Une gestion plus « dynamique » des participations de l'Etat, avait promis le gouvernement. Après la vente de 3,1% de GDF Suez en juin, pour plus de 1,5 milliard d'euros, il se désengage partiellement d'Orange. Bpifrance a annoncé le 30 septembre la cession de 1,9% du capital de l'opérateur historique. Daté du 3 octobre, l'arrêté publié vendredi 10 octobre au Journal officiel statue :
La banque publique, qui devrait récolter 583,81 millions d'euros de cette cession, détiendra encore 11,6% du capital à l'issue de l'opération. La participation directe et indirecte de l'État diminuera ainsi de 26,9% à 25,04% du capital de l'ex-France Télécom. Ce qui n'a pas d'impact sur la gouvernance du groupe : l'État conserve ses trois administrateurs sur quatorze membres du conseil.
L'Etat n'avait pas cédé d'actions de l'ancienne entreprise publique de télécoms, rebaptisée Orange l'an dernier, depuis sept ans : il avait vendu un bloc de 5% en juin 2007, passant de 34,9% à 27,4%, perdant ainsi sa minorité de blocage, dix ans après la première ouverture du capital. L'Etat était passé sous la barre des 50% il y a dix ans, en 2004, après la cession de 10,85% du capital. La vente par la BPI intervient plutôt à un bon moment sur le plan boursier : le cours d'Orange a progressé de près de 30% depuis janvier. Orange pèse quelque 30,6 milliards d'euros en Bourse.
Plusieurs organisations syndicales avaient réagi le jour de l'annonce. « L'Etat prend l'oseille.. » s'est indigné Sud qui « s'inquiète du désengagement de l'Etat et de son irresponsabilité pour l'avenir des télécommunications » alors que le projet d'acquisition de l'opérateur espagnol Jazztel pour 3,4 milliards d'euros « devrait encore diminuer la part de l'Etat dans le capital de l'opérateur historique. » La CFDT a considéré de son côté que cette cession « démontre un manque de vision stratégique à long terme de l'Etat au profit d'une opération ponctuelle et strictement financière. » L'organisation syndicale qui s'est « toujours opposée à une réduction de la part de l'Etat » estime que « dans le contexte de consolidation du secteur européen des télécommunications, Orange a besoin d'un actionnaire public stable et puissant pour le mettre à l'abri de toute tentation d'OPA. »
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La CFE-CGC aussi a déploré « ce nouveau désengagement de l'Etat » mais demandé dans un courrier signé conjointement avec l'association pour la défense de l'épargne et l'actionnariat des salariés (Adeas), et adressé au ministre de l'Economie, Emmanuel Macron, que cette cession intervienne dans le cadre d'une offre réservée aux personnels, pour 0,2% du capital. La CFE-CGC en a profité pour renouveler sa demande d'une suspension du dividende « supérieur aux bénéfices depuis 2012. »
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