L'Etat cède des parts dans Orange

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L'Etat n'avait pas cédé de titres de l'opérateur historique depuis 2007.
L'Etat n'avait pas cédé de titres de l'opérateur historique depuis 2007. (Crédits : reuters.com)
Bpifrance vient de vendre 1,9% du capital de l'opérateur historique. L'Etat, qui n’avait pas cédé de parts depuis sept ans, détiendra 25% du capital à l'issue de l'opération. L'arrêté vient d'être publié au JO.

Une gestion plus « dynamique » des participations de l'Etat, avait promis le gouvernement. Après la vente de 3,1% de GDF Suez en juin, pour plus de 1,5 milliard d'euros, il se désengage partiellement d'Orange. Bpifrance a annoncé le 30 septembre la cession de 1,9% du capital de l'opérateur historique. Daté du 3 octobre, l'arrêté publié vendredi 10 octobre au Journal officiel statue :

"Le transfert au secteur privé d'une part du capital de la société Orange s'effectuera par cession par Bpifrance Participations de 50.328.822 actions représentant 1,90% du capital par placement en France et à l'étranger, garanti par un syndicat bancaire, au prix unitaire de 11,60 euros."

La banque publique, qui devrait récolter 583,81 millions d'euros de cette cession, détiendra encore 11,6% du capital à l'issue de l'opération. La participation directe et indirecte de l'État diminuera ainsi de 26,9% à 25,04% du capital de l'ex-France Télécom. Ce qui n'a pas d'impact sur la gouvernance du groupe : l'État conserve ses trois administrateurs sur quatorze membres du conseil.

Sept ans après avoir perdu la minorité de blocage

L'Etat n'avait pas cédé d'actions de l'ancienne entreprise publique de télécoms, rebaptisée Orange l'an dernier, depuis sept ans : il avait vendu un bloc de 5% en juin 2007, passant de 34,9% à 27,4%, perdant ainsi sa minorité de blocage, dix ans après la première ouverture du capital. L'Etat était passé sous la barre des 50% il y a dix ans, en 2004, après la cession de 10,85% du capital. La vente par la BPI intervient plutôt à un bon moment sur le plan boursier : le cours d'Orange a progressé de près de 30% depuis janvier. Orange pèse quelque 30,6 milliards d'euros en Bourse.

Mécontentement des syndicats

Plusieurs organisations syndicales avaient réagi le jour de l'annonce. « L'Etat prend l'oseille.. » s'est indigné Sud qui « s'inquiète du désengagement de l'Etat et de son irresponsabilité pour l'avenir des télécommunications » alors que le projet d'acquisition de l'opérateur espagnol Jazztel pour 3,4 milliards d'euros « devrait encore diminuer la part de l'Etat dans le capital de l'opérateur historique. » La CFDT a considéré de son côté que cette cession « démontre un manque de vision stratégique à long terme de l'Etat au profit d'une opération ponctuelle et strictement financière. » L'organisation syndicale qui s'est « toujours opposée à une réduction de la part de l'Etat » estime que « dans le contexte de consolidation du secteur européen des télécommunications, Orange a besoin d'un actionnaire public stable et puissant pour le mettre à l'abri de toute tentation d'OPA. »

La CFE-CGC aussi a déploré « ce nouveau désengagement de l'Etat » mais demandé dans un courrier signé conjointement avec l'association pour la défense de l'épargne et l'actionnariat des salariés (Adeas), et adressé au ministre de l'Economie, Emmanuel Macron, que cette cession intervienne dans le cadre d'une offre réservée aux personnels, pour 0,2% du capital. La CFE-CGC en a profité pour renouveler sa demande d'une suspension du dividende « supérieur aux bénéfices depuis 2012. »

Article publié le 1er octobre à 9h40, mis à jour le 10 octobre à 9h50.

