Steve Wozniak : "avec le cloud, rien ne vous appartient"

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Steve Wozniak, qui a cofondé Apple avec Steve Jobs (décédé en octobre dernier) il y a plus de trente ans, prévoit des "problèmes horribles" à venir avec le développement croissant de l'informatique en nuage et l'externalisation des données.

Steve Wozniak, qui a cofondé Apple avec Steve Jobs (décédé en octobre dernier) il y a plus de trente ans, prévoit des "problèmes horribles" à venir avec le développement croissant de l'informatique en nuage et l'externalisation des données. L'homme, qui va fêter ses 62 ans la semaine prochaine, participait ce week-end à l'avant-dernière représentation à Washington, au théâtre Woolly Mammoth, de "L'agonie et l'extase de Steve Jobs", un monologue de deux heures de Mike Daisey sur les conditions de travail en Chine dans les usines qui fabriquent des produits Apple. Le philanthrope et franc-maçon, qui avait rencontré M. Daisey lors d'une représentation en 2011 de la première version du monologue en Californie, avait été ému aux larmes.

"Je crois que ça va être épouvantable"

Lors d'une discussion avec la salle, après la pièce, le cocréateur d'Apple  a donné son avis sur l'une des grandes tendances actuelles en matière d'informatique, après avoir parlé d'éducation, lui qui a été un temps instituteur. Dans son domaine de prédilection, l'ingénieur se dit inquiet de la façon dont a évolué le stockage des données, passant du disque dur aux serveurs à distance, un procédé connu sous le nom d'"informatique en nuage" ou "informatique externalisée". "Cela me tracasse vraiment que tout passe dans le nuage, je crois que ça va être épouvantable. Je pense qu'il va y avoir des problèmes horribles dans les cinq prochaines années", pense-t-il.

Wozniak, barbu et vêtu d'un pantalon large et de chaussures de tennis, parle à toute vitesse : "Tout ce que j'ai inventé est venu de ma tête, pas des livres", dit l'homme qui a quitté Apple en 1987 après douze ans dans la société. "Avec le nuage, rien ne vous appartient", dit-il encore. "Moi, j'aime savoir que les choses sont à moi. Beaucoup disent "oh ! c'est dans mon ordinateur !" mais plus on transfère dans le nuage, moins on garde le contrôle", dit-il.

Une audience plus intéressée par les conditions de travail en Chine

Dans la salle, beaucoup semblent s'inquièter davantage des conditions de travail en Chine, devenu l'atelier des géants informatiques. Pour M. Wozniak, les choses vont s'améliorer sur ce plan. "Nous, [les citoyens et consommateurs], savons que nous avons une voix", dit celui qui a donné une partie de sa fortune à des organisations caritatives. Apple conçoit ses produits aux Etats-Unis mais les fabrique en Chine, une critique qui ressort en cette période électorale, où chômage et délocalisations sont des thèmes majeurs de campagne.

