Avec son « smart corridor », HAROPA mise sur les ports innovants et connectés

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(Crédits : EH_Port_2000_TNMS_12)
Un panorama d’innovations, dressé lors d’une table ronde au Forum Smart City du Grand Paris 2018, a illustré la transformation numérique et écologique des ports du Havre, Rouen et Paris qui se positionnent comme catalyseurs du développement de l’axe Seine.

« Les ports et la logistique sont des écosystèmes en pleine transformation face à la digitalisation », a lancé Yann Alix, délégué général de la Fondation Sefacil, en ouvrant une table ronde dédiée au « Smart corridor au service du développement de la Vallée de la Seine », qui s'est déroulée le 27 novembre au Forum Smart City Grand Paris à l'Hôtel de Ville de la capitale. De fait, l'alliance HAROPA, qui réunit les principaux ports de l'axe Seine, a bel et bien engagé sa révolution numérique. Il ambitionne de devenir un corridor portuaire intelligent, faisant du Havre, de Rouen et de Paris des ports connectés, innovants et collectifs. L'objectif de ce « smart corridor » ? Fluidifier le passage de la marchandise grâce à des technologies de pointe, proposer des solutions écologiques et durables, devenir un incubateur d'innovation, mais aussi se positionner comme un « hub territorial » qui développe des liens avec la ville et ses habitants.

De l'intelligence logistique à l'hébergement flottant

Autant de défis incarnés par plusieurs entreprises venues témoigner de leurs innovations au sein des écosystèmes des ports de l'axe Seine. Ainsi, le groupe coopératif Senalia, spécialisé dans la logistique des céréales - il charge entre 3 et 5 millions de tonnes de céréales par an à Rouen - est à l'affût permanent de solutions innovantes en matière d'économies d'énergies. Pour Antoine Harmel, son directeur général adjoint, ce sont notamment « la démarche et l'intelligence collective qui permettent plus d'économies d'énergie et plus d'efficacité », à l'instar de l'échange de données issues des analyses de blé. Le groupe, qui a décidé de transférer d'ici à 2021 son siège social de Troyes à Rouen, prévoit d'y installer un incubateur de jeunes entreprises orientées vers la logistique.

Dans un tout autre domaine - celui du tourisme fluvial et portuaire - l'entreprise Citysurfing, fondée en 2014 par Christophe Gallineau, est à l'origine du premier hôtel flottant parisien : baptisé « OFF Paris Seine » et amarré sur le quai d'Austerlitz, il accueille depuis juin 2016 des touristes dans une cinquantaine de chambres. Autre réalisation novatrice de la jeune société : « Ducasse sur Seine », un bateau-restaurant 100 % électrique qui invite à déguster à son bord la haute cuisine française. De quoi réinventer et redynamiser les liens entre les ports et les villes...

Le géant du logiciel Cisco est quant à lui venu témoigner de son intérêt pour la démarche « smart corridor » des ports de l'axe Seine. Le groupe accompagne en effet nombre de ports, dont celui de Hambourg ou de Rotterdam, en leur fournissant « une infrastructure réseau qui permet de connecter tout ce qu'ils souhaitent connecter. Nous posons la première brique, la base de la stratégie smart des ports », sur laquelle peut se construire ensuite tout un écosystème, a noté Bruno Bernard, directeur des affaires publiques de Cisco.

Les start-up au service de l'innovation portuaire

Réunies autour d'une session de « pitchs », plusieurs start-up ont présenté leurs produits et solutions innovantes au service des ports de l'axe Seine. Proxipi, une jeune pousse rouennaise née en 2013, a inventé un système qui vise à prévenir les collisions entre engins et piétons, fondé sur la détection par champ magnétique codé. Elle a obtenu le soutien de HAROPA pour transposer son système, conçu pour des petits engins, dans le secteur portuaire où les machines de manutention sont plus imposantes. Lauréate de la 3ème édition du hackathon Smart Port City organisé par Haropa les 16 et 17 novembre à Gennevilliers, la jeune entreprise CrossRoads a de son côté été primée pour son chatbot qui cherche à simplifier la mise en relation entre entreprises qui recrutent sur le port et les demandeurs d'emploi. Pour sa part, l'entreprise Sinay, basée en Normandie, forte de 50 collaborateurs, surfe sur le Big Data maritime : elle propose une base de données maritime mondiale, l'analyse d'impacts et de risques, tout comme une interface pour évaluer les indicateurs de performance industriels.

Autant de projets ou d'actions déjà menées qui font de la démarche « smart corridor » des ports HAROPA, appelés à prochainement fusionner pour peser dans la compétition mondiale, d'ores et déjà une réalité.

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