La mondialisation dans tous ses états
François Roche
Ce contenu est réservé aux abonnés La Tribune

Photo d'illustration
Istock
François Roche
Ce contenu est réservé aux abonnés La Tribune

Photo d'illustration
Istock
La crise de la Covid-19 a relancé les débats sur la mondialisation. La pandémie fait son lit dans un monde globalisé. Entre 1975 et 2018, le nombre de voyageurs transportés par avion est passé de 500_000 à 4,5_milliards, et il a doublé au cours de ces dix dernières années. Une voie royale pour les virus en tout genre. Mais la remise en cause de la mondialisation porte sur d'autres sujets que la transmission des maladies. Le développement du commerce mondial et la délocalisation de la production ont provoqué dans les pays développés un choc de compétitivité, mais aussi des guerres commerciales qui ont laissé beaucoup de salariés et d'entreprises au bord du chemin. Dans un livre_ (1) paru en juin dernier, deux économistes réputés, Matthew C. Klein et Michael Pettis, soutiennent même que les guerres commerciales éclatent parce que les élites de certains pays exploitent les travailleurs pour promouvoir les exportations et amassent ainsi de la richesse. En réalité, les inégalités de revenus n'augmentent pas seulement chez les nations exportatrices, mais aussi dans les pays importateurs dont les rémunérations sont revues à la baisse à cause des importations à bas prix. Ce sont ces déséquilibres qui nourrissent les revendications politiques en faveur de l'édification de barrières commerciales. Pour les auteurs, qui se sont concentrés sur les relations entre les trois grandes puissances commerciales mondiales - les États-Unis, la Chine et l'Allemagne -, les tensions internationales de ces dernières décennies sont davantage dues aux transferts massifs de richesses vers les riches et les entreprises qu'ils contrôlent. « Un peu partout, les gens ordinaires sont dépouillés de leur pouvoir d'achat et deviennent la proie facile de populistes et d'opportunistes.
À lire également
La guerre commerciale entre les États-Unis et la Chine est la démonstration la plus évidente de ce phénomène », écrivent-ils. La guerre commerciale ne serait donc qu'une extension de la lutte des classes. La mondialisation n'est pas seulement commerciale, et la crise de la Covid-19 en a révélé l'un des aspects les plus problématiques : l'imbrication des chaînes de valeur et des chaînes d'approvisionnement.
François Roche