Faut-il des « ingénieurs en prompt » pour profiter de la révolution de l'IA ?
Ce contenu est réservé aux abonnés La Tribune

Le prompt est la véritable révolution de la nouvelle vague d'intelligences artificielles.
DR
Ce contenu est réservé aux abonnés La Tribune

Le prompt est la véritable révolution de la nouvelle vague d'intelligences artificielles.
DR
Il suffit de quelques mots de l'utilisateur pour que ChatGPT écrive un poème ou que Midjourney crée une image originale. La nouvelle vague d'intelligences artificielles, dites génératives, a offert au grand public une capacité de production de contenu inédite non seulement par son étendue, mais aussi, et surtout, par son accessibilité. Plus besoin d'apprendre un langage informatique pour contrôler ces nouveaux outils : les IA génératives se commandent en langage naturel, par exemple dans la langue maternelle de l'utilisateur. Ce dernier n'a qu'à écrire un « prompt », c'est-à-dire une consigne d'une ou plusieurs phrases, pour que l'IA génère le contenu désiré. Une véritable révolution.
Mais le prompt n'a pas uniquement bouleversé l'accès aux IA : il s'avère également essentiel à la création d'usages industriels. « Le prompt permet de guider le modèle et de mettre en place des garde-fous », résume Philippe Limantour, CTO de Microsoft France. Sans prompt bien travaillé, les IA comme GPT-4 (OpenAI) ou LaMDA (Google), qualifiés de « généralistes », hallucinent trop souvent. Concrètement, elles mentent ou font des erreurs, entre 20% et 40% du temps (selon les sources) ce qui pose un problème critique pour les usages professionnels.
Cette tendance à l'hallucination a une explication connue : les modèles sont entraînés sur des milliards de phrases, piochées un peu partout sur le web, afin d'affiner leur compréhension du langage. Mais les développeurs ne vérifient pas la qualité de ces données, qui peuvent par exemple comprendre des théories du complot ou des résultats mathématiques faux. Résultat : GPT-4 et consorts excellent dans la compréhension du langage et dans la construction de phrases, mais ils répondent (trop) souvent à côté de la plaque.
À lire également
« Pour un usage industriel, il faut transformer le modèle généraliste en modèle spécialiste. Il faut l'entraîner sur des tâches précises, dans un cadre restreint, et le nourrir d'une expertise validée par l'entreprise », conseille Stéphane Roder, président et co-fondateur du cabinet de conseil AI Builders, spécialisé en intelligence artificielle. Or, tout ce processus peut désormais passer par le prompt. Par exemple, un assureur peut nourrir l'IA avec sa police d'assurance par le biais du prompt, puis ensuite lui demander de l'utiliser comme unique source fiable. L'IA pourra ainsi extraire à la demande des téléconseillers les passages de la police applicables au cas du client.
Un incident majeur toutes les deux heures : les risques cyber explosent dans la finance européenne
448 TWh d'électricité par an, 4.500 milliards de litres d’eau : les coûts cachés de la révolution de l’IA
Meta recule sur son outil de surveillance des salariés pour entraîner son IA
Bruxelles dévoile son grand plan pour la souveraineté technologique, avec des instruments encore timides