Après Hollywood, est-ce au tour des auteurs et artistes français de faire valoir leurs droits face aux IA génératives ? Selon une étude de la Société des gens de lettres (SGDL) et de la Société des auteurs dans les arts graphiques et plastiques (Adagp), une majorité (60 %) se sent menacée. Et plus problématique encore : certains verraient déjà leur activité baisser à cause de la concurrence des contenus synthétiques.
Les métiers de l'écrit et de l'illustration sont souvent cités comme « les plus exposés » dans les rapports des cabinets de conseil mesurant l'impact de l'intelligence artificielle générative sur l'emploi. Mais jusqu'alors, il n'existait pas tellement de chiffres mesurant les effets déjà perceptibles de cette révolution sur les pratiques et revenus des artistes et auteurs.
De fin mai à fin juin 2024, 1.614 personnes ont répondu à un questionnaire envoyé par les deux organisations. Les chiffres montrent une forme d'anxiété vis-à-vis de cette nouvelle technologie. Seuls 19 % y voient une opportunité.
Le ressenti varie entre les différentes professions. Les illustrateurs de bande dessinée et les traducteurs seraient les plus pessimistes. 78 % des illustrateurs et auteurs de bande dessinée sont inquiets, contre 52 % des artistes plasticiens. Seulement 11 % des traducteurs voient dans l'IA une opportunité. « C'est assez logique, car c'est l'une des premières professions chamboulées par l'intelligence artificielle », remarque Patrice Locmant, directeur général de la SGDL.