Caroline Cochet, la créatrice des "feuilles de fruits"

Alexandre Léoty

Alexandre Léoty
C'est avec un large sourire que Caroline Cochet a présenté sur scène ses fameuses « feuilles » de fruits au public de Biznext, à Toulouse, en décembre dernier, alors qu'elle recevait le trophée du Jeune talent, remis par La Tribune Toulouse. Celle que ses proches décrivent comme « curieuse », « pugnace » et même parfois un peu « gonflée », sait que le chemin sera long pour imposer son invention.
Tout a pourtant commencé très loin des fourneaux pour la jeune Toulousaine.
Après avoir usé pendant trois ans les bancs du lycée Fermat, à Toulouse, elle décroche en 2005 son baccalauréat scientifique. Direction l'université Paul Sabatier, section biologie moléculaire. Un choix résolument scientifique qui résonne pour la jeune femme comme une évidence.
Après deux premières années passées à suivre un programme bien trop généraliste à son goût - « Nous avons même étudié le système digestif du polype, c'est dire ! » -, elle fait le point sur ce qu'elle souhaite véritablement faire de sa vie.
« L'équation a finalement été assez simple », s'amuse-t-elle. Elle s'inscrit alors en licence professionnelle « Qualité et sécurité sanitaire des aliments », à Auch. Et à la faveur d'un stage en entreprise, elle découvre, une fois de plus portée par sa curiosité naturelle, les coulisses d'un département R&D.
La jeune femme boucle alors ses valises, direction Quimper et le master professionnel « Innovation en industries alimentaires ». Un exil finistérien qui prendra fin en 2010.
La jeune femme s'offrira donc une parenthèse au sein de la société Sud'n'Sol, à Agen. Une PME spécialisée dans les tomates et les légumes marinés.
Une expérience formatrice qui la pousse à répondre à la fin 2013 à l'appel de l'entrepreneuriat, en créant la société CD Fruits. Objectif : développer et commercialiser les Folions, ces « feuilles » de fruits nées de son imagination.
Chaque jour à 13h, l’essentiel de l’actualité tech.

Deux ans plus tard, la société compte deux salariés et enregistre 50.000 euros de chiffre d'affaires. Elle commercialise ses Folions auprès de chefs cuisiniers, de traiteurs, de pâtissiers et de distributeurs, y compris à l'international.
La jeune dirigeante s'est fixé un objectif : atteindre les 150.000 euros de chiffre d'affaires cette année.
Un trait de caractère que lui reconnaît bien volontiers Laurence Arnould-Rouzeval, directrice du Réseau Entreprendre Midi-Pyrénées, qui l'accompagne depuis 2014 :
Un état d'esprit partagé par le Gersois André Daguin, ancien chef doublement étoilé et ancien président du puissant syndicat des hôteliers-restaurateurs, l'UMIH, qui accompagne la jeune femme depuis ses débuts.
Et en la matière, l'homme sait de quoi il parle, lui qui est considéré comme « l'inventeur » du magret de canard. Pour la jeune cheffe d'entreprise, cette figure incontournable du Sud-Ouest a accepté d'ouvrir son épais carnet d'adresses. Sans se faire prier.
_______
MODE D'EMPLOI
TIME LINE
Alexandre Léoty