Le fonds C4 Industries entre au capital de la govtech française qui développe une technologie de sécurisation des documents officiels. Objectif : accélérer son industrialisation et son internationalisation.C'est une opération dont le montant est tenu secret : le fonds C4 Industries, dont le président et fondateur Pascal Cagni préside également Business France, devient « actionnaire de référence » de Crime Science Technology (CST), en remplacement de Covestro, leader mondial des polymères haute technologie allemand, passé sous pavillon émirati en 2024.
Pour expliquer ce changement d'actionnariat, le président fondateur de CST, Cosimo Prete, évoque notamment des « enjeux stratégiques ». « Une entreprise comme la mienne doit pouvoir être agnostique et travailler avec tous les pays sans exception », précise ce spécialiste de la fraude documentaire, ancien de la police scientifique.
Car le cœur d'activité de CST est par définition sensible, et touche à la sécurité même des États. La société lilloise développe notamment une technologie de rupture qui permet de sécuriser les documents officiels en distinguant à l'œil nu, en quelques secondes et sans formation préalable, un document authentique d'un faux. Baptisée OVM (Optical Variable Material), cette technologie repose sur l'intégration de molécules qui changent de couleur en fonction de l'angle et des conditions d'observation. Elle est brevetée dans une trentaine de pays et reconnue par l'Organisation Internationale de l'Aviation Civile et l'Agence Frontex. « Sa complexité et son caractère innovant la rendent difficilement copiable par les faussaires », précise CST.
500 millions d'utilisateurs
Un caractère sensible qui justifie la non-divulgation du chiffre exact de la transaction. « C'est inhérent à notre activité, car nous travaillons directement avec les États. Tout ce qui relève des données de l'activité économique de l'entreprise, ou des volumes livrés, est toujours un point très sensible », commente Cosimo Prete.