Le scénariste du « Bureau des légendes » imagine une cyberattaque catastrophe dans un film de prévention

Bogdan Bodnar
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Photo d'illustration.
Predictive

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Le message passe mieux lorsqu'il est porté par l'art. Le 12 juin, un court-métrage d'une douzaine de minutes a été diffusé au Campus Cyber, un lieu stratégique réunissant les principaux acteurs français de la cybersécurité. La projection s'est déroulée devant un public composé de représentants de grandes entreprises telles qu'Airbus, Renault, Thales, Safran ou encore le Crédit agricole.
Dans une esthétique froide et bleutée, empruntées aux codes du thriller contemporain, le film met en scène une crise d'entreprise sur fond de cyberattaque, au cours de laquelle plane la menace d'une catastrophe écologique, tandis que la tension monte à chaque minute. On y retrouve des dialogues de bureau très français, dans la veine de ceux qu'on pouvait entendre dans Le Bureau des légendes. Et pour cause : le scénario est signé Thomas Bidegain, l'un des auteurs de la célèbre série sur le renseignement français.
Constatant le manque d'efficacité des campagnes traditionnelles de prévention, telles que les simulations de phishing, les formations en open space ou les affiches de sensibilisation, les concepteurs du projet cherchaient un levier plus puissant pour interpeller les hauts responsables. L'idée de recourir à la fiction s'impose alors pour Thierry Happe, fondateur et président d'Open C Future, à l'origine du Predictive Cyberlab. « Un ancien directeur de l'Anssi [Agence nationale de la sécurité des systèmes d'information] m'avait confié que les recrutements dans la cybersécurité avaient fortement augmenté après la diffusion du Bureau des légendes. J'ai pensé qu'un court-métrage pourrait produire un effet comparable pour la prévention », explique-t-il. « Se prémunir des cyberattaques, c'est aussi un enjeu psychologique. Même quand toutes les procédures sont respectées, les vulnérabilités humaines subsistent », insiste-t-il.
Puisque la recette a déjà fait ses preuves dans le renseignement, le même cuisinier a été sollicité. Thomas Bidegain a accepté d'écrire ce court récit de crise, mis en images par le réalisateur Yannick Muller, séduit par l'angle proposé. « Ce qui m'a intéressé, c'est qu'on adopte ici le point de vue des victimes. Même d'un point de vue scénaristique, c'est plus fort : suivre une attaque du côté de ceux qui en subissent les conséquences permet de créer une autre forme d'empathie, peut-être plus accessible pour le spectateur », raconte-t-il.
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