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Encore une grosse amende pour SFR. Quatre mois seulement après avoir sanctionné l'opérateur de Patrick Drahi à hauteur de 80 millions d'euros, l'Autorité de la concurrence a remis le couvert. Cette fois-ci, l'institution dirigée par Isabelle de Silva s'est fendue d'une amende de 40 millions d'euros. Elle estime que l'opérateur au carré rouge n'a pas respecté ses engagements liés à un contrat de co-investissement dans la fibre, qui a été signé en 2010 avec Bouygues Telecom.
A l'époque, les deux groupes s'étaient mis d'accord pour investir conjointement dans le FTTH (ou fibre jusqu'à l'abonné) dans les zones dites "très denses" du territoire, pour remplacer le vieux réseau cuivré. Ce contrat concernait 22 communes, dont Paris. L'objectif était de diminuer les coûts des déploiements du FTTH, qui est le nec plus ultra en matière de connexion Internet fixe à très haut débit. Le contrat avait, comme le rappelle l'Autorité de la concurrence, "la caractéristique d'être piloté par SFR". Lequel devait assurer "pour le compte des deux opérateurs, les opérations de déploiement, dont les prestations d'adduction, ainsi que la maintenant des infrastructures partagées". Sachant que les "prestations d'adduction" consistent à raccorder les immeubles des villes concernées.
Problème : SFR n'aurait, selon l'Autorité de la concurrence, pas respecté ses engagements. Ceux-ci auraient, d'après l'institution, pâti du rachat de SFR par Numericable en 2014 :
Pour expliquer ce "retard substantiel", l'Autorité de la concurrence rappelle que le rachat de SFR par Numericable, a accouché d'une nouvelle entité dotée d'un important réseau câblé en zone très dense. Comme le câble permet d'accéder au très haut débit, le groupe de Patrick Drahi n'aurait eu que peu d'intérêt à y déployer un réseau FTTH en parallèle, de peur de voir un Bouygues Telecom chasser ses clients.
Chez SFR, on conteste fermement cette version. Joint par La Tribune, l'opérateur s'explique :
L'Autorité de la concurrence n'est visiblement pas de cet avis. En plus de l'amende, elle a demandé à SFR de réaliser ses engagements dans les 12 prochains mois. Lesquels seront, au passage, suivis par un mandataire nommé par ses soins.
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Chez Bouygues Telecom, la nouvelle sonne comme une victoire. D'après un porte-parole, le groupe "se réjouit de cette décision de l'Autorité de la concurrence, qui va lui permettre d'accélérer son déploiement dans le FTTH". A contrario, l'état-major de SFR est furieux. "SFR conteste la teneur de cette décision totalement à charge, les arguments qui la fondent et le montant de la sanction", affirme le groupe dans un communiqué. Avant d'assurer qu'il fera appel de la décision.
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