En Chine, travailler plus pour gagner plus en mode « 996 »

Chunyan Li
Ce contenu est réservé aux abonnés La Tribune

Alibaba
Reuters

Chunyan Li
Ce contenu est réservé aux abonnés La Tribune

Alibaba
Reuters
Récemment, le « 996 » dans le secteur Internet en Chine - travailler de 9 heures du matin à 9 heures du soir, et ce pendant 6 jours par semaine - a suscité de vifs débats qui ont pris une ampleur inédite dans le pays. Les plaintes contre ce rythme de travail sont d'abord apparues sur GitHub, site de partage de code informatique. Quelques personnages connus du numérique chinois, comme Jack Ma, fondateur d'Alibaba, ou Richard Liu, patron de JD.com, ont loué les bienfaits du « 996 » ou souligné l'importance d'être diligent et de se battre pour ses ambitions. Même s'ils ont également précisé que cela doit être un choix volontaire, leurs propos ont attiré les critiques de nombreux Chinois : « C'est de l'exploitation capitaliste », « Être collaborateur ou propriétaire d'une entreprise, c'est différent », ou encore, « On a aussi besoin de temps pour bien s'occuper de sa famille ! »...
Les autorités chinoises, quant à elles, ont rappelé que le droit des travailleurs doit être respecté et que le succès ne doit pas être acquis au détriment de la santé. En réalité, le « 996 », qui va à l'encontre de la loi du travail en Chine, est là-bas une pratique répandue dans les secteurs de l'Internet et de la high-tech. De plus, le travail effectué au cours des heures supplémentaires n'est pas toujours assez, ou même pas du tout, rémunéré.
D'une part, le travail et les efforts sont très valorisés dans la culture chinoise, comme l'illustre une expression chinoise Tian dào chóu qín, « le travail assidu sera toujours récompensé » ; ou Duo láo duo dé, « travailler plus pour gagner plus » (formule reprise en France par Nicolas Sarkozy). La concurrence reste d'ailleurs acharnée en Chine, du fait de sa grande population. S'y ajoute une forte pression sociale pour bien réussir dans sa vie, surtout à cause du prix excessif de l'immobilier, de l'éducation des enfants, qui peut être très coûteuse, et du système d'assurance maladie qui ne couvre pas encore l'ensemble des frais médicaux ni tout le monde.
Chunyan Li
En Chine, l’IA détruit déjà des emplois (mais Pékin traque les licenciements massifs)
1 765 milliards de dollars : SpaceX s'apprête à signer l'entrée en Bourse de tous les records
Positions irréconciliables entre Bruxelles et Apple, l'arrivée de Siri AI en Europe encore loin d'être acquise
Tye Brady (Amazon) : les robots du futur « se fondront dans le décor »