Pianity : la plateforme qui propose aux musiciens de vendre leurs morceaux... en NFT
Maxime Heuze
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Pianity a comptabilisé 25.000 ventes de NFT sur sa plateforme depuis sa création. (photo des co-fondateurs Kevin Primicerio, Simon de Kinkelin, et Lancelot Owczarczak)
Pianity
A l’heure où le streaming domine l’industrie musicale, au grand dam des petits artistes, une startup française propose à ces derniers de vendre leurs œuvres sous forme de NFT, des certificats de propriété inscrits sur un réseau informatique. Un support encore peu utilisé mais qui pourrait leur permettre de mieux se rémunérer.
Après les cassettes, les CD, le téléchargement et le streaming, passerons-nous à l'ère des NFT (jeton non fongible, des certificats de propriété enregistrés sur un réseau d'ordinateurs appelé blockchain)? C'est en tout cas l'ambition de la startup française Pianity.
Si le streaming domine aujourd'hui largement l'industrie musicale, il est souvent critiqué par les musiciens et accusé de précariser le métier d'artiste musical. La Société civile pour l'administration des droits des artistes et musiciens interprètes (Adami) estimait en 2021 qu'en France, sur un abonnement de streaming à 9,99 euros par mois, un artiste qui n'est pas son propre producteur, ne touche que 0,46 euros quand les intermédiaires (producteurs, maison de disques, plateformes de streaming) touchent 6,45 euros.
Un sérieux manque à gagner pour les artistes qui a poussé Simon de Kinkelin, jeune producteur de musique électronique à créer une alternative au streaming pour permettre aux musiciens de se rémunérer. L'entrepreneur a monté, avec Kevin Primiciero et Lancelot Owczarczak, deux anciens de l'école de codage 42, une plateforme de vente de NFT musicaux.
Le Sorare de la musique
Voilà comment Pianity a vu le jour, avec un lancement officiel en juillet dernier. Cette plateforme s'est inspirée de l'idée du site de vente de cartes numériques de joueurs de football « Sorare » pour l'adapter au monde de la musique. Sur ce site, un artiste peut créer un NFT et l'adosser à un morceau de musique qui pourra ensuite être acheté par les fans de l'artiste. Si ce dernier décide de ne publier son morceau que sous forme de NFT, seul le ou les fans qui détiendront ces certificats numériques pourront l'écouter.
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« Comme Sorare, les fans peuvent acheter des NFT en euros par carte bancaire puis les garder sur le site ou bien ils peuvent les acheter en cryptomonnaies puis les envoyer vers leur propre portefeuille crypto [un support permettant de garder des cryptos et des NFT sans dépendre d'une plateforme] », explique Kevin Primiciero, co-fondateur de Pianity. Si ce support a déjà défrayé la chronique quand il a été utilisé par Booba en novembre 2021, il reste très marginal dans le monde de la musique. Pianity a donc l'ambition de le démocratiser. Pour ce faire, la plateforme a choisi d'inscrire les NFT de ses artistes sur la blockchain « Arweave » « car elle permet de stocker des données comme des chansons, ce qui coûterait très cher sur une blockchain plus connue comme Ethereum », justifie le co-fondateur. Cette blockchain sera d'ailleurs aussi utilisée par Instagram pour stocker ses images numériques.
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