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Startups : le fonds Otium Venture devient Frst et lève 60 millions d'euros

Photo de Sylvain Rolland

Sylvain Rolland

Publié le 11 juillet 2019 à 04:15 - Mis à jour le 11 juillet 2019 à 06:36

Pierre Entremont, le cofondateur du nouveau fonds d'investissement Frst avec Bruno Raillard, se lance sur le marché déjà bien occupé du financement d'amorçage des startups françaises, avec une philosophie très agressive.

Pierre Entremont, le cofondateur du nouveau fonds d'investissement Frst avec Bruno Raillard, se lance sur le marché déjà bien occupé du financement d'amorçage des startups françaises, avec une philosophie très agressive.

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Les fondateurs Bruno Raillard et Pierre Entremont quittent Otium Ventures pour monter leur propre fonds d'investissement. Doté de 60 millions d'euros, Frst souhaite investir dans l'amorçage de startups prometteuses, avec une culture du risque plus agressive, sur le modèle anglo-saxon.

D'emblée, le ton est donné. "Sur un portefeuille de trente startups, il n'y aura qu'un ou deux grands succès, beaucoup d'échecs, mais ce n'est pas grave. Il faut aller plus loin dans le risque, moins se mettre de barrières, si on veut que la prochaine décacorne [startup valorisée au moins 10 milliards de dollars] soit française". Pierre Entremont, le cofondateur du nouveau fonds d'investissement Frst avec Bruno Raillard, se lance sur le marché déjà bien occupé du financement d'amorçage des startups françaises, avec une philosophie très agressive. En quittant, en fin d'année dernière, le family office de Pierre-Edouard Stérin (SmartBox), pour lequel ils dirigeaient le véhicule d'investissement Otium Ventures, les deux investisseurs ont fondé Frst avec l'ambition de changer l'état d'esprit du financement d'amorçage à la française.

Des tickets d'amorçage jusqu'à 3 millions d'euros

"L'idée est de réaliser très tôt des investissements importants dans un nombre limité d'entreprises au potentiel mondial, portés par des entrepreneurs visionnaires, très ambitieux et décomplexés", explique Pierre Entremont, qui assume un état d'esprit très anglo-saxon:

"Nous sommes des investisseurs "high conviction" : on investit que si on pense que la boîte peut valoir des milliards un jour. Ce n'est pas un état d'esprit courant en France, mais c'est celui des plus grands fonds mondiaux. En comparant les résultats des uns et des autres, on s'est rendus compte que les meilleurs fondsprésentent un retour sur investissement à leurs propres investisseurs de cinq à quinze fois la mise initiale, alors qu'en France si on réussit 1,5 fois la mise c'est super, poursuit l'investisseur. Mais pour arriver à cette performance, il ne faut pas craindre les échecs ni se contenter de petits succès".

Concrètement, Frst compte investir des tickets en amorçage compris entre 500.000 euros et 3 millions d'euros, dans près de trente startups ces quatre prochaines années, soit environ sept par an. "Le montant moyen sera entre 1 et 1,5 million d'euros", précise le cofondateur. Cette échelle se situe en réalité dans la moyenne de l'amorçage en France : d'après le Baromètre du capital-risque 2018 d'EY, le ticket moyen s'établit à 1,4 million d'euros pour l'amorçage (ou seed), contre 3,3 millions d'euros pour la Série A et 8,5 millions pour la Série B. Sauf que Frst ne compte pas forcément être le seul investisseur, même si le fonds souhaite au moins être "lead", c'est-à-dire l'investisseur principal, aux côtés, idéalement, de business angels.

Investisseurs actifs

Forts de l'expérience acquise chez Otium Capital, avec notamment trois jolis succès sur quatorze investissements (Payfit, qui vient de lever 70 millions d'euros, Doctrine, la legaltech la plus en vue du secteur, et la deeptech Owkin), Frst ne se fixe pas de frontière sectorielle. Si Pierre Entremont et Bruno Raillard ont une appétence plus marquée pour le logiciel, la deeptech, les plateformes de mises en relation, la data et l'intelligence artificielle, le fonds se dit prêt à "prendre des paris".

Frst compte également être un fonds plutôt activiste, notamment pour aider les entrepreneurs à structurer leur startup et à effectuer les bons recrutements:

"Notre but est d'être très présents pendant 18-24 mois, jusqu'à ce que la startup réussisse une belle Série A avec des investisseurs internationaux. A partir de ce moment on suit mais on passe au second plan dans la vie de l'entreprise, tout en restant au capital jusqu'à l'entrée en Bourse ou l'acquisition, sept à dix ans plus tard", étale Pierre Entremont.

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Soutenu par des investisseurs de long terme (le Fonds Européen d'Investissement, Bpifrance via le Fonds National d'Amorçage 2 dans le cadre du PIA, ainsi que Axa Venture Partners), Frst prévoit d'atteindre "prochainement" 80 millions d'euros en gestion, qui seront déployés au cours des quatre prochaines années.

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