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La mondialisation dans tous ses états

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Les fragilités du système de production et de distribution mondial révélées au printemps dernier par la pandémie mettent à mal une mondialisation déjà écornée par son impact délétère sur les inégalités et l’environnement. Revenir en arrière est-il possible ? [Article issu de « T » La Revue de La Tribune – N°2 Décembre 2020]

La crise de la Covid-19 a relancé les débats sur la mondialisation. La pandémie fait son lit dans un monde globalisé. Entre 1975 et 2018, le nombre de voyageurs transportés par avion est passé de 500_000 à 4,5_milliards, et il a doublé au cours de ces dix dernières années. Une voie royale pour les virus en tout genre. Mais la remise en cause de la mondialisation porte sur d'autres sujets que la transmission des maladies. Le développement du commerce mondial et la délocalisation de la production ont provoqué dans les pays développés un choc de compétitivité, mais aussi des guerres commerciales qui ont laissé beaucoup de salariés et d'entreprises au bord du chemin. Dans un livre_ (1) paru en juin dernier, deux économistes réputés, Matthew C. Klein et Michael Pettis, soutiennent même que les guerres commerciales éclatent parce que les élites de certains pays exploitent les travailleurs pour promouvoir les exportations et amassent ainsi de la richesse. En réalité, les inégalités de revenus n'augmentent pas seulement chez les nations exportatrices, mais aussi dans les pays importateurs dont les rémunérations sont revues à la baisse à cause des importations à bas prix. Ce sont ces déséquilibres qui nourrissent les revendications politiques en faveur de l'édification de barrières commerciales. Pour les auteurs, qui se sont concentrés sur les relations entre les trois grandes puissances commerciales mondiales - les États-Unis, la Chine et l'Allemagne -, les tensions internationales de ces dernières décennies sont davantage dues aux transferts massifs de richesses vers les riches et les entreprises qu'ils contrôlent. « Un peu partout, les gens ordinaires sont dépouillés de leur pouvoir d'achat et deviennent la proie facile de populistes et d'opportunistes.

La guerre commerciale entre les États-Unis et la Chine est la démonstration la plus évidente de ce phénomène », écrivent-ils. La guerre commerciale ne serait donc qu'une extension de la lutte des classes. La mondialisation n'est pas seulement commerciale, et la crise de la Covid-19 en a révélé l'un des aspects les plus problématiques : l'imbrication des chaînes de valeur et des chaînes d'approvisionnement.

La fabrication et la distribution d'un produit met en scène des centaines d'acteurs différents, répartis sur plusieurs continents. Lorsque l'un des maillons de la chaîne saute, comme ce fut le cas de la Chine au printemps_2020, c'est l'ensemble de la production qui est en péril. Il en est de même pour les fournisseurs, dont la concentration dans une seule zone géographique, en Chine par exemple, a provoqué des ruptures d'approvisionnements dans le monde entier, comme ce fut le cas pour les masques de protection par exemple.

Ces fragilités dans le système de production et de distribution mondial ouvrent donc la question du retour en arrière. Les débats se concentrent sur le fait de savoir si le temps n'est pas venu de dévier la mondialisation de sa trajectoire, d'en finir avec le libre échange et de relocaliser les activités qui ont été dispersées dans les pays à bas salaires afin que chaque État et notamment les pays développés retrouvent leur souveraineté industrielle et technologique. Difficile d'apporter des réponses définitives à ces questions, car la mondialisation est tout sauf un phénomène nouveau. On chercherait avec peine dans l'histoire, des exemples de sociétés qui se seraient condamnées elles-mêmes à l'autarcie.

