Fermeture d'Allo : la messagerie instantanée, le talon d'Achille de Google

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L'offre de Google était trop conséquente et peu lisible.
L'offre de Google était trop conséquente et peu lisible. (Crédits : Arnd Wiegmann)
La firme de Mountain View a annoncé mercredi la fermeture d'Allo, son application de messagerie instantanée lancée en 2016. Pour tenter de s'imposer sur ce marché, Google a multiplié les applications - quitte à brouiller son offre. Le géant américain souhaite désormais épurer son écosystème pour "simplifier la communication".

Google fait le ménage. Le géant américain a annoncé mercredi la fermeture de sa messagerie instantanée Allo pour mars 2019. Lancée en 2016, cette appli bardée d'intelligence artificielle avait une particularité : proposer des réponses automatiques à l'utilisateur en fonction du contexte de la discussion pour "vous faire gagner du temps", expliquait Google lors de son lancement en grande pompe. L'application est également chiffrée de bout-en-bout afin de permettre la confidentialité des échanges. Et pourtant, Allo n'a pas convaincu les utilisateurs.

"Un peu plus tôt cette année, nous avons fait une pause dans les investissements sur Allo et nous avons importé ses fonctionnalités les plus prisées - comme les réponses automatiques et les GIFs - dans (l'application) Messages", explique dans une note de blog Matt Klainer, vice-président en charge des produits de communication chez Google.

"Compte tenu de la dynamique continue de Messages, nous avons décidé de cesser de soutenir Allo pour se concentrer sur Messages"

Cette annonce n'est pas une surprise. En avril dernier, un responsable Google confiait déjà à The Verge "(Allo) dans son ensemble n'a pas atteint le niveau d'attraction que nous avions espéré." Le fleuron de la Silicon Valley n'a jamais communiqué sur le nombre de téléchargements d'Allo, contrairement à Messages, désignée comme "l'application Android officielle d'envoi/réception de messages (SMS, MMS)". Messages revendique plus de 175 millions d'utilisateurs par mois dans le monde.

Une offre plurielle et peu lisible

Le flop d'Allo illustre la stratégie erratique de Google en matière d'applications de messagerie. Si le géant américain est le champion incontesté de la recherche en ligne, il s'est laissé devancer par la concurrence côté messageries. Des applications comme Messenger et WhatsApp, propriétés de Facebook, revendiquent chacune près de 1,5 milliard d'utilisateurs actifs par mois. Alors que le déclin du SMS est déjà amorcé, ces applications ont vocation à se développer encore davantage.

Pour s'imposer, la firme de Mountain View a préféré multiplier les initiatives sans stratégie claire. Google dispose actuellement de quatre messageries (Hangouts, Messages, Allo et Duo). Lancée en 2013, Hangouts permet d'envoyer des messages, mais aussi de passer des appels vidéo gratuits. Destinée au grand public dans un premier temps, l'application a recentré son offre cette année vers un public professionnel avec "Hangouts Chat" et "Hangouts Meet".

En 2016, Google décide de lancer Messages, Allo et Duo, application permettant de passer des appels vidéo à la manière de Skype (propriété de Microsoft) ou FaceTime (Apple). Avec ces applications, Google voulait revenir dans la course avec la stratégie suivante : prendre le meilleur de la concurrence, et ajouter la touche maison, à savoir l'intelligence artificielle ou une fonctionnalité supplémentaire. Si Google ne communique pas sur les téléchargements de Duo, l'entreprise se félicite d'une "croissance et d'un engagement robuste" sur Android, système d'exploitation mobile développé par Google, et iOS, son pendant réalisé par Apple. Conscient d'avoir pu embrouiller les utilisateurs avec une myriade d'offres, Google se donne un nouveau mot d'ordre : "less is more".

"En recentrant Messages et Duo à destination des consommateurs et Hangouts Chat et Hangouts Meet sur le travail d'équipe, nous nous concentrons sur une expérience de communication plus simple et plus unifiée."

| Lire aussi : Chat, la réponse de Google au iMessage d'Apple

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