), ont bondi en 2024. Avec, pour ces derniers, plus de 13.700 logements construits en pleine crise du BTP dans la région de 8 millions d'habitants.
Les collectivités territoriales, elles, « continuent d'investir et ont même intensifié, confirme Philippe Jusserand, directeur général de la Banque des territoires Auvergne-Rhône-Alpes, filiale de la Caisse des dépôts (dont les entités représentent environ 30% de parts de marché). Nous sommes à un moment où elles intensifient leurs projets, que ce soit sur les sujets de l'eau, de la rénovation énergétique, de la construction de bâtiments publics et sur la revitalisation des centres-villes ».
La banque a accompagné 201 projets « de toute taille » l'année dernière, auprès de 137 collectivités auralpines. Pour expliquer cette progression, le directeur régional avance plusieurs arguments : « Notre offre est attractive, car elle est indexée sur le taux du livret A, dont les taux ont baissé. De même, nous avons un rôle contracyclique. Et nous avons pour caractéristique de proposer des emprunts sur des durées longues (jusqu'à 50 à 60 ans pour certains projets ndlr), en phase avec les durées d'amortissement des projets ».
Les dépenses d'investissement progressent
Surtout, la tendance s'explique aussi par le contexte budgétaire contraint : nombreuses sont les collectivités locales - communes, EPCI (établissements publics de coopération intercommunale), métropoles, départements, régions - à avoir vu leurs capacités d'autofinancement se dégrader en raison de la baisse des dotations de l'État dans leur budget et à la hausse de leurs dépenses de fonctionnement, couplées à la mise en œuvre de lourds investissements en fin de mandat.