Télétravail : Wisper, petit Citrix français, se sent pousser des ailes

Spécialisée dans la mise en place de postes de travail virtuels, cette PME normande leader français dans sa spécialité surfe sur le boom du télétravail qu’a provoqué la crise sanitaire. Ses solutions agiles et plus économes que celle de ses grands concurrents américains gagnent à être connues.

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La solution CeBox conçue par Wisper pour virtualiser  les postes de travail se développe à la faveur de la généralisation du nomadisme professionnel.
La solution CeBox conçue par Wisper pour virtualiser les postes de travail se développe à la faveur de la généralisation du nomadisme professionnel. (Crédits : Wisper)

« C'est comme pour les adresses des bons restaurants qu'on se refile entre initiés », écrit à son propos le magazine professionnel En Contact, spécialisé dans la relation client. Challenger discret des américains Citrix et VM Ware, le groupe rouennais Wisper (chuchoter en anglais) fait parler de lui dans le petit monde des DSI. Il faut dire que son expertise dans la création de postes de travail virtuels entre en résonance avec leurs préoccupations du moment, à commencer par le développement sans précédent du télétravail. « Notre métier est d'aplanir toutes les difficultés techniques qui entravent le travail à distance afin que les entreprises puissent se concentrer sur les énormes enjeux humains et sociaux que suppose l'essor du nomadisme et du multi-sites », résume Jean-Marc Gonon, son PDG.

La botte secrète de Wisper (100 collaborateurs et 900 clients) s'appelle ceBox, une solution logicielle sans aucune infrastructure adossée à un PC et un boitier Intel d'une quinzaine de centimètres de côté qui vient remplacer l'unité centrale de l'ordinateur : le client lourd dans le jargon. Ultra flexible, elle permet à une PME ou à une ETI de dupliquer à l'identique l'environnement de travail numérique de centaines de collaborateurs quel que soit l'endroit où ceux-ci se trouvent sur la planète. Atout maître, l'administration du système est centralisée. En clair, les directions informatiques peuvent piloter à distance en quelques clics et en simultané les mises à jour, l'installation de nouvelles fonctionnalités, l'implantation de patchs de sécurité... sur l'ensemble de leur parc informatique. « En allumant leur ordinateur, les utilisateurs distants sont certains d'avoir exactement les mêmes applis, les mêmes sauvegardes et la même sécurité que s'ils se trouvaient au siège », vante Jean-Marc Gonon.

Une solution éco-responsable et sécurisée

Côté coût, l'écosystème ceBox, qui est commercialisé uniquement sur abonnement donc sans investissement, revendique une économie de l'ordre de 20% à 40% sur les offres de virtualisation concurrentes. Emancipée des très énergivores infrastructures réseaux, la solution rouennaise se flatte en effet de générer une réduction de la facture énergétique de l'ordre de 80%. « Sur cinq ans, la baisse peut atteindre un million d'euros pour un millier de postes de travail », assure-t-on en interne. Alors que la recrudescence des cyberattaques et demande de rançons replace la problématique de la sécurité et de la souveraineté au cœur des débats, Wisper garantit aussi  à ses clients de disposer d'un parc vierge de tout malware  grâce à un dispositif innovant (dit « read only ») présenté comme unique en son genre. Lequel promet aux utilisateurs « de retrouver un PC neuf à chaque redémarrage », aucun flux de données ne circulant dans le système.

En croissance de 20% l'an dernier, l'entreprise normande cherche aujourd'hui à affermir ses positions à l'étranger, notamment dans les centres d'appel où elle jouit d'une solide rente de situation depuis le rachat en 2020 de Xivo, éditeur français  de la première solution Open Source de téléphonie sur IP sans coût de licence. Déjà implantée au Maroc et en Tchéquie (à la faveur d'une opération de croissance externe), elle a ouvert en janvier dernier des bureaux à Londres et Bruxelles et se prépare à poser le pied en Espagne, cinquième acteur mondial des centres d'appel. Elle a par ailleurs été sélectionnée par la BPI pour participer au programme d'accélération « Impact Germany » qui pourrait lui ouvrir des portes au pays d'Angela Merkel. En France où elle est présente à Rouen, Lyon, Toulouse et Paris, elle entend bien surfer sur le boom du télétravail avec l'ambition de tripler son chiffre d'affaires (qui vient de passer le cap symbolique des dix millions d'euros) tous les trois ans. Le caractère souverain de sa technologie ne devrait pas lui nuire.

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Commentaire 1
à écrit le 02/09/2021 à 9:54
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Suite métaverse ? Ces patrons qui vont la prestation a plus de 3000 euros pour supprimer des postes et ne pas payer des anciennetés de 20 ans et plus grace a loi de travail de El komeri et les spécialistes de raseurs de quartiers ( vals…) Pour augm...

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