ENTRETIEN. Le Consumer Electronics Show ouvre ses portes le 7 janvier à Las Vegas dans le contexte du retour programmé de Donald Trump. Le directeur général délégué à l'export chez Business France, Didier Boulogne, explique à La Tribune pourquoi ce rendez-vous reste incontournable pour les start-up françaises, malgré le rétrécissement de la délégation.
LA TRIBUNE - Le CES va se dérouler dans un contexte politique particulier aux États-Unis, avec la victoire de Donald Trump à l'élection présidentielle et la présence d'Elon Musk à ses côtés. Est-ce de bon ou mauvais augure pour la French Tech ?
DIDIER BOULOGNE - Pour l'instant, c'est business as usual. Le président élu, Donald Trump, n'a pas encore été investi, même s'il est vrai que la présence d'Elon Musk agite pas mal d'idées dans tous les sens. Ce qui nous inquiète à ce stade, c'est l'intention affichée [NDLR : à travers la nomination d'Elon Musk à la tête d'un ministère de « l'efficacité gouvernementale »] de tailler dans le vif de l'administration américaine, ce qui pourrait, dans un premier temps, conduire à des ralentissements des procédures.
Par ailleurs, l'Inflation Reduction Act [NDLR : qui prévoit que les subventions ne soient versées qu'aux entreprises qui fabriquent leurs produits aux États-Unis] voté sous le mandat de Joe Biden, continue d'inciter fortement les entreprises françaises à avoir un pied aux États-Unis. Et Trump risque d'aller dans ce sens, lui aussi.
Business France, dont le rôle est d'accompagner nos entreprises à s'exporter, s'inscrit dans cette logique. Nous avons des produits qui permettent d'y répondre. Quoi qu'il en soit, tout cela reste pour le moment de l'ordre de la conjecture. Mais je n'ai aucun doute sur le fait que le marché américain, qui demeure le plus demandé par nos entreprises, restera très attractif.
Pourtant, le nombre de start-up qui partent pour représenter la France est en baisse cette année...
C'est vrai que nous étions montés à presque 200 avant le Covid-19. Cette année, environ 110 entreprises feront le déplacement, dont 100 start-up. Mais nous restons tout de même la deuxième délégation étrangère après la Corée du Sud.
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2024 n'a pas été une année fantastique pour les start-up françaises, notamment en matière de levées de fonds. Cela a occasionné un petit écrémage, d'autant plus qu'une participation au CES coûte cher.