Un phénomène ancien

Dès que des communautés humaines ont créé des activités industrielles, agricoles ou commerciales, elles ont tenté d'en assurer la diffusion hors de leur territoire. Les hommes et les marchandises ont traversé de vastes espaces dès les premiers temps des civilisations humaines. Près de quatre mille ans avant notre ère, les Assyriens ont créé des colonies marchandes dans ce qui est aujourd'hui la Turquie, à des centaines de kilomètres de leurs bases. Vers l'an 1000 avant notre ère, les premières caravanes de dromadaires traversaient l'Arabie saoudite. Mille ans plus tard, Socotra, une petite île au large des côtes du Yémen, était une place de commerce stratégique entre l'Inde et Rome. Au XIIe siècle, la République de Venise était à la tête de très nombreuses colonies commerciales autour de la mer Noire et aux confins de l'Asie centrale, jusqu'à ce que la famille Polo pousse encore plus loin leur esprit d'entreprise en se rendant en Chine. La période des grandes découvertes a ouvert à l'Espagne et au Portugal un champ d'expansion économique considérable et favorisé la « mondialisation » de deux produits agricoles alors inconnus en Europe, la tomate et la pomme de terre. Et cette extension du monde ne s'est d'ailleurs pas limitée aux échanges de biens. Elle s'est aussi accompagnée de catastrophes sanitaires, comme la peste noire partie de Chine en 1334, qui a atteint la mer Noire en 1340 et qui, en sept ans, a tué plus de 40_millions d'Européens, soit près de la moitié de la population du Continent. Cette première phase de mondialisation a aussi permis la consolidation politique de pays comme l'Espagne, les Pays-Bas, l'Angleterre, les pays hanséatiques d'Europe du Nord, qui, régnaient aussi bien sur terre que sur mer. Jusqu'à l'aube de l'expansion du capitalisme, au début du XIXe siècle, le commerce entre pays européens reposait sur un principe simple : importer des matières premières et des métaux précieux des colonies, exporter des produits finis afin d'amasser le plus d'argent métal possible, au nom du fameux mercantilisme. L'excédent de la balance commerciale était le nerf de la guerre de pays souvent en conflit les uns avec les autres et qui avaient besoin de ressources pour équiper leurs armées et leurs flottes de guerre. Cela signifiait que chaque pays tentait de protéger son marché intérieur des produits finis fabriqués par les voisins. Ce fut par exemple en France, la politique de Colbert qui, en 1664, imposa un tarif douanier uniforme dans le royaume avec de sérieuses augmentations de droits à l'importation de produits textiles ou d'habillement en provenance d'Angleterre ou des Pays-Bas. C'est ce même Colbert qui créa, en 1665, la Manufacture royale des glaces à miroirs, le futur Saint-Gobain, afin de battre en brèche la suprématie de la République de Venise sur le marché des miroirs en Europe, ce qui a permis de doter le château de Versailles d'une galerie des Glaces made in France et, surtout, conduit Colbert à interdire, en 1672, l'importation de produits vénitiens. Comme nous le savons, c'est à partir de la seconde moitié du XIXe siècle que le monde commence réellement à se globaliser. Les innovations technologiques y ont puissamment contribué, notamment avec le développement des chemins de fer et des bateaux à vapeur, entraînant une baisse spectaculaire du coût du fret : 40 % entre 1870 et 1913. La croissance annuelle moyenne des exportations mondiales est estimée à 3,4 % au cours de cette période, un rythme plus élevé que la croissance du PIB mondial (2,1 %). En Europe, la part des exportations dans le PIB a crû de 10 à 16 %. Deux nouvelles puissances sont apparues, les États-Unis et l'Allemagne. Au cours de cette période se concrétise également une première phase d'intégration des marchés financiers, favorisée par la stabilité monétaire autorisée par l'étalon-or. C'est aussi l'apogée de la puissance coloniale française, impulsée à partir de 1880 par Jules Ferry (président du Conseil des ministres en 1880-1881 et en 1883-1885). En 1914, la France est ainsi devenue le deuxième empire colonial du monde, après la Grande-Bretagne, rassemblant 55 millions d'habitants. Quant à l'Allemagne, elle connaît entre 1870 et 1914 une expansion économique spectaculaire. Au cours de la période qui court entre la proclamation du nouvel empire allemand, en janvier 1871, et le déclenchement de la Première Guerre mondiale, l'Allemagne devient la première puissance européenne. En 1914, elle représente 16 % de la production industrielle mondiale, contre 14 % pour la Grande-Bretagne et 6 % pour la France. Et pour contrebalancer l'influence de la France et de la Grande-Bretagne, l'empire allemand s'attache aussi à développer son modèle colonial et prend possession du Togo, du Cameroun, de la Namibie, du Rwanda, du Burundi et d'une partie de la Tanzanie. En parallèle, on assiste à une première phase de la mondialisation des marchés financiers. Les Bourses de valeurs, dont certaines ont été créées bien avant le XIXe siècle, deviennent les instruments majeurs de la circulation des capitaux.

