L'ex-champion des drones Parrot ne sera pas rentable en 2018, OPA en vue

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Le champion hexagonal des drones visait ainsi 35 millions d'euros lors des trois derniers mois de 2018, mais il s'attend désormais à seulement 31 millions d'euros.
Le champion hexagonal des drones visait ainsi 35 millions d'euros lors des trois derniers mois de 2018, mais il s'attend désormais à seulement 31 millions d'euros. (Crédits : © Rick Wilking / Reuters)
Quelques mois après l'annonce du licenciement de 100 employés, l'ex-star des drones grand-public Parrot a annoncé mardi qu'il n'atteindrait pas ses objectifs de chiffre d'affaires au 4e trimestre 2018 ni de rentabilité sur l'année. Son PDG et fondateur Henri Seydoux va pouvoir renforcer sa présence au capital.

Démocratiser les drones pour le grand-public est plus compliqué que Parrot l'avait prévu. En marge de ses résultats financiers du quatrième trimestre 2018, le fabricant français a annoncé qu'il n'atteindra pas ses objectifs de chiffre d'affaire sur l'année, et s'apprête à clôturer un exercice 2018 dans le rouge.

109 millions d'euros de chiffre d'affaires, une baisse de 28% sur un an

Le champion hexagonal des drones visait ainsi 35 millions d'euros lors des trois derniers mois de 2018, mais il s'attend désormais à seulement 31 millions d'euros. La faute, d'après le groupe dans un communiqué, à  "un contexte de baisse prononcée du marché des drones grand public".

Cette mauvaise nouvelle en appelle d'autres. Alors que les résultats annuels audités et arrêtés par le conseil d'administration seront publiés le 15 mars, Parrot anticipe un chiffre d'affaires annuel de 109 millions d'euros, soit une baisse de 28% par rapport à 2017. Sa marge brute devrait afficher un recul d'environ 33%, contre 34% en 2017. "Ce taux tient compte de la faiblesse actuelle du marché grand public et masque les bonnes marges dégagées par les filiales et activités professionnelles", précise l'entreprise.

Effectivement, le chiffre d'affaires des drones grand public reculerait d'environ 32% (53 millions d'euros), tandis que celui des équipements, des  logiciels et des services professionnels augmenterait de 5% pour atteindre 44 millions d'euros. Autrement dit : Parrot dépend trop de son business grand-public.

L'OPA du fondateur Henri Seydoux en bonne voie

Dans le même temps, le conseil d'administration de Parrot a émis un avis favorable concernant le projet d'OPA déclenché par le rachat de 9,59% de son capital par son PDG et principal actionnaire Henri Seydoux fin novembre 2018. Ce dernier a ainsi porté sa part à 45,69% du capital. Le conseil d'administration de Parrot a considéré que le projet d'offre publique d'achat (OPA) présenté fin novembre via sa holding Horizon, "est conforme aux intérêts de Parrot, de ses actionnaires et de ses salariés".

Le projet d'offre se situe à 3,20 euros par action Parrot, à 0,01 euro par BSA de tranche 1 et à 0,01 euro par BSA de tranche 2. Il a été "recommandé aux actionnaires et porteurs de BSA d'apporter leurs titres à l'offre", précise le communiqué. La banque Rothschild Martin Morel, chargée de l'opération, doit soumettre le projet ce mardi à l'Autorité des Marchés Financiers.

L'avertissement sur résultats de Parrot n'est pas une surprise. Le fabricant de drones avait annoncé le 23 novembre la suppression d'une centaine d'emplois, du fait d'une baisse importante du marché grand public et de la puissance de la concurrence, notamment le chinois DJI, dont la part de marché dépasse aujourd'hui les 70%. L'entreprise est en difficultés depuis au moins deux ans, même si elle conserve une trésorerie de 160 millions d'euros. Henri Seydoux aura donc fort à faire pour replacer Parrot dans la course à l'innovation, ce qui est un paradoxe puisque la startup a largement contribué à créer le marché des drones quadricoptères grand-public il y a quelques années... avant de se faire doubler.

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a écrit le 29/01/2019 à 18:55 :
Le problème des drones est qu'ils crashent ou se perdent trop facilement. Personne n'a envie de perdre queques dizaines voire centaines d'euros en quelques minutes.
Tant que ce problème central ne sera pas résolu les drones resteront un jouet hyper frustrant et il sera illusoire de multiplier les autres atouts (qualité d'image, stabilité, autonomie, etc).
Je n'achèterais pas de parts sociales d'un constructeur de drones, quel qu'il soit, qui n'afficherait pas des progrès majeurs en matière de solidité/récupération.
a écrit le 29/01/2019 à 13:46 :
La trajectoire de Parrot est une déception. Ils ont développé une marque rapidement et de manière efficace, mais ils n'ont pas réussi à s'imposer sur le marché en créant des gammes de produits comme DJI.
a écrit le 29/01/2019 à 13:01 :
L'économie financière est en bout de course, chaque nouveau domaine de vente brandi par les médias de masse au final ne se trouve être que des marchés de niches atteignant rapidement leur maturité et donc vite bouchés.

"du fait d'une baisse importante du marché grand public et de la puissance de la concurrence, notamment le chinois DJI"

EN ces temps d'effondrement de l’environnement et des conditions de vies humaines du fait de l'avidité des mégas riches de la planète il serait quand même temps de se demander si le dumping chinois est toujours à valider puisque les prix qu'ils proposent ne prenant jamais en compte le cout, environnemental et financier, du transport dont le carburant n'est jamais taxé lui en plus.

Cette économie oligarchique n'a plus de raison d'être à l'ère d’internet où toutes les magouilles sur lesquelles elle se reposait se voient pour la plupart d'entre elles et nous explosent à la figure.

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