Léa Lassarat, avec deux ailes
Nathalie Jourdan
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Léa Lassarat : « Pour moi, il n'y a pas de leadership au féminin. Il y a du leadership tout court? »
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Léa Lassarat : « Pour moi, il n'y a pas de leadership au féminin. Il y a du leadership tout court? »
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Le plafond de verre qui bloque carrière et ambition ? De son propre aveu, Léa Lassarat n'a pas eu à le briser. Fille des fondateurs du créateur de meubles Interior's, elle semble n'avoir jamais douté de son destin de cheffe d'entreprise. « Pour moi, il n'y a pas de leadership au féminin. Il y a du leadership tout court », théorise-t-elle. Question de tempérament et d'éducation. Chez les Lassarat, le déterminisme sexuel n'a pas droit de cité. « Dans ma famille, cela ne souffrait pas de discussion : filles et garçons partaient avec les mêmes chances. Point. »
De ce précepte, elle fait bon usage. Après s'être tannée le cuir dans l'entreprise familiale en touchant à tout - de la com' à la compta jusqu'au fauteuil de directrice qu'elle occupe pendant une dizaine d'années -, elle s'en émancipe au début des années 2000 en créant avec son mari sa propre PME dans l'hôtellerie. Un vieux rêve. Les deux premiers restaurants, dont l'atmosphère s'inspire de l'esprit cosy d'Interior's, rencontrent vite leur public. Ils feront des petits. Sa société -florissante- comprend aujourd'hui une dizaine d'établissements en Normandie (Le Havre, Honfleur et Étretat) et en Isère (L'Alpe-d'Huez) et emploie près de 150 salariés.
La sous-représentation des femmes dans l'entreprenariat dont parle les statistiques, Léa Lassarat en prend véritablement la mesure lorsqu'elle est portée en 2016 à la présidence de la Chambre de commerce et d'industrie du Havre, rejoignant au passage le club très fermé des dirigeantes de CCI. « J'ai été surprise de ne côtoyer que des mâles blancs de plus de 50 ans du matin au soir », raconte-t-elle dans un sourire. Même si le propos est lâché sur le ton de la boutade, on sent que l'absence de femmes dans l'univers consulaire a ébranlé cette quinqua biberonnée à l'égalité depuis l'enfance.
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Faut-il s'en étonner ? À peine un an après avoir endossé la casquette de présidente, elle fonde le réseau Femmes&Challenges sous l'égide de la CCI. Sa vocation : « inciter les femmes à oser l'entreprenariat et à oser tout court ». Le message passe et la greffe prend de façon presque inespérée. La fondatrice coalise autour d'elle des dizaines de dirigeantes/ambassadrices qui écument la Normandie pour en convaincre d'autres de rejoindre le mouvement. « Dès le début, les rencontres ont fait le plein avec rarement moins de 80 personnes, preuve que le réseau répondait à un besoin », se souvient une « historique » du réseau.
Nathalie Jourdan