En perte de croissance et d'abonnés, Netflix est contraint de licencier

150 personnes ont été remerciées, la plupart aux Etats-Unis chez le géant du streaming qui est contraint de réduire ses dépenses après avoir perdu 200.000 abonnés au premier trimestre tout en poursuivant ses investissements pour ne pas perdre trop de terrain face à la concurrence.

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Netflix a remercié 150 personnes, principalement aux Etats-Unis, a-t-il annoncé mardi.
Netflix a remercié 150 personnes, principalement aux Etats-Unis, a-t-il annoncé mardi. (Crédits : DENIS BALIBOUSE)

Mauvaise nouvelle pour Netflix. Le géant du streaming a annoncé mardi avoir licencié environ 2% de son personnel. Au total, 150 personnes ont été remerciées la plupart aux Etats-Unis, comme l'a précisé un porte-parole. "Ces changements sont principalement motivés par les besoins de l'entreprise plutôt que par les performances individuelles, ce qui les rend particulièrement difficiles, car aucun d'entre nous ne veut voir partir des collègues aussi formidables", a-t-il expliqué.

Netflix, qui connaissait jusque-là une croissance en plein essor, doit désormais se serrer la ceinture. Et pour cause, l'entreprise américaine a annoncé en avril dernier avoir perdu 200.000 abonnés au premier trimestre 2022. Un chiffre toutefois mineur face à ses 221,6 millions de clients dans le monde qu'il comptait à la fin du premier trimestre. Cela n'en demeure pas moins une première depuis dix ans qui d'autant plus imprévue que les marchés que la direction ambitionnait d'en gagner 2,5 millions supplémentaires. "Le ralentissement de la croissance de nos revenus signifie que nous devons aussi ralentir la croissance de nos dépenses en tant qu'entreprise", a expliqué le porte-parole. Des économies qui concernent également la sous-traitance.

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Netflix a perdu 700.000 abonnés suite à la suspension de ses activités en Russie le mois dernier. Mais le groupe peine également à en acquérir de nouveaux dans toutes les régions du monde. Cette tendance va même s'accentuer au deuxième trimestre puisque Netflix prévoit de perdre 2 millions d'abonnés au cours du trimestre actuel, en dépit du retour de plusieurs séries de premier plan dont "Stranger Things" et "Ozark". Cette annonce avait provoqué la panique à Wall Street. L'action du géant de la vidéo en ligne avait plongé de 24% dans les échanges électroniques après la clôture à Wall Street.

Concurrence et diversification

Le directeur financier Spence Neumann avait alors annoncé lors d'une conférence téléphonique que Netflix allait "réduire" ses dépenses au cours des deux prochaines années, tout en continuant à investir des milliards de dollars dans la plateforme notamment avec la production de contenus pour ne pas se laisser distancer par la concurrence, comme Disney+ qui connaît, lui, une forte croissance depuis son lancement fin 2019. Même s'il reste leader, Netflix (28% de parts de marché sur le streaming en France) doit composer avec Amazon Prime Video (25%), Disney+ (16%), Canal+ (9%), OCS (7%) et le petit dernier, Salto (2%), d'après les données du cabinet d'études Just Watch au premier semestre 2021.

Netflix s'est aussi lancé dans le jeux vidéo. En septembre, il a racheté son premier studio de jeux vidéo, Night School Studio, une start-up californienne avant de lancer, en novembre, plusieurs jeux mobiles pour ses abonnés, dont certains inspirés de l'univers de la série de science-fiction et d'horreur "Stranger Things". Netflix a également la création d'un magasin en ligne de produis dérivés.

La chasse aux partages de comptes

Le groupe compte également faire la chasse aux partages d'identifiants et de mots de passe, qui permettent à plus de 100 millions de foyers de ne pas payer pour l'accès à la plateforme. Début mars, le groupe a lancé des tests dans des pays sud-américains pour facturer à ses clients l'ajout de profils supplémentaires à leur compte. La plateforme prévoit d'installer ce système sur ses principaux marchés d'ici un an. Par ailleurs, Netflix envisage désormais de proposer des abonnements moins chers, avec de la publicité, d'ici un an ou deux.

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Commentaires 2
à écrit le 18/05/2022 à 17:36
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Pas touche à la rémunération des dirigeants... responsables mais pas coupables.

à écrit le 18/05/2022 à 10:02
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Le modèle n'est pas simple, le principe était vraiment beau à la base permettant la création de véritables oeuvres de qualité mais la croissance ne pouvait qu'être liée à une augmentation du pouvoir d'achat, les gens vont préférer acheter à manger pa...

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