L'IA, toujours la grande absente du dialogue social
Marine Protais
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En 2023, une entreprise a justifié un plan social massif par le remplacement des humains par l'IA générative.
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En 2023, une entreprise a justifié un plan social massif par le remplacement des humains par l'IA générative.
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En septembre 2023, Onclusive a licencié la moitié de ses salariés en France. Pour la première fois dans l'Hexagone, une entreprise a justifié un plan social massif par le remplacement des humains par l'IA générative. Ce PSE, annoncé de manière abrupte, illustre à quel point le déploiement de l'IA s'accompagne de peu de dialogue social.
Plus d'un an plus tard, peu de progrès ont été réalisés, ont déploré des représentants syndicaux lors d'une conférence de presse, mardi 7 janvier. Pour pallier cet écueil, ils ont présenté un manifeste et une série de documents pratiques baptisés « DIAL IA », fruit de 18 mois de recherche.
Ce projet, porté par l'Institut de recherches économiques et sociales (IRES) et quatre organisations syndicales (CFDT, CGT, CFE-CGC et FO), vise à fournir aux délégués du personnel « une grammaire commune » et « un éventail d'outils ». Parmi les leviers proposés : la création d'un registre des IA utilisées dans les entreprises, une liste de questions à poser aux employeurs, et des outils juridiques pour encadrer leur déploiement.
« L'intelligence artificielle n'est pas encore perçue comme un sujet social. Beaucoup de salariés ne savent même pas qu'ils travaillent avec », souligne Charles Parmentier, chargé des transformations du travail à la CFDT. Depuis 2017, moins d'un accord sur mille mentionne l'IA, selon une étude du Centre d'études de l'emploi et du travail (CEET) publiée en octobre 2024.
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Plusieurs facteurs expliquent ce faible taux. D'abord, l'IA est souvent entrée par la petite porte dans les entreprises, introduite par les salariés eux-mêmes via des outils comme ChatGPT, parfois à l'insu de leurs employeurs. Ce phénomène, parfois appelé « shadow AI », complique sa détection et son encadrement par les représentants syndicaux. Ensuite, ajoute Charles Parmentier, « les employeurs exploitent l'apparente complexité de l'IA pour éviter d'en discuter avec les salariés, s'abritant derrière un certain déterminisme technologique ». De plus, les entreprises adoptent parfois des solutions prêtes à l'emploi, comme CoPilot de Microsoft, sans réelle stratégie. « Les salariés doivent se sentir légitimes à interroger ces technologies », insiste-t-il.
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Marine Protais
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