... générative type ChatGPT.
Jeudi 14 septembre,16h heure française. Une grande partie des quelque 1.500 employés d'Onclusive à travers le monde se connectent en visioconférence pour entendre le grand patron, l'Américain Rob Stone, dérouler le nouveau virage stratégique de l'entreprise. Pour repérer les salariés français, c'est facile : ce sont ceux avec le visage fermé. Assommés. La veille, tous ont « pris un coup de matraque sur la tête », d'après les nombreux témoignages recueillis par La Tribune, quand la direction France leur a annoncé un plan social massif. 217 des 383 salariés de la branche française, installés à Courbevoie (Hauts-de-Seine), vont perdre leur emploi dans les prochains mois. Soit plus de la moitié de l'effectif tricolore, et tout de même 15% de l'effectif global. Ils seront remplacés par une intelligence artificielle, censée effectuer plus rapidement et plus efficacement leurs tâches de veille médiatique et de synthèse. C'est une première pour une entreprise de cette importance. Et une conséquence inquiétante de la montée en puissance de l'intelligence artificielle générative, incarnée par ChatGPT (OpenAI), Bard (Google) ou encore Llama (Meta).
Attention. Pour la direction, pas question de parler de « licenciements », ou de « suppressions d'emplois ». « Ne nous faites pas de coup de pute ! », a même mis en garde la direction aux délégués du personnel. L'entreprise préfère présenter cette réduction drastique de la masse salariale comme une « opportunité de développement », qui permettra de « concentrer la valeur humaine là où elle compte vraiment ». L'équipe dirigeante a même inventé un nouvel euphémisme : ne dites plus « plan social » mais « projet de mutation technologique » (PMT). Ce nouveau terme s'imposera-t-il dans le langage corporate, aux côtés du paradoxal « plan de sauvegarde de l'emploi » (PSE), au fur et à mesure que d'autres entreprises utiliseront l'intelligence artificielle pour la substituer aux métiers les plus automatisables ?