Ces buralistes picards qui se font banquiers "low cost"

latribune.fr

latribune.fr
Comment attirer de nouveaux clients malgré la hausse des prix du tabac ? En Picardie, les buralistes ont trouvé la réponse : devenir banquiers grâce au "Compte Nickel", le compte bancaire low-cost disponible dans les bureaux de tabac.
Les dossiers s'entassent sur les bureaux de la Banque de France pour obtenir le précieux agrément qui permettra aux bureaux de tabac de proposer des comptes en banque "Nickel", ces comptes low-cost disponibles uniquement chez votre marchand de journaux. Pour l'instant, seule une poignée de buralistes en région parisienne ont obtenu le précieux sésame qui leur a permis d'enfiler le costume de banquier.
Dans le département de la Somme, la moitié d'entre eux sont demandeurs. Ils seraient une soixantaine dans les deux autres départements de la région picarde, l'Oise et l'Aisne. Le Courrier Picard cite Martine Dussaule, représentante des buralistes de l'Oise : "ça démarre très fort". Et le président de la chambre professionnelle des buralistes de l'Aisne de renchérir : selon lui, 70 % des marchands de tabac pourraient rejoindre le réseau Nickel dans les deux prochaines années.
L'avantage pour ces derniers ? "Un client équipé d'un compte nous prendra plus facilement un journal, un paquet de cigarettes ou un café", explique Bruno Segard, buraliste à Saint Quentin dans l'Aisne interrogé par le Courrier Picard. Lui aussi s'est empressé de faire sa demande auprès de la Banque de France. Un moyen de contrer la concurrence des pays frontaliers et de l'e-cigarette, sur laquelle les buralistes n'ont pas le monopole.
Mais il s'agit aussi de répondre à la hausse des prix du tabac. En janvier, le prix du paquet de cigarettes, toutes marques confondues, a en effet augmenté de 20 centimes. La dernière d'une longue liste d'augmentations, qui expliqueraient en partie le déclin de la consommation de tabac en 2013, selon l 'Observatoire français des drogues et toxicomanies.
Chaque jour à 13h, l’essentiel de l’actualité tech.

A Saint Quentin, Céline Lallement, salariée de 40 ans, se réjouit d'abandonner sa banque au profit de son buraliste : "Elle nous casse les pieds avec les frais, les prélèvements, sans qu'on sache pourquoi, sans explication" a-t-elle déploré face aux journalistes du Courrier Picard. Pour les clients, c'est la garantie d'un compte en banque à moindre frais (34€ par an en moyenne, loin des frais liés à un compte en banque "traditionnel"), sans conditions de revenus ni de dépôts.
En contrepartie, les retraits sont limités et les services se résument au strict minimum : une carte de paiement, mais pas de chéquier ni de crédit. Les découverts sont également impossibles.
Idéal pour les interdits bancaires ou les étudiants, le "Compte Nickel" suscite cependant quelques réticences. Jérôme Villin, patron du Bar du Palais à Saint-Quentin, s'inquiète pour la sécurité des buralistes : "Le risque des liquidités me dissuade un peu. Qui va assurer l'argent ? C'est nous. Le risque est là." Le gérant ne voit pas l'utilité du dispositif en-dehors des zones rurales : "en campagne, c'est bien (…) mais moi je suis entouré de banques".
À lire également
Pourtant, 5 000 comptes ont déjà été ouverts chez les marchands de journaux français. Cet engouement des clients rejoint donc celui des buralistes, qui sont près d'un millier à attendre leur agrément pour devenir des banquiers de proximité.
latribune.fr
Un incident majeur toutes les deux heures : les risques cyber explosent dans la finance européenne
448 TWh d'électricité par an, 4.500 milliards de litres d’eau : les coûts cachés de la révolution de l’IA
Meta recule sur son outil de surveillance des salariés pour entraîner son IA
Bruxelles dévoile son grand plan pour la souveraineté technologique, avec des instruments encore timides