L'expansion des entreprises

La Bourse de Berlin réalise ses premières émissions d'actions dès 1840. Entre 1870 et 1873, elle accueille 95 nouvelles banques, dont la Deutsche Bank, fondée en 1870. Celle de Francfort se spécialise dans les obligations d'État. Aux États-Unis, plusieurs marchés boursiers se livrent à une concurrence acharnée, en particulier Boston et New York. En 1894, deux journalistes, Charles Dow et Edward Jones, créent l'indice Dow Jones qui accueille à sa création 11 sociétés, dont neuf sont des compagnies de chemin de fer. General Electric, dopée par les inventions de Thomas Edison, y fait son entrée en 1896. La première cotation de l'indice s'établit à 40,94 points. Il tangente les 110 points en 1915 (28 600 points le 16 octobre 2020...). Cette mondialisation est concentrée sur l'Europe qui représente plus de 40 % du commerce mondial. Elle s'accompagne d'une expansion des entreprises hors de leur pays d'origine, par le biais de comptoirs commerciaux ou d'implantation industrielles. C'était aussi le temps des grands projets d'infrastructures financés par les pays riches, comme le canal de Suez ou le Transsibérien.

Nouvelles technologies (navigation à vapeur, télégraphe...), mondialisation des capitaux, émergence d'une nouvelle classe moyenne de consommateurs, croissance des investissements directs étrangers : les caractéristiques de cette première globalisation ressemblent étrangement à celles que nous observons aujourd'hui (2). S'y ajoutent toutefois d'amples mouvements de population. Un quart des Irlandais émigre entre 1841 et 1855. Un Norvégien sur dix quitte son pays au cours des années 1880 et, en 1914, un Argentin sur trois est né hors du pays, principalement en Espagne et en Italie. Quant aux Italiens, un sur cinquante émigre chaque année dans les premières années du XXe siècle. Cette vague migratoire concerne aussi d'autres régions du monde : entre la fin du XIXe et le début du XXe, 29 millions d'Indiens s'installent aux Fidji, au Kenya et en Afrique du Sud et 20 millions de Chinois émigrent en Birmanie, à Singapour, en Malaisie ou en Indochine.

Le choc de la Grande Guerre

C'est sur un monde en mouvement perpétuel, en pleine transformation, bouillonnant d'idées neuves, que s'abat la Première Guerre mondiale. Cette première mondialisation n'y survivra pas. Le 28 juillet 1914, alors que l'Autriche-Hongrie déclare la guerre à la Serbie, les Bourses de Madrid, Toronto et Montréal ferment leurs portes. Le 30 juillet, pendant que l'Allemagne et la Russie mobilisent, tous les marchés européens sont fermés. Le 31 juillet, le London Stock Exchange cesse ses activités. Quelques heures plus tard, c'est au tour du New York Stock Exchange. En trois jours, la circulation mondiale des capitaux est quasiment à terre. Il faudra quelques jours de plus pour que les échanges de marchandises soient également interrompus.

L'objectif des deux alliances qui allaient en découdre durant quatre ans, l'Allemagne, l'Autriche-Hongrie, l'Empire ottoman d'un côté, la France, la Grande-Bretagne, la Russie, les États-Unis et le Japon de l'autre, est évidemment de rompre les chaînes d'approvisionnement de l'autre camp en organisant des blocus, y compris aux dépens des pays « neutres » comme la Norvège ou les Pays-Bas. En 1919, le monde n'est plus du tout global. La Grande Guerre vient démanteler brutalement l'espace économique européen. L'empire allemand s'effondre. Le traité de Versailles l'ampute de 15 % de son territoire et de 10 % de sa population (Alsace-Lorraine, corridor de Dantzig, territoires frontaliers avec le Danemark, la Sarre administrée par la SDN, renoncement à l'empire colonial). L'Autriche-Hongrie est séparée entre l'Autriche, réduite à ses territoires germanophones, un État hongrois indépendant, la Tchécoslovaquie et la Yougoslavie. L'Empire ottoman est réduit à la Turquie et renonce à ses possessions arabes et maghrébines. La Russie est aux mains des Bolchéviques et tire un trait sur le capitalisme et la liberté des échanges, en laissant en déshérence 15 milliards de franc-or d'emprunts souscrits par les épargnants français.

