Trang Pham, du syndrome de l'imposteur à la motrice des transformations
Maxime Giraudeau
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Trang Pham est directrice du développement régional chez Thales et présidente de Digital Aquitaine.
Agence APPA
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Trang Pham est directrice du développement régional chez Thales et présidente de Digital Aquitaine.
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Un hall d'accueil pour une rencontre. Pour entrer sur le site de Thales à Mérignac, à l'ouest de Bordeaux, il faut céder temporairement sa carte d'identité. Si la confiance n'est pas de mise à l'accueil, c'est pourtant cette valeur que Trang Pham cite en premier en engageant la discussion. La directrice du développement régional de l'entreprise d'aérospatial et défense se révèle beaucoup plus accessible que ce laboratoire sous haute sécurité.
A travers un discours partagé entre l'assurance et les questionnements intérieurs, la cadre, chargée de représenter Thales auprès des partenaires et institutions, commente son ascension. "J'ai une amie qui me pose la question : "Qu'est-ce qui te fait avancer ? Comment t'en es arrivée là ?" Je lui dis que c'est parce que des gens m'ont fait confiance et m'ont aidée à avoir confiance en moi", tranche-t-elle. Aisé de remercier les autres, beaucoup moins de reconnaître sa propre légitimité.
Trang Pham, originaire de la région de Montpellier, a suivi ses études d'ingénieur du côté de Grenoble à la fin des années 1980. Là où elle se retrouvait avec "10 à 15 filles sur une promo de 150 ". "Pourtant, je n'ai jamais eu l'impression de forcer des portes ou d'être à un endroit où je ne devais pas" affirme-t-elle. Même si elle pense alors, et encore aujourd'hui, que le Rafale de Dassault est le plus bel avion du monde, elle fait ses débuts chez Sextant Avionique - devenu Thales en 2000. Et imagine : "Je ferai deux, trois, cinq ans et j'irai voir ailleurs." La directrice a finalement préféré la fidélité aux envies d'itinérance de l'étudiante.
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Mais tout n'était pas acquis. Être une femme, au mitan des années 1990 et encore aujourd'hui, est crispant dans un monde de l'aéronautique dominé par la hiérarchie masculine. "Le syndrome de l'imposteur, je l'ai régulièrement ressenti. Quand j'arrivais dans les réunions, je regardais, j'observais et j'écoutais. Et puis je me suis rendue compte qu'en entreprise ce n'est pas comme ça que ça marche", auto-analyse Trang Pham. Débute alors un travail pour mener sa "communication interne" et affirmer ce qu'elle fait, qui elle est. Mission salutaire, mais que seul un déclic a pu accomplir.
Maxime Giraudeau