SFR racheté par Bouygues, Free et Orange : le protocole d'accord est signé pour le deal du siècle dans les télécoms

Devant une boutique à Paris, Octobre 2025. REUTERS/Sarah Meyssonnier
SAM/ - REUTERS - Sarah Meyssonnier

Devant une boutique à Paris, Octobre 2025. REUTERS/Sarah Meyssonnier
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C'est fait. Le trio d'opérateurs Bouygues Telecom, Iliad (Free) et Orange vient de signer un protocole d'accord pour racheter la plus grande part des actifs de SFR à Altice France. Une opération historique, conclue au coeur de la nuit de samedi à dimanche et qui promet de remodeler totalement le paysage français, en faisant passer de quatre à trois le nombre d'acteurs sur ce marché. Altice France a aussitôt envoyé un mail à ses collaborateurs pour les informer.
L'affaire n'aura pas été facile à conclure, alors même que le prix et le périmètre étaient pourtant validés depuis l'entrée en négociations exclusives le 17 avril dernier. La première période de négociations exclusives, qui devait initialement se terminer le 15 mai, avait en effet été renouvelée une première fois jusqu'au 5 juin.
Un communiqué de presse avait été publié ce vendredi, en fin de journée, pour préciser que les acteurs impliqués avaient encore besoin du week-end pour finaliser les documents.
Le consortium a eu beau répéter à l'envie que « le deal était extrêmement complexe », les discussions se sont plutôt éternisées sur des « détails » comme les conditions du earn out, ce complément financier de 650 millions d'euros que devrait toucher Patrick Drahi et ses actionnaires lors de la vente effective.
Les quatre acteurs confirment qu'il est toujours question d'un prix d'acquisition de 20,35 milliards d'euros, réparti de la façon suivante : 42% supporté par Bouygues Telecom, 31% par Iliad (Free) et 27% par Orange.
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Le périmètre aussi reste le même : les activités grand public et entreprise avec plus de 25 millions de clients, les fréquences, ainsi que les boutiques en propre et certaines infrastructures. Exit les filiales dans les Dom, ATS et ses 3 500 techniciens, les boutiques indépendantes ou encore le réseau de fibre optique XPFibre qui fait l'objet d'une procédure de cession à part.
Dans le détail, c'est Bouygues Telecom qui va reprendre la totalité de l'activité BtoB de SFR Business (5,9 millions de clients) avec ses infrastructures fixes, le MVNO Prixtel, ainsi que la partie infrastructure mobile gérée par SFR dans les zones non denses. Pour rappel, Les deux opérateurs avaient scellé un accord en janvier 2014 pour mutualiser leur réseau mobile. Bouygues Telecom met également la main sur la part SFR du réseau horizontal FttH sur une partie de la zone très dense dite Faber.
À Bouygues, l'ouest et le sud-est de la France. À SFR, le Nord-Est et le Sud-Ouest. Si les tours ont été vendues l'année dernière à Phoenix Tower International, les antennes et la gestion du réseau mobile restaient aux mains des deux acteurs. Il était donc logique que Bouygues s'empare du tout. Au total, Bouygues Telecom devrait ainsi récupérer environ 6,4 millions de clients mobile et fixe.
Iliad (Free) va récupérer les clients de Red by SFR (6 millions de clients), ainsi que ceux des offres de la gamme SFR pro s'adressant aux artisans, commerçants, professions libérales et micro-entreprises, ainsi que ceux de Red by SFR (1,6 millions de clients), soit, 7,6 millions de clients au total.
Enfin, Orange va incorporer les MNVO Réglo, Syma et Coriolis (4,9 millions de clients), ainsi qu'une partie des activités de SFR.
Enfin, le trio se répartira les les fréquences.
« Les actifs (notamment les réseaux Fixe et Mobile hors Crozon, une partie du réseau de distribution, l'IT) non repris par les trois opérateurs resteraient gérés au sein de SFR SA pendant une phase transitoire d'au minimum 30 mois ; phase pendant laquelle la société serait détenue à parts égales par les trois membres du Consortium afin d'assurer la continuité des opérations pendant la période de migration et d'intégration », indiquent les communiqués de presse des quatre opérateurs.
Au total, les activités concernées par l’opération ont généré 8 milliards d’euros de chiffre d’affaires en 2025. Dans ce partage, Bouygues Telecom capterait la plus grande part, avec 52 % du total, devant Iliad (27 %) et Orange (21 %), dont la contribution est limitée par son statut d’opérateur dominant sur le marché. « Les actifs déjà bien délimités pourront partir directement chez l'opérateur intéressé. Le reste sera regroupé au sein d'une holding temporaire mais indépendante vis-à-fis des trois opérateurs », nous indique une source au coeur des négociations.
Le gouvernement a rapidement salué l’opération. Dans une réaction distincte, le ministre de l’Économie, Roland Lescure, a jugé que « cette annonce marque une étape majeure et déterminante pour une opération structurante qui concerne l’ensemble du secteur télécom français et européen ». Le ministre a toutefois rappelé que le projet n’en était qu’à ses débuts. L'opération doit obtenir l'aval des autorités de la concurrence. Si c'est le cas, la signature de la vente effective pourrait intervenir entre la fin de l'année 2027 et le début de l'année 2028, d'après nos informations. Les opérateurs, eux misent sur le second semestre 2027 au plus tôt.
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