Cloud français : l'État investira 75 millions d'euros dans un projet réunissant SFR et Bull

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L'Etat, via le Fonds national pour la société numérique, va financer à hauteur de 75 millions d'euros un projet d'informatique "en nuage" porté par SFR et Bull afin de stocker les données informatiques sensibles françaises et européennes, selon un communiqué.

Le "cloud" français va s'enrichir d'un nouveau projet d'envergure. Via le Fonds national pour la société numérique (FSN), l'Etat va financer un nouveau projet d'informatique à hauteur de 75 millions d'euros. Il sera porté par SFR et Bull, dans l'objectif de stocker les données informatiques sensibles françaises et européennes.  Le FSN avait déjà annoncé fin avril un financement d'un montant similaire pour un projet concurrent porté par Orange et Thales. Cette nouvelle société, "à vocation française et européenne", sera détenue à 47% par SFR (filiale de téléphonie du groupe Vivendi), à 20% par Bull et à 33% par la Caisse des dépôts et consignations, via le FSN. 

Environ 400 emplois créés

"Le projet représente un investissement de 225 millions d'euros et prévoit la création directe d'environ 400 nouveaux emplois", précise le communiqué. "L'objet de cette société commune est de construire et d'exploiter une 'centrale numérique de confiance' qui fournira aux entreprises et administrations, une gamme de services de 'cloud computing' sécurisés couvrant les besoins en ressources informatiques, des plus courants aux plus critiques", est-il indiqué. "Ces services seront disponibles dans les semaines à venir", indiquent Bull et SFR.

L'informatique "en nuage" ou "cloud computing" permet de gérer à travers le web des données informatiques stockées dans des serveurs distants. Ce projet "répond au besoin critique de disposer des services informatiques virtualisés aujourd'hui indispensables à la bonne marche des entreprises, dans des conditions qui garantissent leur indépendance, leur sécurité, la confidentialité et la proximité de leurs informations", souligne le communiqué.

L'aboutissement d'une longue série de rebondissements

"Le "cloud computing" est un enjeu de compétitivité majeur pour toute l'économie française et européenne. Pour relever ce défi, nous sommes fiers de bâtir une usine numérique innovante et ouverte, abritant des infrastructures fiables où fournisseurs et utilisateurs trouveront les ressources dont ils ont besoin", a commenté Jean-Bernard Lévy, PDG de SFR-Vivendi, cité dans le communiqué. "Je me réjouis de cette alliance stratégique avec SFR avec qui nous partageons la même vision du "cloud computing", des solutions ouvertes, de confiance, à très haute disponibilité", a pour sa part déclaré Philippe Vannier, son homologue de Bull.

L'annonce de ce deuxième financement par le FSN depuis son lancement en mars 2011 est l'aboutissement d'une longue série de rebondissements. Dans le cadre du Grand Emprunt, l'Etat devait en effet initialement injecter 135 millions d'euros dans un consortium, baptisé "Andromède", et mené depuis plus deux ans par les groupes Orange, Thales et Dassault Systèmes. En décembre, Dassault Systèmes avait créé la surprise en se retirant du consortium, annonçant un projet concurrent avec comme partenaire principal SFR. Mais en apprenant que l'Etat avait l'intention de financer à parts égales les deux projets, Dassault Systèmes avait définitivement jeté l'éponge en avril. Deux projets, dans lesquels l'Etat investit à parts égales, se retrouvent donc concurrents sur un marché où les géants informatiques tels IBM, Microsoft ou Google, mais aussi des entreprises françaises spécialisées, investissent déjà depuis des années.

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Commentaires
a écrit le 11/05/2012 à 7:38 :
Etonnant avant la prise de pouvoir ... c'est qu'il y a des amis à remercier?
Et pourquoi pas des PME? Mais c'est vrai, ils n'ont pas de comptes à l'étranger pour remercier les donneurs d'ordres ....
Quand on vous dit que tout fout le camp ... c'est surtout que l'on nous plume
a écrit le 10/05/2012 à 18:10 :
Encore de l'argent jete par la fenetre. Et en plus il y a que les grandes noms qui profitent.
Je pense on aurait pu mieux depenser ces 75 millions. (Je peux donner mon N° de compte?)- Mais c'est vrai je m'appelle pas VIVENDI ou THALES...
a écrit le 10/05/2012 à 15:03 :
On connaissait le monopole public sous contrôle d'Etat, le monopole privé réglementé, l'oligopole privé/public... C'est vrai qu'il nous manquait le duopole privé co-financé sur fonds publics. Quelle imagination ! Tout ça pour masque le fait qu'ils tire un chèque sur les comptes publics pour financer des sociétés privées. Autant d'argent que ces sociétés n'auront pas investir et qu'elles pourront consacrer à des utilisations improductives, sous forme de rémunérations démentes à leurs dirigeants, de dividendes ou de rachat d'actions...
a écrit le 10/05/2012 à 14:42 :
Quel intérêt à créer deux projets apparrement identiques dans deux consortiums différents? Est-ce bien le moment, alors que l'argent se fait rare? Ne serait il pas plus judicieux de mutualiser les moyens afin de parvenir plus rapidement à l'objectif visé?
a écrit le 10/05/2012 à 13:08 :
Pourquoi cité Google, IBM et microst et pas OVH, pourtant fancaise?
Réponse de le 10/05/2012 à 15:09 :
Peut-être pour suggérer qu'il y a un problème d'échelle entre la "menace" brandie et la réponse prétendument apportée... Et que la justification de ces transferts de fonds est à chercher ailleurs ;)
a écrit le 10/05/2012 à 12:28 :
Cet investissement n a aucun sens. Pourquoi cet argent public injecté dans un produit qui sera vendu par SFR ? Ne gagne t il pas deja assez d argent sur notre dos? Egalement, il existe deja une multitude de services de ce genre, gratuit ! 75 M pour 400 emploi, a ce rythme le gouvernement va nous mettre a genou en quelques mois.

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