Biosency, la médecine prédictive au service des insuffisants respiratoires

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Marie Pirotais, présidente de Biosency et Yann Le Guillou, directeur général.
Marie Pirotais, présidente de Biosency et Yann Le Guillou, directeur général. (Crédits : DR)
Lauréate 2018 du concours I-Lab, la start-up medtech vient d'être distinguée par le concours i-Nov, géré par Bpifrance, et par la Coalition Innovation Santé, mise en place dans le cadre de la crise du Covid-19. Elle vient aussi de lancer son premier produit, Bora Connect, permettant au médecin de suivre, en temps réel, les paramètres cardio-respiratoires du patient.

« La première commande représente plusieurs centaines de BORA, - le tout en plein confinement ! », indiquent Marie Pirotais, présidente de Biosency et Yann Le Guillou, directeur général. Marie Pirotais fait référence au premier produit que la start-up medtech, lancée à Rennes en juillet 2017 et lauréate du concours i-Lab 2018, vient de mettre sur le marché, après avoir obtenu la certification CE dispositif médical, Bora Connect. Un bracelet, fabriqué en Bretagne, permettant aux médecins de suivre, en temps réel, les paramètres cardio-respiratoires de patients atteints de bronchopneumopathie chronique obstructive (BPCO). « La deuxième étape, s'empresse-t-elle d'ajouter, sera, grâce à l'intelligence artificielle et au machine learning, de prédire les crises que l'on appelle « l'exacerbation », deux à cinq jours avant qu'elles surviennent ». D'un outil de monitoring, le bracelet deviendra donc un élément clé de la médecine prédictive.

Enjeux de santé et de société

Les enjeux, de santé comme financiers, sont énormes. En effet, cette pathologie chronique, souvent mal diagnostiquée, sera la 3è cause de mortalité mondiale en 2030, selon l'Organisation mondiale de la santé. En France, 5,4 millions de personnes en sont atteintes. Lors de ces crises, le patient étouffe, est hospitalisé en urgence et parfois placé en réanimation. Or le prix de ce séjour est élevé et la BPCO coûte quelque 3 milliards d'euros par an au système de santé français. « D'où l'intérêt de pouvoir prédire la crise, afin de l'anticiper, et la diminuer », explique Marie Pirotais.

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Cette ingénieure a commencé sa carrière en R&D, dans le secteur automobile et aéronautique. Loin, donc, de la médecine. Mais le hasard a voulu qu'elle rencontre le frère de Yann Le Guillou, pneumologue. Le Dr. Le Guillou partage avec Marie et son frère Yann l'amer constat de l'absence de dispositifs médicaux permettant de télésuivre les insuffisances respiratoires chroniques à leur domicile. Et la voici qui se lance dans l'aventure entrepreneuriale, avec Yann Le Guillou, détenteur à la fois d'un doctorat en microélectronique et d'un executive MBA, et de Gilles Giannoli, dont la longue expérience dans le médical le désigne naturellement comme directeur du développement stratégique de Biosency.

Nouvelle levée de fonds

« L'équipe mise en place est complémentaire et dispose de toutes les compétences nécessaires pour mener à bien le projet », relève-t-elle. Une réflexion générale en direction des chercheurs/entrepreneurs, et en particulier des femmes, encore peu nombreuses à participer au concours i-Lab, faute, sans doute, de se sentir légitimes... Dommage, car « la caution apportée par le succès au concours, très exigeant, est clé », dit-elle, en particulier pour les investisseurs.

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Après deux levées de fonds réalisées en 2018 et 2019 auprès de Go Capital, Crédit Agricole et trois business angels, la start-up entame un nouveau tour de table afin de développer son nouvel outil prédictif, renforcer ses équipes, de 21 pour l'instant, et s'attaquer au marché européen, puis nord-américain. D'autant que le projet de Biosency vient également d'être distingué par le concours i-Nov, un dispositif de soutien financé par le Programme d'Investissements d'Avenir (PIA) géré par Bpifrance, et distingué par la Coalition Innovation Santé, initiée par France Biotech, France Digitale, MedTech in France et AstraZeneca, avec la participation et l'appui de l'Assistance Publique-Hôpitaux de Paris et de France Assos Santé, les soutiens de Bpifrance et d'EIT Health, dans le cadre de la crise du Covid-19.

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Commentaires
a écrit le 29/06/2020 à 21:35 :
intéressant, je fais partie de ces handicapés des poumons, mais le traitement fonctionne,mais si ça empire c'est bien possible que ça me serve.

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