WOMEN FOR FUTURE- L’enseigne Zecarrossery, lancée sous licence en 2016 par les deux filles d’un garagiste caennais, approche désormais des 100 adhérents. Son modèle, qui émancipe les carrossiers automobiles de l'agrément des assurances, permet de retrouver une profitabilité suffisamment solide pour offrir à leurs clients de rembourser leurs franchises. Cofondatrice et cogérante avec sa soeur Lucie, Laura Marie, a été lauréate de l'équipe de France des femmes leaders à l'occasion du Women for Future qui s'est déroulé jeudi 2 juin au Parc des Princes. Etat des lieux d'une affaire qui roule.L'histoire débute dans la carrosserie familiale en banlieue de Caen. En 2013, Monsieur Marie père appelle à la rescousse ses deux filles - Laura, la cadette, agente immobilière, et Lucie, l'aînée, infirmière. L'affaire bat de l'aile. Elle risque de perdre l'agrément d'un assureur qui externalise sa gestion de sinistres, ce qui menace 40% de son chiffre d'affaires. Pour conserver le précieux sésame, le garage se voit imposer des conditions tarifaires plus sévères. De quoi lester un bilan déjà déficitaire. Pour les sœurs âgées d'à peine plus de vingt ans à l'époque, c'est une douche froide.
« Àce stade, nous n'avions que deux options, soit quémander des agréments auprès d'autres compagnies d'assurance, soit nous réinventerpour redonner de la valeur à notre travail», raconte Laura.
Une pierre dans le jardin des assureurs
De cette mésaventure, naît l'idée de se passer des agréments des assureurs que les deux jeunes femmes accusent d'avoir « tué le métier ». Elles pensent possible de regagner les marges que les compagnies ont raboté au fil du temps contre la promesse d'un gros volume d'affaires aux carrossiers agréés.
«Les tarifs qu'imposent les assureurs plafonnent autour de 40 euros de l'heure,alors qu'une juste rémunération tourne autour de 70 euros de l'heure», s'insurge l'aînée.
Le garage familial coupe donc les ponts pour redevenir indépendant.
Par chance, au même moment, la loi Hamon de 2014 confirme la règle non écrite qui veut que les assurés soient libres de recourir aux réparateurs de leur choix. Pour autant, nos entrepreneuses se trouvent face à un écueil de taille : comment, sans agrément, convaincre les automobilistes de leur confier leur véhicule accidenté ?