Le 11 avril 2020, alors que la moitié de la planète est confinée, le gouvernement américain envoie les premiers chèques "d'aide à la relance" sur les comptes bancaires des bénéficiaires. Dans la foulée, des milliers d'Américains reçoivent un étrange courriel de la Réserve fédérale. Celui-ci renvoie vers un site d'apparence officielle, qui leur demande d'entrer leurs identifiants bancaires pour recevoir les aides versées au titre des mesures de relance. Une grosse arnaque, qui visait à voler les identifiants des plus grandes banques américaines, et un parfait exemple, parmi de nombreux autres, de l'inventivité et de la réactivité des cybercriminels depuis l'apparition de la Covid-19.
Dans son dernier rapport, intitulé "Le facteur humain 2021", le fournisseur de logiciels dédiés à la cybersécurité Proofpoint analyse comment la Covid-19 a changé le paysage des cybermenaces pour les entreprises et les particuliers. "Les cybercriminels s'inspirent constamment de l'actualité pour créer leurs messages de leurre. Mais 2020 a été une année différente dans le sens où, pour la première fois, tous les cybercriminels ont utilisé les mêmes thèmes en même temps", indique le rapport, qui voit dans la Covid-19 l'illustration parfaite de la faculté des cybercriminels à adapter leurs pratiques en temps réel pour tirer profit de la peur et des doutes des victimes.