Au-delà de la reconstruction des villes et industries détruites, une question se pose : comment recréer un espace économique européen et nord-américain, alors que des millions d'hommes sont morts, que le continent a changé de géographie et que la Révolution russe alimente le développement des idées communistes en Europe, en particulier en Allemagne ? Autrement dit, comment renouer avec l'âge d'or d'avant-guerre - dans un contexte où la montée des nationalismes en Europe, qui allait inévitablement conduire à des réflexes protectionnistes et donc nuire à l'industrie et au commerce. S'ajoutent à cela les premières manifestations de l'anticolonialisme, notamment en Chine et en Inde, qui constituent une menace supplémentaire pour l'économie mondiale.

Enfin, durant la guerre, les États ont repris la main sur des pans entiers de l'industrie, sous des formes différentes. Des entreprises ont été saisies, des actionnaires ont été expropriés, signifiant aux détenteurs de capitaux et aux grands industriels qu'une certaine forme de permissivité était désormais en danger. Sur le plan monétaire, il apparaît assez clairement qu'il sera très difficile de continuer à faire jouer un rôle central à l'étalon-or, car il impose aux États des ajustements économiques que les populations, désormais appelées à voter en plus grand nombre, éprouveraient de plus en plus de réticence à accepter. Dans l'entre-deux-guerres, la seule chose qui se globalise c'est la crise de 1929, qui va se répandre dans le monde, et particulièrement en Europe. La stabilité monétaire est aléatoire, ce qui entrave le développement du commerce international. Il faudra attendre la fin de la Seconde Guerre mondiale, pour que s'ouvre la phase 2 de la globalisation. Son acte fondateur est sûrement la réunion qui se déroule en juillet 1944 à Bretton Woods, dans le New Hampshire, où des économistes et financiers d'une quarantaine de pays, dont Keynes, se donnent pour objectif de recréer un cadre favorable aux échanges internationaux et aux investissements qui éviterait les fragilités apparues dans l'entre-deux-guerres.

« Les bénéfices d'une économie mondiale plus ouverte étaient reconnus par tous, sauf par l'Union soviétique. En même temps, il semblait évident que le fait de lier les taux de change à l'étalon-or avait aggravé les effets de la Grande Dépression, en empêchant les gouvernements d'injecter de l'argent dans leurs économies, pour lutter contre le chômage de masse et la détérioration des conditions de vie », écrit l'économiste et historien britannique Marc Levinson (3).

Une globalisation des marchés

La solution sera de fixer une parité fixe entre le dollar et l'or, faisant de la devise américaine le pivot du système monétaire mondial. L'idée des négociateurs de Bretton Woods était que le développement du commerce international pourrait prévenir une troisième guerre mondiale. Pour autant, il fallait tenir compte des obstacles que certains pays allaient dresser contre cette libéralisation des échanges. C'est la raison pour laquelle 23 pays décident, en 1947, de créer une organisation chargée de réduire les droits de douanes par consensus, le fameux GATT.

La suite est connue. Grâce à la généralisation du conteneur, à la fin des années 1960, le commerce mondial entre dans une phase d'expansion spectaculaire, que les crises pétrolières des années 1970 et le renoncement à Bretton Woods en 1971, ne contrarieront qu'à la marge. Dans les années 1980, un nouvel acteur apparaît, le Japon, qui fait du Sud-Est asiatique une seconde base industrielle, rapidement imité par les États-Unis. En 1980, les exportations des pays asiatiques (hors Japon), sont 11 fois plus élevées qu'en 1970.

À partir de 1978, la Chine entre dans la danse, à un rythme exponentiel (doublement du commerce international chinois entre 1978 et 1980), qui s'emballe encore davantage après son admission à l'OMC en décembre 2001. En 2005, les exportations représentent presque un tiers du PIB chinois, un succès largement obtenu au prix de très importantes subventions publiques aux entreprises industrielles, (estimées à 310_milliards de dollars entre 1995 et 2005). En 2004, Thomas Friedman publie La Terre est plate (Tempus Perrin) qui décrit un monde sans frontières commerciales ni politiques grâce à la globalisation de l'économie et au déploiement de l'Internet. Le constat était peut-être trop optimiste, car les frontières politiques ne sont pas si fongibles que cela, comme le prouve la lente construction européenne, un cas d'école de la globalisation qui peine à transcender les intérêts nationaux des pays membres.

