À mesure que s'accélère le mouvement d'incitation des particuliers comme des entreprises à basculer toutes leurs activités dans des applications internet décentralisées (et non plus stockées sur un ou des ordinateurs locaux), la cybersécurité, c'est-à-dire la sécurité des données stockées dans le "cloud", à distance dans des centres de données (data centers) répartis aux quatre coins du monde, devient un enjeu mondial chaque jour plus crucial.
Pas plus tard qu'hier, jeudi 26 août, le président des États-Unis Joe Biden convoquait à la Maison Blanche les patrons des 27 plus grandes entreprises de la tech pour les exhorter à investir leurs milliards dans l'amélioration de la cybersécurité, actuellement de si mauvaise qualité comme en témoigne la vague de cyberattaques massives de ces derniers mois, qui ont mis en lumière des vulnérabilités majeures, menaçant la sécurité des institutions, organisations et grandes entreprises (américaines en l'occurrence).
Que n'eût-il été entendu plus tôt, car les oreilles de certains auraient dû siffler. Notamment, celles d'un des géants de la tech réunis autour de la table, Microsoft, qui vient de voir révélée l'une des plus importantes failles informatiques de son histoire, lui qui avait déjà essuyé en mars 2021 un piratage massif de sa messagerie Exchange qui avait affecté au moins 30.000 organisations américaines (des entreprises, mais aussi des municipalités et des collectivités locales).
La faille a été découverte par une société de cybersécurité, Wiz, qui démontre que les données de plusieurs milliers de sociétés clientes de Microsoft Azure (filiale du géant de Seattle dédiée aux services dans le cloud) ont été rendues vulnérables, et ce, pendant une période prolongée.
Expliquant en préambule que dans son travail consiste à intervenir quotidiennement sur des applications et bases de données dans le cloud, avec la préoccupation chevillée au corps de prévenir toute faille informatique afin d'empêcher qu'un pirate obtienne les clés d'accès d'un compartiment mal protégé et puisse siphonner en quelques instants des millions voire des gigaoctets d'enregistrements sensibles, voici comment, sur son blog, il raconte sa découverte fortuite.
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Microsoft a expliqué avoir réparé immédiatement la faille informatique et avoir prévenu aussitôt ses entreprises et institutions clientes potentiellement exposées à cette vulnérabilité.
Et, a priori, la faille n'a pas été exploitée par des acteurs malveillants, selon le géant de l'informatique.
De fait, d'après Wiz, Microsoft a en effet rapidement désactivé le système faillible, puis "informé plus de 30% des clients de Cosmos DB", le cloud concerné, qu'ils devaient changer leurs clefs d'accès.
Mais ils sont potentiellement encore en danger, et d'autres que ceux déjà prévenus pourraient être concernés aussi, car "la faille a été exploitable pendant au moins plusieurs mois, voire des années", détaillent les chercheurs.
Microsoft Azure est le deuxième leader au monde du cloud, derrière Amazon Web Services. Ce secteur en forte croissance depuis des années a conquis encore plus de clients pendant la pandémie, avec l'explosion du télétravail et des besoins en services numériques, du divertissement à la consommation en ligne.
Wiz n'hésite pas à expliquer la gravité des conséquences de cette faille en donnant les noms des multinationales affectées telles que Coca-Cola et Exxon-Mobil, et en pointant du doigt toutes les fonctionnalités essentielles dont elles usent au travers de cette informatique dématérialisée, de ces applis de SaaS (software as a service) qui sont devenues les pivots et les leviers du développement de leur activité.
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Les cyberattaques ne cessent de se multiplier, c'est un fait. Mais la taille des cibles visées devient de plus en plus alarmante. On se souvient comment, en mai dernier, le piratage de ColPipe, un des distributeurs majeurs de carburant aux Etats-Unis, avait mis hors service plusieurs jours durant les ordinateurs commandant son immense réseau de pipe-lines, bloquant l'approvisionnement des stations-services d'une bonne part du pays, avec les conséquences que l'on sait.
(avec AFP)
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