YouTube va bloquer les vidéos des labels opposés à ses conditions tarifaires

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Youtube chercherait à imposer aux indépendants des tarifs inférieurs à ceux de Spotify, qui figurent parmi les plus bas du marché, sans négociation possible. /Reuters
Youtube chercherait à imposer aux indépendants des tarifs inférieurs à ceux de Spotify, qui figurent parmi les plus bas du marché, sans négociation possible. /Reuters (Crédits : reuters.com)
Le site YouTube va bloquer les vidéos d'artistes comme Adele ou les Artic Monkeys après le refus de certains labels indépendants de signer les conditions tarifaires de son service de diffusion en streaming payant.

Voici une nouvelle qui risque de faire à nouveau jaser dans le milieu de l'industrie musicale. YouTube, la célèbre plateforme de diffusion de vidéos en streaming, va bloquer les vidéos d'artistes comme Adele ou Arctic Monkeys après le refus de certains labels indépendants de signer les conditions tarifaires de son service de diffusion par abonnement. Le projet de streaming payant est encore dans les cartons, mais il doit bien voir le jour afin de concurrencer les offres "premiums" de Spotify et de Deezer. C'est pourquoi YouTube accélère la marche.

Conditions "non négociables" pour certains labels

Cela devrait arriver "dans les jours qui viennent", a annoncé Robert Kyncl, directeur des opérations commerciales de la filiale de Google, dans le Financial Times de ce mercredi.

Selon le directeur des opérations commerciales, les labels qui ont accepté de signer représentent 95% de l'industrie musicale. Mais certains gros labels, comme le britannique Domino, qui produit les disques des Arctic Monkeys, têtes d'affiches de nombreux festivals, ou XL Recordings, refusent de se soumettre à des conditions qu'ils jugent "fortement défavorables" et "non négociables".

Selon plusieurs sources citées par le journal les Echos dans son édition du 23 mai, les conditions tarifaires imposées par Youtube seraient inférieures d'un tiers à celles proposées par Deezer ou Spotify.

"Youtube propose des rémunérations inférieures de 10% à celles proposées par Spotify, qui sont déjà parmi les plus basses du marché. En plus, les producteurs indépendants n'ont aucune avance, contrairement aux majors", s'agaçait alors un producteur dans les colonnes du journal.

Les labels indépendants avaient dénoncé les menaces de Youtube

La diffusion sur YouTube étant devenue essentielle à leur activité, nombre d'entre eux ont accusé le géant américain de ne pas leur laisser le choix. Fin mai, les labels indépendants avaient en effet dénoncé les menaces faites par Youtube de retirer leurs catalogues de la diffusion gratuite s'ils refusaient les nouvelles conditions tarifaires. "Les organisations professionnelles représentant les intérêts de ce secteur seront contraintes de saisir la Commission européenne," avait alors menacé le syndicat des producteurs français.

Mais la lutte se fait à armes inégales. L'année dernière, la plateforme avait arrêté de diffuser des publicités, qui rémunèrent les producteurs, accompagnant les vidéos. Une manière de faire plier les récalcitrants dans le cadre de négociations difficiles avec la Sacem et de grands éditeurs internationaux

Dans le même temps, les grandes majors, elles, ont obtenu des accords négociés séparément avec YouTube.

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Commentaires
a écrit le 18/06/2014 à 16:58 :
Reste à espérer que dailymotion profite du fait que YouTube se croit seul au monde...comportement typiquement américain dans la hightech...quelques mastodontes convaincus aussi de leur toute puissance ont payé cher leur ego surdimensionné (ibm, hewlett, Microsoft...). Espérons que le réveil de la concurrence soit français, on peut rêver non ?

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