Fibre : Orange à l’offensive dans les campagnes

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Orange affirme avoir augmenté sensiblement son enveloppe financière pour déployer la fibre dans les campagnes.
Orange affirme avoir augmenté sensiblement son enveloppe financière pour déployer la fibre dans les campagnes. (Crédits : REUTERS/Daniel Munoz)
En parallèle des grandes villes, où il déploie l’Internet à très haut débit à toute vitesse, l’opérateur historique investit de plus en plus dans les villages et les zones les moins denses du territoire, où des réseaux en fibre optique voient le jour avec le soutien financier de l’Etat. Vendredi dernier, Orange a ainsi remporté un appel d’offres pour déployer la fibre dans plusieurs communes de Loire-Atlantique.

Pendant longtemps, Orange, pourtant grand investisseur dans les réseaux Internet fixe à très haut débit, a été accusé de bouder les campagnes et les zones les moins denses du territoire. Pourquoi ? D'une part parce que l'opérateur historique a d'abord privilégié les grandes villes, bien plus rentables à cause de la forte densité de population. D'autre part, parce que dans les campagnes, Orange dispose parfois de parts de marché supérieures à 50% dans l'ADSL, et n'a donc pas économiquement intérêt à se presser pour y déployer de nouveaux réseaux.

Sauf que désormais, la donne a changé. Alors que les grandes villes commencent à être bien couvertes, l'opérateur est de plus en plus actif dans les territoires ruraux. Dans ces villages et zones faiblement peuplées, les collectivités s'allient avec les opérateurs pour déployer des réseaux en bénéficiant d'aides de l'Etat. Aujourd'hui, Orange cherche à remporter le plus possible de ces réseaux appelés d'« initiative publique » (RIP). Vendredi dernier, après appel d'offres, l'opérateur a remporté son onzième RIP, en Loire-Atlantique. Dans ce département, il s'est engagé à déployer 108.000 prises FTTH (fibre jusqu'au domicile ou à l'entreprise) en cinq ans. Sachant que le projet repose sur un financement de 108 millions d'euros émanant de l'Etat, des collectivités et de l'Union européenne.

Forte concurrence

Ce RIP s'ajoute à ceux gagnés par Orange en Auvergne, en Bretagne, en Corse, dans la Somme ou encore en Moselle. Au total, ces réseaux sont cruciaux puisqu'ils permettront, à terme, de couvrir près de la moitié de la population en Internet fixe à très haut débit. A ce jour, quelques 835.000 lignes ont été déployées. D'après Orange, l'opérateur est à ce jour présent pour commercialiser ses offres sur « près de 50% » de ces réseaux.

Si l'opérateur historique s'active, c'est parce qu'il ne souhaite pas se laisser dépasser par la concurrence. Or, selon le dernier rapport de l'Autorité de régulation des télécoms, c'est SFR qui est numéro un en nombre de prises déployées sur les RIP (avec 207.000 lignes). L'opérateur au carré rouge est suivi par l'ensemble Covage-Tutor (181.000 lignes). Orange, de son côté, arrive en troisième position (159.000 prises), juste devant la filiale du groupe Bouygues Axione (101.000 prises). Signe de cette volonté d'aller plus vite, Orange a décidé « d'augmenter sensiblement [son] enveloppe financière sur les RIP », précise le groupe. Lequel se garde toutefois d'en donner le montant.

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Commentaires
a écrit le 03/05/2017 à 15:57 :
Je trouve pas très normal qu'il faille investir massivement de l'argent public pour que des sociétés privées proposent leur services. De fait, c'est le seul moyen pour que les zones faiblement dense soient couvertes, les opérateurs ne souhaitant pas faire les investissements nécessaires.

Orange veux profiter des besoins des campagnes en haut débit pour ne pas faire l'investissement sur le réseau si je comprend bien.

Ils vont payer le dernier mètre de liaison de façon a ce que tout opérateur souhaitant proposer un service soit contraint de louer a Orange le dernier morceau de la liaison, sachant que tout ce qu'il y a avant est payé par de l'argent public ?

Selon le principe "premier arrivé, premier servie", l'opérateur qui investie sur le raccordement des usagers se voit seul propriétaire de cette liaison, et tous les autres opérateurs doivent louer cette partie a l'opérateur déjà en place.
A un moment il était question d'équiper les sous-répartiteurs de mini-DSLAM, de façon a rapprocher les usagers du DSLAM et ainsi pouvoir proposer une offre VDSL crédible.

Sur le principe, la fibre c'est souvent mieux en terme de débit et de temps de latence. Mais le VDSL aurait pu permettre de patienter jusqu'au déploiement massif de la fibre.
a écrit le 03/05/2017 à 9:49 :
Ha, ha, ha !
Ce n'est pas avec cette opération que Orange va changer de politique d'investissement ! Depuis quand Orange à un intérêt pour ses clients en campagne ? Je pense que la politique d'investissement d'Orange n'est pas construite sur une stratégie, mais sur un dogme de décideurs urbains qui sont plus aptes à faire de la pub sur la haut débit que de le proposer (on communique plus que l'on investit dans les fondamentaux, ENEDIS fait la même chose). Nous sommes à 8 Km de Genève et 30 Km d'Annecy entre 2 pôles économiques importants avec un débit moyen montant de 0,11 MB, soit moins que les pays en développement ! C'est cela le numérique en France en 2017 grâce à Orange !
a écrit le 02/05/2017 à 14:20 :
C'est la solution permettant de désenclaver les campagnes obligées pendant longtemps d'investir sur des T1 T2 ou T3, dites "lignes louées". La fibre est quand même un petit miracle qui aurait du être installée depuis belle lurette en campagne dans laquelle les taux de transfert de données sont 10 à 100 fois inférieurs à la ville alors qu'avec des besoins plus importants.

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