Anonymous : une petite société dépose la marque et s'attire les foudres des internautes

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Une petite société a déposé en France la marque Anonymous, du nom du collectif de pirates informatiques. AFP
Une petite société a déposé en France la marque Anonymous, du nom du collectif de pirates informatiques. AFP (Crédits : AFP)
La société Early Flicker a déposé, le 16 février, auprès de l'Institut national de la propriété industrielle (Inpi) le nom, le logo et le slogan du collectif Anonymous.

Une petite société a déposé en France la marque Anonymous, du nom du collectif de pirates informatiques, ce qui lui a valu de s'attirer cette semaine les foudres et les menaces d'internautes, bien que son gérant affirme n'avoir jamais voulu s'enrichir par ce biais. La société Early Flicker a déposé, le 16 février, auprès de l'Institut national de la propriété industrielle (Inpi) le nom, le logo et le slogan du collectif Anonymous, selon des documents consultés par l'AFP et confirmant une information du Parisien. Ce dépôt lui autorisait leur utilisation sur divers supports, notamment des vêtements, des sacs ou de la vaisselle. Early Flicker a poursuivi depuis la vente des tee-shirts déclinant le logo et le slogan sur son site, comme elle le faisait déjà avant le dépôt.

Mardi, une vidéo intitulée "Anonymous n'est pas à vendre" a été mise en ligne sur des sites de partage vidéo pour dénoncer la démarche d'Early Flicker.

"Notre logo et notre slogan ont été détournés à des fins marketing par une société peu scrupuleuse", dit une voix visiblement issue d'un logiciel de transcription vocale, dans ce message mis en ligne par l'auteur "AnonymousFrancophone". "Le gérant de la société Early Flicker a usurpé nos symboles en les enregistrant comme marque déposée auprès de l'Inpi afin de les utiliser pour leur business", ajoute la voix. "Anonymous, soucieux de la liberté d'expression, exige de M. (Apollinaire) Auffret (le gérant) qu'il retire ces marques déposées de sa société, sous peine de déchaîner notre colère", prévient-elle. Dans un message mis en ligne sur l'un des sites de sa société, M. Auffret a indiqué que le site d'Early Flicker ainsi que ses boites de messagerie électronique avaient été depuis "prises d'assaut". Contacté par l'AFP, M. Auffret a précisé avoir pris l'initiative de fermer temporairement son site, du fait de "menaces" mais aussi pour montrer que "l'activité" du site n'était "pas (sa) seule préoccupation". Le gérant a également indiqué avoir été contacté "de façon très cordiale" par un membre du comité de soutien du collectif Anonymous pour la France, puis par une personne "se revendiquant du mouvement". Après discussions, le différend "s'est réglé", selon M. Auffret, qui a pris l'engagement d'envoyer à l'Inpi une déclaration de renonciation "dès que possible", ce qui signifie qu'il renonce à la propriété du slogan, du logo et du nom Anonymous.

De son côté, le collectif s'est engagé à mettre en ligne une vidéo "officielle" le dédouanant dès confirmation de la renonciation, toujours selon M. Auffret. Dans l'attente de cette confirmation, les membres du collectif "s'engagent à appeler à l'arrêt complet des pressions exercées sur mes sites, mes proches et moi-même dès à présent", a-t-il expliqué. L'accord passé prévoit également, selon le gérant, qu'il reste "entièrement libre de continuer (ses) activités de vente de produits à l'effigie des Anonymous". Selon les estimations de M. Auffret, la vente de produits siglés Anonymous n'a représenté, depuis février, qu'un chiffre d'affaires total inférieur à 500 euros.

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Commentaires
a écrit le 06/08/2012 à 3:53 :
Et dernier point litigieux quant à la rédaction de l'article: dire que "Ce dépôt lui autorisait leur utilisation sur divers supports (...) comme elle le faisait déjà avant le dépôt" occulte le fait qu'une marque déposée à l'INPI confère uen exclusivité, rendant impossible l'utilisation des symboles, slogans et images déposés pour le champ d'activité concerné.
Ce n'est donc pas une simple "mise en accord avec des règles" ou une "officialisation" de principe, mais bien la totale possession des droits sur ces images et slogans. C'est très différent.
a écrit le 06/08/2012 à 3:48 :
On se demande surtout pourquoi l'INPI a accepté cette revendication alors que ces logos et autres slogans sont utilisés depuis longtemps publiquement. Quid par ailleurs des droits liés à l'oeuvre "V comme Vandetta"?
Sinon, tout à fait minable de la part de ce dirigeant, en particulier quand il ose dire qu'il ne voulait pas en tirer profit: c'est doublement idiot. Un, il est à espérer qu'il recherche le profit en tant qu'entrepreneur, et deux, cet opportunisme confiscatoire est indigne d'un véritable entrepreneur qui respecte la création des autres.
a écrit le 05/08/2012 à 13:33 :
Mdr, tres bien joué
a écrit le 04/08/2012 à 20:46 :
Il me paraît sage pour la société de vite revenir en arrière sous peine que Mayhem 2012 ne l'oublie pas. Le monde encore libre ne pardonne pas ce genre de "prouesse".
Réponse de le 05/08/2012 à 4:44 :
Donc selon vous, une petite bande de speudo hacker (de vulgaire lamers) devraient faire la loi ! Seuls les peureux se cachent derriere un masque !
Réponse de le 05/08/2012 à 9:46 :
Sûrement que des individus aussi nobles ne sont pas attachés à des symboles bassement matérialistes? Et probablement qu'ils ont des tâches plus urgentes que s'attaquer à un vulgaire parasite commercial, fût-il de mauvais goût?

Au fait c'est qui les "internautes"? C'est le retour de la "majorité silencieuse"?
Réponse de le 05/08/2012 à 10:41 :
Lorsque l'absence de démocratie règne, l'anonymat permet seule de lever des lièvres. Voilà pourquoi, pour l'instant, le réseau Anonymous doit se protéger.
Réponse de le 05/08/2012 à 13:41 :
@Bastien,
Tu dois relire 1984 ! et pas V comme vendetta, car la vendetta et le propre de la mafia!! Tu regarde trop la TV !! dans 1984, le mechant o brien, a lui meme invente de toute piece l ennemi interieur golstein et son livre.
Réponse de le 05/08/2012 à 13:44 :
@ Bastien. je suis bien d'accord avec toi. L'absence de démocratie est malheureusement très fréquente. J'en est fait l'amère expérience, pensant naïvement que dans une démocratie on peu discuter librement. Les site comme celui de "la tribune" ou on ne te fiche pas son déjà rarissime. Or quand tu est fiché et que ta discussion devient trop critique bizarrement tu as de la visite ordi+physique. Bilan mieux vaut rester anonyme. D'ailleurs je remercie anonymous pour son action vs les nucs d'A...a. Je ne sais pas si ils on eu le même problème que moi mais j'ai savouré leur retour de battons sur ces penseurs a vision unique.

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