Deezer, Spotify, Soundcloud... Le streaming européen s'organise en lobby

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En 2016, le streaming a décollé avec des revenus en hausse de 60,4% et 112 millions d'abonnés à des services de musique en ligne dans le monde.
En 2016, le streaming a décollé avec des revenus en hausse de 60,4% et 112 millions d'abonnés à des services de musique en ligne dans le monde. (Crédits : © Dado Ruvic / Reuters)
Les principales plateformes européennes de streaming musical étaient réunis lundi à Bruxelles pour la création de "Digital Music Europe", un lobby pour défendre leurs intérêts auprès des décideurs européens et s'unir face à la concurrence américaine.

Ennemis dans le business, unis dans le lobby. Deezer, Spotify, SoundCloud, Qobuz... Les fleurons du streaming européen étaient rassemblés lundi à Bruxelles pour le lancement officiel de "Digital Music Europe", un lobby pour défendre les intérêts des plateformes de streaming musical en Europe. Le but : peser collectivement auprès des instances européennes, mais aussi s'unir face aux concurrents américains comme Apple Music.

"En 2016, le marché de la musique a augmenté de 4% en Europe. Du jamais vu depuis 20 ans, grâce au streaming... Et toutes ces entreprises qui portent cette croissance sont européennes", a souligné Hans-Holger Albrecht, directeur général de Deezer et président de l'alliance. "L'Europe a été pionnière dans la musique numérique."

L'initiative regroupe les français Deezer, Qobuz - spécialisé dans le son de haute qualité - et Soundcharts, plateforme d'analyse de données pour l'industrie musicale. Elle inclut également le leader suédois Spotify, SoundClound et la plateforme britannique 7Digital.

Réforme du droit d'auteur, géoblocking, data...

L'alliance veut s'inviter dans plusieurs débats sur des réformes européennes pendantes, comme le droit d'auteur, l'utilisation des données des utilisateurs ou encore le géoblocking. Pour protéger le droit d'auteur, cette méthode permet de limiter l'utilisation d'un service de streaming au pays dans lequel l'utilisateur réside. Sur la voie d'un marché numérique unique, le Parlement européen, la Commission et les Etats membres ont conclu un accord en février 2017 établissant la fin du géoblocage des services de streaming. Ceci permettra à "toute personne qui a souscrit un abonnement [dans son pays] pour écouter de la musique (...) d'en faire autant lorsqu'elle voyagera en Europe", s'était alors félicité Andrus Ansip, vice-président chargé du marché unique numérique. La mesure, qui n'a pas été adoptée définitivement, doit encore être discutée par le Conseil et le Parlement européen d'ici à la fin de l'année. Si elle est appliquée, cette réforme permettrait aux utilisateurs européens d'avoir accès à tous les contenus des plateformes, mais pour des prix pouvant aller du simple au double. Par exemple, un abonnement Spotify Premium coûte 9,99 euros en France - contre 4,80 euros environ en Pologne.

112 millions d'abonnés dans le monde

La Digital Music Europe souhaite aussi se pencher sur les rapports entre les plateformes de streaming et ses intermédiaires, comme les magasins d'applications (App Store, Google Store) et les assistants virtuels. Par exemple, pour avoir accès à une plateforme de streaming sur son smartphone, il est nécessaire de télécharger l'application sur l'App Store ou Google Store. Conséquence : ces intermédiaires "servent d'interfaces entre l'utilisateur et le service de musique. Et les plateformes de streaming sont de plus en plus dépendantes", a regretté Olivia Regnier, directrice des affaires européennes chez Spotify. "Il doit y avoir une compétition équitable, qui passe par l'environnement réglementaire", a confirmé Hans-Holger Albrecht.

En 2016, le streaming a décollé avec des revenus en hausse de 60,4% et 112 millions d'abonnés à des services de musique en ligne dans le monde, selon le rapport annuel de la Fédération internationale de l'industrie phonographique. En France, le marché numérique a généré 182,6 millions d'euros (+19.5%) et 3,9 millions d'abonnés (+42%), selon le Syndicat national des éditions phonographiques.

Cette tendance a permis à l'industrie musicale mondiale de renouer avec la croissance alors en berne, à cause du déclin constant des ventes physiques malgré un petit retour du vinyle. En dépit de leur popularité, les plateformes de streaming tâtonnent encore pour trouver un modèle économique viable.

| Lire aussi : Streaming musical : Spotify, une croissance en trompe-l'œil

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Commentaires
a écrit le 21/11/2017 à 18:30 :
faut arreter d'etre naif et jouer avec les regles du jeu........... quand l'europe de la cooperation existera elle fera comme la chine ou les usa, en arguant que c'est la puissance economique numero 1 en terme de richesse per capita........

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