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Commentaires
a écrit le 22/08/2012 à 7:22 :
Megaupload faisait partie du "cloud". Il faut voir ce qu'il est arrivé aux clients...
a écrit le 07/08/2012 à 8:52 :
L'autre Steve avait bien senti le filon en imposant à marche forcée (abandon du lecteur CD/DVD) la dématérialisation des données "musique, video, livre etc.." et comme tout ce vous achetez est lié à un compte voir à une technologie pour les lire cela n'est plus cessible.
C'est pour cela que je conserve précieusement mes livres dans les étagères de ma bibliothèque, mes enfants et plus tard mes petits enfants en hériteront et pourront les lire sans avoir à tout racheter, ou disposer du dernier gadget à jour pour pouvoir lire ces livres et encore pour une durée de temps limité.
Steve Job ne se moquait pas du "big brother" dans la présentation du premier Macintosh, il l'enviait et se voyait déjà "calife à la place du calife" enfermant les consommateurs dans une prison "dorée".
a écrit le 07/08/2012 à 0:12 :
Je me demande vraiment s'il y a une crise quand on voit le nombre de personnes qui achètent des I-phone, des tablettes, des portables dernier cri et des dizaines de millions de téléphone mobile, avec bien sûr les abonnements et services qui vont avec. Tout ça pour Facebooker, Twitter, écouter de la musique,stocker des photos (Enfin, musique...).Et maintenant il faut un "cloud"pour stocker,faire fonctionner tout ce tout ce bazar, certains nuages donnent de violents orages, suivis de glissement de terrain, d'inondations.
Réponse de le 07/08/2012 à 8:25 :
Car les gens achètent un téléphone avec abonnement sur 2 ans, ou même d'occasion, c'est moins cher. Quant à l'écologie, c'est le dernier des soucis des acheteurs.
a écrit le 06/08/2012 à 19:24 :
Je vois que beaucoup ici sont des personne raisonant et connaissant les implications du Cloud. Cependant il suffit de faire un tour sur les forums, la génération Tablettes/Smartphone ne raisonne pas aussi profondément. Ils sont embalés à l'idée d'avoir leurs données synchro partout et tout le temps. Ce sont les mêmes qui exhibent leur vie privée sur Facebook sans en entrevoir les potentiels problèmes à long terme. Cette génération sais se servir des imachins ce sont des utilisateurs techniquement au fait de la technique. Mais apr contre elle manque de réflexion mature vis à vis des implications à la marge.
Réponse de le 07/08/2012 à 12:50 :
Jusqu'à présent on disait "pour vivre heureux, vivons cachés" dans quelques années nous devrons dire "pour vivre heureux vivons déconnectés" !
a écrit le 06/08/2012 à 13:32 :
"le Cloud", tres joli nom marketing, avec autant de definitions que de personnes qui en parlent. Une des regles d'or dans la gestion d'une entreprise est: "N'outsource jamais ce dont tu ne pourrais te passer si tu le perdais"....Welcome to the cloud. Dommage que les Steve Job eclipsent souvent le bon sens d'un Wozniak.
a écrit le 06/08/2012 à 13:02 :
Le cloud c est bien pratique mais il faut appliquer la recette a soit meme. J utilise un PC dedié sous apache pour gerer mon propre clouding. Comme ca ou que je sois sur laptop ou idevice tout est syncro et securisé, et gratuit.
Réponse de le 06/08/2012 à 13:19 :
idem...
suffit de se faire son popore cloud...
a écrit le 06/08/2012 à 11:06 :
Il ne nous apprends rien.... laisser ses données en externalisation, c'est comme donner son portefeuille rempli de billets de 500? à un joueur de casino ! Non seulement, vos données seront exploitées pour tout savoir de votre vie.... et un beau jour pour la contrôler.
Personnellement, j'ai des disques de données non reliés... et un PC à usage d'Internet. Ca laisse bien assez de traces comportementales ainsi !
A bon entendeur
a écrit le 06/08/2012 à 10:39 :
Le «cloud computing» d'aujourd'hui est en fait le «time sharing» des années 60-70, avant l'avènement de la mini, puis de la micro-informatique, et dont le leader était déjà IBM, mais, à ce jour à la puissance 1000++, ce qui le rend davantage problématique question de sécurité...
a écrit le 06/08/2012 à 10:16 :
Il serait tant que les Américains comprennent que leur économie ne redémarrera pas tant qu'ils produiront eux même les biens qu'ils consomment.
a écrit le 06/08/2012 à 10:14 :
Les consommateurs occidentaux veulent des produits de qualité à bas prix. Il n'y a pas de miracle !
Réponse de le 06/08/2012 à 12:14 :
A bas prix, c'est vite dit car le procès Apple Samsung à révélé des documents internes ou il était question de marges brutes pouvant aller jusqu?à 52%.
Des délocalisations dans ces conditions n'ont plus pour raison de rester compétitif mais bien d'augmenter les profits, et sur un ibidule vendu à plus de 700? aux consommateurs je comprend pourquoi Apple fait tout pour rester seul sur ce marché multipliant les procès à tout va pour "figer" la concurrence.
a écrit le 06/08/2012 à 9:57 :
Il a tout à fait raison. Non seulement on a une Société comme Facebook qui stocke toutes les informations les plus personelles de 900 millions de personnes (de manière VOLONTAIRE! La CNIL doit pleurer de voir çà...), mais en plus tous les abru..is de la planète vont se précipiter à mettre toutes leurs données dans le "Cloud" (ou nuage en Français). Le pire c'est que des sociétés aussi le feront. Sans savoir ce qu'il y a derrière, ni qui sera demain propriétaire des serveurs au gré d'un rachat de société ou autre. L'informatique se cherche une nouvelle voie de croissance elle l'a trouvée. Mais attention en tant qu'utilisateur c'est dangereux! Demain, une banque ou une assurance pourront vous refuser un prêt ou un contrat après enquête sur Facebook ou éventuellement dans vos données "nuageuses". Quid des sociétés? Rappelez-vous que TOUS les sites les plus protégés ont subit des cyber-attaques et on été craqués. Alors pensez-y à deux fois avant de faire n'importe quoi.
Réponse de le 06/08/2012 à 10:21 :
Googgle, Microsof, Yahoo etc. Toutes ces multinationales sont basées chez l'Oncle Sam qui est en train de construire un immense centre d'espionnage dans l'Ouest américain. Tous ces services gratuits sont une mine pour la CIA et autres agences du même genre.
Réponse de le 06/08/2012 à 11:57 :
Moi aussi je pense que Steve a raison, mais pour des raisons différentes. Si je stocke une information (photo, texte, etc), à qui appartient-t-elle? A moi? Donc je peux aisément les récupérer et les transférer vers un autre fournisseur? Humm, si je peux physiquement récupérer mes données (peut-être pas si facilement, une à une...), il y a de grandes chances en revanche que je perde ou fasse perdre toute l'utilisation qui pouvait en être faite. Par exemple si des amis avaient un lien direct pour consulter mes images partagées, je vais devoir individuellement les prévenir du changement à opérer pour regarder mes images. Bref, dans la pratique le cloud est un frein au nomadisme. Or si jusqu'à présent la politique des fournisseurs était d'améliorer les services, rien n'empêche un jour un mouvement inverse: faire payer des fonctionnalités... Il y a parallèlement un autre problème avec le cloud, celui de la propriété artistique. Jusque dans les années 90, il y avait un lien physique entre la propriété intellectuelle et la propriété physique. Le droit d'écouter un morceau de musique ou de lire un texte était respectivement lié à la possession physique d'un disque ou d'un livre. Le numérique, avec sa facilité de duplication des oeuvres, a cassé ce rapport. Le cloud peut modifier à nouveau ce rapport. Aujourd'hui ou demain, avec une oeuvre stockée dans le cloud, le droit d'écouter ou de lire est/sera lié au droit d'accès au cloud. On ne devient plus propriétaire de l'oeuvre que l'on achète, mais simple locataire. On est alors à la merci d'un changement de politique commerciale ou d'un changement technique. Et un jour, il faudra repayer pour écouter "sa" musique (ce concept n'est pas nouveau, nos parents l'on déjà fait deux fois lors des passages du vynil aux cassettes puis aux CD-Rom, mais là, la pratique sera "numérisée").
a écrit le 06/08/2012 à 9:47 :
Bientôt la vie en location !!!!!!!!

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