1 765 milliards de dollars : SpaceX s'apprête à signer l'entrée en Bourse de tous les records

L'IPO de SpaceX, attendue ce vendredi 12 juin, devrait se révéler record.
© Infographie : Agathe Perrier, La Tribune / Photo : REUTERS/Steve Nesius

L'IPO de SpaceX, attendue ce vendredi 12 juin, devrait se révéler record.
© Infographie : Agathe Perrier, La Tribune / Photo : REUTERS/Steve Nesius
Elon Musk va-t-il réussir la plus grande entrée en Bourse de l’histoire avec SpaceX ? La réponse est attendue ce vendredi, date fixée pour l'arrivée du groupe sur le Nasdaq à Wall Street. Son dirigeant espère obtenir 75 milliards de dollars (65 milliards d’euros) pour financer ses projets, à son image, un peu fous – des centres de données dans l’espace et une présence humaine permanente sur Mars, entre autres.
Une somme qu’il devrait réussir à lever sans encombre. Le taux de sursouscription de l'opération se situe entre 3,5 et 4 fois la taille de l’offre prévue, selon des sources proches du dossier approchées par l’agence de presse Reuters. La demande de la part des investisseurs aurait atteint mardi plus de 250 milliards de dollars, ajoutant un peu plus d’extraordinaire à une IPO déjà hors norme.
Aucune entreprise n’a jusqu’ici tenté une telle collecte de capitaux dès son arrivée sur les marchés financiers. Le précédent record est détenu depuis 2019 par le géant pétrolier saoudien Saudi Aramco, qui avait amassé 25,6 milliards de dollars à la Bourse de Ryad. Un montant près de trois fois inférieur à celui de SpaceX mais qui, à l’époque, dépassait de près de quatre milliards l’introduction historique du géant chinois Alibaba remontant à 2014 (21,8 milliards de dollars).
SpaceX serait en outre la première société spatiale à faire une entrée aussi fracassante en Bourse. Dans le « top 10 » actuel, la moitié des entreprises ayant levé une très grosse somme font partie du secteur de la banque et des assurances.

À noter que deux opérations figurant toujours parmi les plus importantes de l’histoire remontent à la fin du siècle dernier. L'opérateur japonais de téléphonie mobile NTT a fait ses premiers pas à la Bourse de Tokyo en octobre 1998, fort de 18,1 milliards de dollars. Et l’année d’après, Enel, le géant italien de l’énergie, lui a emboîté le pas à Milan et New York avec 16,5 milliards de dollars. Des montants d’autant plus astronomiques compte tenu de la moindre place qu’occupaient alors les marchés financiers.
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Ces 75 milliards de dollars devraient valoriser SpaceX autour de 1 765 milliards de dollars, propulsant la société spatiale parmi les poids lourds de Wall Street. Elle s’afficherait à la huitième place des capitalisations boursières les plus élevées, au coude-à-coude avec Saudi Aramco et devant Tesla, l’une des autres entités de la galaxie d’Elon Musk.

Certaines voix s’élèvent toutefois quant à cette valorisation jugée trop généreuse. À titre d’exemple, le cabinet d’analyse Morningstar estime la juste valeur du groupe autour de 780 milliards de dollars, largement moitié moins.
En effet, la situation actuelle de SpaceX ne cadre pas avec le montant qu’elle pourrait atteindre. L’entreprise grossit certes vite, mais elle perd de l’argent. Le chiffre d’affaires a en outre grimpé de 33 % sur un an en 2025, atteignant 18,7 milliards de dollars, mais les coûts ont bondi plus vite encore, creusant une perte nette de 4,9 milliards de dollars.
SpaceX reconnaît d’ailleurs un « niveau d'endettement élevé » susceptible d’avoir « un impact négatif significatif » sur sa situation financière. Le groupe s’affiche toutefois confiant dans l’avenir, convaincu que ses projets lui permettront d’engranger un pactole.
Si le record en passe d’être décroché par SpaceX risque d’être difficile à battre, d’autres mastodontes devraient l’imiter. Les deux fleurons américains de l'intelligence artificielle, OpenAI, le créateur de ChatGPT, et Anthropic, derrière Claude, ont chacun déposé au début de ce mois de juin leur projet confidentiel d’introduction en Bourse.
Tous deux ont une valorisation qui s’approche des 1 000 milliards de dollars et sont déjà très attendus par les investisseurs des marchés. « Très souvent, ces entreprises (...) très médiatisées suscitent beaucoup d'enthousiasme », reconnaît Adam Sarhan, du cabinet 50 Park Investments, auprès de l’AFP. Et de tempérer : « Leur cours s'effondre au cours des six premiers mois ou des douze premiers mois. »
SpaceX y échappera-t-elle ? Nul doute que son cas sera suivi à la loupe et nourrira ou modérera les appétits des champions de la tech.
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