Marianne Tordeux-Bitker, la lobbyiste qui monte
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Marianne Tordeux Bitker lors de la remise d'un rapport du CESE
Katrin Baumann
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Marianne Tordeux Bitker lors de la remise d'un rapport du CESE
Katrin Baumann
Le 30 mai dernier, la Commission européenne a exaucé (presque) tous les vœux de la start-up nation. Ursula von der Leyen, présidente de la Commission européenne, a annoncé une série de mesures visant à simplifier l'accès au financement, faciliter la reconnaissance des qualifications des différents pays de l'UE, mobiliser l'épargne privée... et créer un « 28e régime » juridique européen permettant à une entreprise de s'installer en Europe en 48 heures. Exit tous les freins qui tendent le monde de l'entreprenariat depuis des années. Marianne Tordeux Bitker, directrice des affaires publiques de France Digitale, se réjouit. « On n'a jamais été aussi en phase avec l'Union européenne. Ce qu'on imaginait comme des objectifs inatteignables il y a six ans est en train d'advenir. »
Cet alignement entre Bruxelles et les start-up, c'est un peu son œuvre. Arrivée seule à la tête des affaires publiques du lobby des start-up tricolores il y a six ans, elle y a construit une équipe de six personnes, installé un bureau à Bruxelles où France Digitale a fait entendre sa voix à côté du « redoutable » lobby des Big Tech, et a élargi peu à peu le périmètre des sujets poussés par l'organisation. « Au départ, nos combats étaient très simples : la fiscalité et le financement. Aujourd'hui, on parle souveraineté européenne, réglementation autour de l'IA... »
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Mais au moment où le vent devient favorable, la trentenaire s'apprête à tourner la page. Elle fêtait la veille de notre rencontre son pot de départ, dans l'appartement haussmannien qui sert de local à France Digitale. À la rentrée, elle rejoindra la Mutuelle nationale des hospitaliers où elle pilotera à la fois les affaires publiques et la RSE. Longue robe rouge, queue de cheval haute, elle argumente ce choix avec le débit d'une politique aguerrie tout en conservant le tutoiement cher à l'écosystème tech. Ce n'est, par ailleurs, pas le premier virage de sa carrière. Avant de rejoindre France Digitale, elle était avocate pour un cabinet parisien. C'est en représentant des entrepreneurs des cryptos qu'est venu son intérêt pour la tech. Les affaires publiques ? « Je n'y connaissais rien ». Mais elle ressentait le besoin de « débloquer les situations avant qu'elles ne deviennent problématiques » et « d'être en amont de la création de la loi ».