Les vingt dernières années ont accouché d'un monde de plus en plus globalisé, dans lequel les chaînes de valeur s'entremêlent. En 2008, la part du commerce international dans le PIB mondial a connu un pic historique, à 51,4 % (44 % en 2019). Plusieurs éléments expliquent la décrue de la croissance du commerce international ces deux dernières années : l'offensive de Donald Trump contre les exportations chinoises et européennes aux États-Unis, l'essoufflement de la croissance économique mondiale, et naturellement, depuis le début de cette année, les effets de la crise de la Covid-19. En outre, il semble que la segmentation des chaînes de valeur observées ces dernières années, soit très partiellement remise en cause, en raison de la hausse du coût du travail en Chine, par exemple, mais aussi pour diminuer l'empreinte environnementale des chaînes logistiques ou pour restaurer la souveraineté de certains États sur des productions qu'ils estimeraient stratégiques. Est- ce suffisant pour en conclure que la mondialisation parviendrait à son terme ? Certainement pas. On ne supprime pas d'un trait un phénomène économique (les échanges mondiaux de biens et de services) qui participe pour presque 50 % à la création de richesse mondiale.

Vers une uniformisation de la culture ?

Au demeurant, la mondialisation change progressivement de nature. Elle est désormais moins une affaire d'échanges de biens ou d'investissements que de circulation des services et des idées. Avec 2,7 milliards d'utilisateurs, Facebook est le plus grand mondialisateur de la planète. En 2016, les abonnés de Netflix (89_millions) se répartissaient presque de façon égale entre les États-Unis et le reste du monde. Aujourd'hui, les abonnés étrangers l'emportent largement (106_millions contre 61_millions).

Depuis 2005, la chanteuse Rihanna a vendu plus de 280_millions d'albums dans le monde. En 2020, le disque le plus vendu sur la planète est l'œuvre d'un boys band coréen, BTS. Certains regrettent cette forme d'uniformisation culturelle, et de nombreux pays tentent même de la combattre, surtout si elle porte la marque des États-Unis, à l'exemple de la Chine. Une autre forme de mondialisation prend forme peu à peu : celle du combat pour la planète. Elle est moins le fait des institutions, des gouvernements ou des entreprises, que des citoyens eux-mêmes, qui, en différents endroits de la planète, se mobilisent pour la préservation des ressources et le respect de l'environnement, et qui mutualisent leurs expériences grâce aux réseaux sociaux. C'est le signe que le désir manifesté par nos ancêtres de repousser les limites de leur territoire en allant vendre leurs produits quelques centaines de kilomètres plus loin est toujours présent à notre époque, et que ce désir d'échanges restera au cœur des processus de mondialisation, même s'ils changent d'objet ou de nature.

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1. Trade Wars Are Class Wars, Matthew C. Klein et Michael Pettis, Yale University Press, juin 2020.

2. « Quels enseignements tirer de la première mondialisation (1870-1914) ? », Violaine Faubert, Économie et Prévision n°200-201,

2012/2-3.

3. Outside the Box: How Globalization hanged from Moving Stuff to Spreading Ideas, Marc Levinson, Princeton, septembre 2020.

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Cet article est extrait de "T" La Revue de La Tribune - N°2 - Fabriquer (tout) français ? Le nouveau rêve de l'Hexagone - Décembre 2020 - Découvrez la version papier

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a écrit le 09/04/2021 à 14:17 :
Un phénomène ancien certes et même la destruction de la nature vu que j'ai lu sur le diplo qu'à une époque on importait carrément des tonnes de terre fertiles d'un pays à l'autre ou bien on massacrait les forêts pour les constructions de toutes sortes seulement voilà, au 15 ème siècle pour couper dépecer et trancher un arbrer il fallait plusieurs dizaines de minutes voir heures à plusieurs personnes, maintenant, je ne sais pas si vous avez vu les machines qui le font, c'est à la fois beau et terrifiant, mais c'est en quelques secondes avec une seule personne.

Notre puissance de destruction a été plus que centuplée et nous sommes plus de dix fois plus nombreux qu'à cette époque, il n'est donc pas difficile de comprendre que les pratiques liées à la seule cupidité de l'époque avaient beaucoup moins de conséquences directes sur notre environnement et donc la santé humaine qu'actuellement générant le fait que nous menaçons dorénavant directement la vie terrestre et comme on l'a vu il y a peu il va encore falloir attendre longtemps avant de pouvoir s'installer sur Mars. Mauvais timing là.

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