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Commentaires
a écrit le 10/10/2014 à 18:26 :
François à besoin de beaucoup de sous pour boucler les fins de mois !
a écrit le 10/10/2014 à 10:31 :
@Bzh92: Je doute que le PDG engage des réformes importantes: 1) c'est un gestionnaire sans stratégie ni même idées fortes et ça arrange tout le monde, 2) Il ne sait rien d'Orange car il est entouré d'une cour qui est très efficace pour lui présenter l'idée d'un Orange homogène et bien géré, 3) Orange a perdu le quart de son chiffre d'affaire en 10 ans et ça n'émeut personne, 5) Orange est extrêmement mal géré: Le poids des achats externes (la moitié du CA) est bien supérieur aux charges de personnel, les groupes externes et personnes qui reçoivent ces 27 milliards n'accepteront jamais une réduction de ce poste du bilan ou alors il va y avoir des cadavres... 5) France Télécom était, avant Orange, une boite ingouvernable, son premier PDG a fui au bout d'un mois et ça fait tellement tâche qu'il n'est jamais mentionné dans l'histoire officielle. Son successeur Michel Bon se défie de son entourage, il invente la "pyramide inversé" et il est viré comme un malpropre alors que son bilan est finalement bien plus honorable que celui de ses successeurs. 6) Frank Dangeard patron de Thomson et numéro 2 aux cotés de Thierry Breton, va rester un an à chercher le gisement de perles qu'on lui a annoncé exister dans ce bourbier, et il quitte FT après un an, écoeuré par la désorganisation du groupe et l'incompétence de ses cadres. 7) Fuite des talents: Nombres de quadra prometteurs ont fuit FT et Orange au fil du temps, comme Vivek Bradinath, potentiel numéro 2, dont le départ en Janvier 2014 a été vécu avec effarement par le personnel 8) Aujourd'hui Orange c'est un géant qui est dévoré vivant de l'intérieur par ses 2000 dirigeants, sans compter la quantité énorme de gens qui se sont rendu compte que travailler dur ne paye pas, il vaut mieux faire de "l'animation" c'est bien plus rentable en terme de carrière. ...... Réformateurs potentiels d'Orange réfléchissez bien avant d'agir.
Réponse de le 10/10/2014 à 12:05 :
Vous êtes bien informés,un peu trop même...
Réponse de le 10/10/2014 à 13:00 :
+1. Beaucoup d'amertume, un peu d'exagération et au final, une analyse orientée sans grande crédibilité.
a écrit le 05/10/2014 à 17:35 :
"La cession des 50 millions d'actions, au prix de 11,60 euros, lui rapportera de l'ordre de 584 millions d'euros."

Faux. Cela ne rapportera que la différence entre le prix d'acquisition et le prix de cession des titres.
Réponse de le 10/10/2014 à 10:31 :
Quel prix d'acquisition ?
Auriez-vous la mémore courte ? Orange - ex France Telecom a été privatisé sous le gouvernement Jospin et appatenait à L'état.
Réponse de le 11/10/2014 à 18:52 :
@anonyme

Le prix d'acquisition c'est le capital injecté dans France Telecom en échange de titres et de dividendes par l'état français. Et pour information la privatisation de France Télécom n'est que partielle puisque l'état français n'a pas cédé la totalité de ses parts.
a écrit le 03/10/2014 à 15:38 :
Très bien , l état n a rien a faire dans les telecom , cela sous valorise la boîte car l état est un très mauvais gestionnaire . Une fois désengage le patron sera plus libre de ces choix et surtout pourra virer embaucher apporter de la fluidité et penser à valoriser l action .
Réponse de le 10/10/2014 à 11:37 :
Oui ! Virons pour le bien des actionnaires ! Marre de cette variable qu'est la salarié, la France doit être à la pointe et se doit de se doter d'une armée de robot qui pourront faire le boulot à la place de toutes ces pleureuses qui réclament un salaire pour survivre.
Réponse de le 10/10/2014 à 12:00 :
vous pouvez racheter toutes les actions disponibles sur le marche et une fois que vous serez proprietaire vous pourrez augmenter les salaires et diminuer le temps de travail sans jouer sur l'emploi... alors, vous hypothequez votre maison quand pour ce rachat juste?
Réponse de le 11/10/2014 à 16:09 :
je me souviens quand même d'une époque (2002) , ou France Télécom sortant d'une situation de monopole avait quand même accumulé une dette de 70 milliards d'euros.
Une époque ou des cadres partaient avec femmes et enfants s'installer dans la Silicon Valley pour soi disant développer des projets qui révolutionneraient les télécom, les hauts débits etc.
Il a fallu que l'état aide au redressement du groupe, avec la nomination de Thierry Breton
a écrit le 01/10/2014 à 12:31 :
Après les autoroutes, les aéroports (Toulouse, bientôt Nice), une part dans la française des jeux. Nos gouvernements vendent les bijoux de famille que nous avons payés depuis des lustres pour le bien du secteur privé !!!
Réponse de le 02/10/2014 à 14:17 :
Il faut bien payer les cadeaux faits aux derniers électeurs du PS : il n'ont pas les moyens de payer, eux...
a écrit le 01/10/2014 à 11:20 :
Merci à tous nos gouvernements précédents pour la vente des bijoux de famille, ces bijoux qui rapportaient tant (et qui rapportent) aux caisses de l'Etat ...
a écrit le 01/10/2014 à 10:48 :
C est là qu'on voit ce que représente les 80 milliards de dettes supplémentaires qu'on fait chaque années
Merci aux énarques clienteliste qui ruinent la france
a écrit le 01/10/2014 à 10:25 :
intégration dans le calcul du PIB de la drogue et prostitution, vente des autoroutes etc.... c'est quand qu'il n'y aura plus rien à vendre?

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