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3,1 milliards d'euros: la dette colossale de FTX à ses 50 plus gros créanciers

latribune.fr

Publié le 21 novembre 2022 à 07:06 - Mis à jour le 21 novembre 2022 à 07:34

Photo d'archives de l'illustration qui montre le logo ftx

Fondée en 2019 par Sam Bankman-Fried, FTX était rapidement devenue l'une des plus grosses plateformes du secteur et était considérée comme l'une des plus fiables.

DADO RUVIC

Le Quotidien Numérique

05 juin 2026

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La plateforme d'échange de cryptomonnaies, qui a déposé le bilan mi-novembre, doit environ 3,1 milliards de dollars à ses cinquante plus gros créanciers. Une liste et des montants qui pourraient potentiellement s'allonger en fonction de ce qu'il ressortira de la revue stratégique des actifs du groupe et de ses filiales, lancée par son nouveau patron John Ray III. Reste que, si le système crypto tout entier n'est pas en danger selon certains experts, la faillite de FTX a des conséquences sur les autres plateformes, qui ont dû suspendre certains retraits ces derniers jours.

On savait FTX en faillite depuis que le groupe a annoncé son dépôt de bilan le 11 novembre dernier. On connait désormais le montant de ses créances, du moins les plus importantes. Les sommes dues par la plateforme d'échanges de cryptomonnaies à ses 50 plus gros créanciers vont ainsi de 21 à 226 millions de dollars, selon un document judiciaire consulté ce dimanche par l'AFP. Leurs noms ne sont par contre pas dévoilés.

Fondée en 2019 par Sam Bankman-Fried, FTX était rapidement devenue l'une des plus grosses plateformes du secteur et était considérée comme l'une des plus fiables. Mais elle s'est effondrée début novembre en quelques jours après des rumeurs sur la fragilité de sa santé financière. L'entreprise n'a rapidement plus été en mesure début novembre de reverser à ses clients l'argent qu'ils y avaient déposé.

Dans la foulée de l'annonce de la faillite, le patron-fondateur a démissionné. Il a depuis été remplacé par John Ray III, qui a notamment supervisé au début des années 2000 la faillite de l'ancien géant énergétique américain Enron. Dans le document judiciaire, le nouveau dirigeant précise d'ailleurs que la liste des 50 plus gros créanciers et des sommes dues pourrait évoluer en fonction des informations qu'il parvient à récupérer dans le cadre d'une revue stratégique des actifs du groupe et de ses nombreuses filiales, lancée ce week-end.

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John Ray III veut en effet y voir plus clair dans son groupe et ses filiales. Cette revue stratégie a pour but de décider quoi vendre ou réorganiser. « L'une de nos priorités dans les semaines à venir sera d'explorer la possibilité de vendre, de recapitaliser ou d'engager d'autres transactions pour les filiales, et d'autres que nous identifierons potentiellement au fur et à mesure que nos travaux se poursuivront », a-t-il écrit dans un communiqué.

Le nouveau patron n'a pas été tendre avec son prédécesseur. La semaine dernière, il a fustigé sa gestion calamiteuse, estimant n'avoir « jamais vu [dans ma carrière] un échec aussi complet des mécanismes de contrôle d'une entreprise et une absence aussi flagrante d'informations financières fiables ». Il est toutefois apparu optimiste ce week-end dans son communiqué. « Sur la base de ce que nous avons observé depuis la semaine dernière, nous sommes ravis d'apprendre que de nombreuses filiales réglementées ou agréées de FTX, aux États-Unis et en dehors des États-Unis, ont des bilans comptables solvables, une gestion responsable et des franchises précieuses », fait-il savoir.

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John Ray III appelle par ailleurs les salariés, les fournisseurs, les clients, les régulateurs et les gouvernements, à être « patients » avec l'entreprise le temps que la restructuration soit mise en place.

Une première audience devant un juge des faillites de l'État du Delaware doit avoir lieu demain, mardi 22 novembre. FTX a notamment demandé la permission de mettre en place un nouveau système de gestion du cash et de payer certains fournisseurs dont les services sont essentiels pour le bon fonctionnement de la plateforme.

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Effet domino chez les crypto

Plusieurs plateformes de cryptomonnaies ont dû suspendre certains retraits ces derniers jours, victimes de la faillite de FTX. Dernier en date : le français Coinhouse qui a confirmé jeudi dernier à l'AFP avoir bloqué les sorties sur son livret crypto, présenté comme un produit d'épargne en cryptomonnaies. Dans une série de tweets, la plateforme a expliqué que certains sites partenaires à qui elle avait prêté des fonds avaient eux-mêmes interrompu les retraits pour leurs clients.

Un effet domino traverse ainsi le secteur, car parmi les partenaires de Coinhouse figurait notamment Genesis. Ce dernier avait confié des cryptomonnaies à Alameda, sorte de bras spéculatif de FTX. Coinhouse a évoqué « des tensions globales sur le marché crypto et une pression sur les liquidités ».

Même son de cloche du côté de Gemini, le vaisseau amiral des frères Winklevoss. Le groupe, également piégé par la défaillance de Genesis, a dû geler son programme Gemini Earn, qui permet, lui aussi, de placer ses cryptomonnaies, prêtées ensuite à d'autres contre rémunération. Selon le site CoinDesk, avant de fermer le robinet, Gemini avait enregistré, en 24 heures seulement, près de 600 millions de dollars de retraits contre moins de 100 millions de dépôts, un grave déséquilibre dû à la nervosité des utilisateurs, qui redoutent la contagion.

Quant à BlockFi, autre acteur de poids, il a lui figé l'ensemble de sa plateforme, qui gérait, fin juin, environ 3,9 milliards de dollars, répartis sur plus de 650.000 comptes.

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« C'est très inquiétant, parce que nous n'avons pas encore vu l'échelle de la contagion », commente Francesco Melpignano, directeur général de Kadena Eco, spécialisée dans la blockchain. Il compare d'ailleurs la faillite de FTX à celle de Lehman Brothers, qui en 2008 avait semé la panique sur les marchés, entraîné avec elle la chute de plusieurs banques et une crise financière mondiale.

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La directrice financière de Coinbase, l'un des géants du secteur, a toutefois estimé que le système crypto tout entier n'était pas en danger. « Mais il va falloir plusieurs jours ou semaines pour réaliser la contagion qu'a provoqué cet événement et comprendre qui était exposé », a expliqué Alesia Haas dans un entretien vidéo au Wall Street Journal.

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(Avec AFP)

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