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Streaming : pourquoi Deezer change le mode de rémunération des artistes

Photo de Anaïs Cherif

Anaïs Cherif

Publié le 11 septembre 2019 à 15:01 - Mis à jour le 11 septembre 2019 à 15:14

Deezer revendique 37,5% de part de marché sur les revenus du streaming en France en 2018.

Deezer revendique 37,5% de part de marché sur les revenus du streaming en France en 2018.

Charles Platiau

Le Quotidien Numérique

13 juin 2026

Photo d'illustration de l'article
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La licorne française a annoncé ce mercredi le changement du mode de rémunération des artistes - un débat qui agite l'industrie musicale depuis l'émergence du streaming audio il y a une dizaine d'années. Basé sur les écoutes individuelles des utilisateurs, le nouveau système vise à répartir plus équitablement les royalties pour soutenir les musiques de niches face aux genres dominants.

Deezer saute le pas. La licorne française -- ces startups valorisées plus d'un milliard de dollars et non cotées en Bourse -- a annoncé ce mercredi 11 septembre vouloir changer le mode de rémunération des artistes. Depuis l'émergence du streaming audio il y a une dizaine d'années, le débat revient constamment sur la table. De nombreux artistes, comme la pop star Taylor Swift, accusent régulièrement les plateformes de ne pas assez les rémunérer pour les écoutes qu'elles génèrent.

"Le marché du streaming croît rapidement, c'est le moment de changer de modèle, écrit Deezer sur un site Internet dédié au sujet de la rémunération des artistes. Nous voulons nous assurer que le plus grand nombre d'artistes bénéficient de cette croissance."

La jeune pousse dit reverser environ 70% de ses revenus aux ayants droit, qui "eux-mêmes redistribuent aux artistes, auteurs et compositeurs la part qui leur est due". Jusqu'ici, Deezer rémunérait les ayants droit selon une méthode dite de prorata : ces derniers sont payés à la hauteur de leur part de marché globale. Cette méthode, également plébiscitée par le leader du marché Spotify, est actuellement le standard pour l'industrie des plateformes audio de streaming.

Soutenir les musiques de niches

Concrètement, un abonné Deezer débourse 9,99 euros par mois pour avoir accès à la totalité du catalogue (56 millions de titres), sans aucune restriction d'écoute et sans publicité. Prenons un exemple : un abonné A écoute 90 fois la chanteuse Aya Nakamura et un abonné B écoute 10 fois le rappeur Nekfeu. Par mois, Deezer récolte donc environ 20 euros pour leurs deux abonnements. Dans ce cas, 90% des revenus sont reversés à Aya Nakamura (environ 12,60 euros) et 10% sont reversés à Nekfeu (1,40 euro). Deezer empoche alors 6 euros.

L'inconvénient ? Cette méthode est réputée avantager les artistes très populaires au détriment des musiques niches, qui, si elles sont moins écoutées, ont souvent l'avantage d'attirer des communautés fidèles. Par extension, cela revient donc à desservir indirectement la diversité et la création. Enfin, ce système provoque aussi certaines "anomalies" puisque selon Deezer, les "18-25 ans représentent 19% de (nos) abonnés, mais ils génèrent 24% des royalties".

Pour une répartition plus équitable des royalties

C'est pourquoi le nouveau système promu par Deezer sera basé sur les écoutes individuelles des utilisateurs. "Ce que vous payez sera reversé uniquement aux artistes que vous écoutez", souligne la startup française. Dans l'exemple d'un cas extrême, si un utilisateur A écoute exclusivement le même artiste, alors 7 euros de son abonnement iront à son artiste préféré et 3 euros iront à Deezer -- cette dernière somme reste inchangée.

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Deezer, qui revendique 37,5% de part de marché sur les revenus du streaming en France en 2018, plaidait pour un changement de mode de rémunération depuis deux ans environ. En mars dernier, lors d'une conférence de presse donnée par le Snep (Syndicat national de l'édition phonographique), Alexis de Gemini, Directeur général France de Deezer justifiait : "En moyenne, un consommateur écoute 7 genres de musique différents", avant d'affirmer que certains genres de niches, comme le jazz, étaient discriminés par le mode de rémunération au pro rata.

"Grâce à ce nouveau système de rémunération basé sur les écoutes individuelles, l'argent de chaque abonnement que Deezer reverse aux éditeurs et producteurs ne serait réparti qu'aux seuls artistes écoutés par l'abonné, écrit Alexis de Gemini dans un communiqué de presse. C'est une mesure d'équité pour les artistes et de transparence pour nos clients. Ainsi Deezer France souhaite innover en favorisant un partage de la valeur plus équitable pour les ayants droit et les artistes."

Anaïs Cherif

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