Données personnelles : Meta encore menacé d'une enquête en Europe
latribune.fr

Pour l'association européenne des consommateurs (BEUC), les changements apportés l'an dernier par Meta à son modèle d'abonnement ne sont que superficiels.
Yves Herman
latribune.fr

Pour l'association européenne des consommateurs (BEUC), les changements apportés l'an dernier par Meta à son modèle d'abonnement ne sont que superficiels.
Yves Herman
Le modèle d'abonnement payant de Meta ne convainc toujours pas l'association européenne des consommateurs (BEUC). La maison mère de Facebook et Instagram propose depuis novembre 2023 aux utilisateurs européens de ces deux réseaux sociaux de choisir entre continuer à les utiliser gratuitement, en consentant à livrer leurs données personnelles à des fins de publicité ciblée, ou payer un abonnement pour ne plus voir de publicités. Une formule présentée comme une façon de se mettre en conformité avec les règles européennes sur le traitement des données personnelles, qui lui ont déjà valu plusieurs condamnations et amendes. Un objectif qui ne serait toujours pas atteint, selon cette association.
La BEUC, qui avait dénoncé ce service auprès des autorités de protection du consommateur de l'UE en 2023, a estimé ce jeudi que les changements apportés l'an dernier par le groupe à ce modèle d'abonnement ne sont finalement que superficiels. « Le géant de la tech ne répond pas, à notre avis, au problème fondamental, qui est que les utilisateurs de Facebook et d'Instagram n'ont pas accès à un choix équitable, et tente faiblement d'affirmer qu'il se conforme à la législation européenne tout en continuant à pousser les utilisateurs vers son système de publicités », a déclaré le directeur général de l'association, Agustin Reyna.
Pour rappel, la Commission européenne a estimé en juillet 2024 que Meta ne se conformait pas aux réglementations européennes sur le numérique. Pour Bruxelles, le modèle d'abonnement proposé enfreignait le règlement sur les marchés numériques (DMA). En particulier car il « ne permet pas aux utilisateurs d'exercer leur droit de consentir librement à la combinaison de leurs données personnelles » entre ses différentes plateformes.
En novembre suivant, le groupe américain a annoncé des changements. Les internautes européens accédant gratuitement à ses réseaux sociaux ont maintenant la possibilité de choisir entre des publicités personnalisées, basées sur leurs données personnelles, ou « des publicités moins personnalisées ». Celles-ci sont alors « basées uniquement sur le contexte - ce qu'une personne voit lors d'une session particulière sur Facebook et Instagram - et sur un ensemble minimal de data, notamment l'âge, la localisation et le genre d'une personne », comme promis par Meta. En parallèle, le géant américain a réduit de 40% le prix de l'abonnement sans publicité, passant de 12,99 euros à 7,99 euros sur mobile.
Un vent de changements qui avait été bien accueilli. « Des publicités moins invasives sont une excellente nouvelle », s'était réjoui en novembre dernier Anu Talus, présidente du Comité européen de la protection des données (EDPB), dans un message posté sur le réseau social LinkedIn. Si cette solution devait encore être évaluée à ce stade, elle se « [félicitait] qu'une plateforme importante annonce qu'elle offrira un nouveau choix gratuitement avec un profilage moins détaillé pour la publicité ».
Chaque jour à 13h, l’essentiel de l’actualité tech.

Mais le compte n'y est toujours pas pour la BEUC, pour qui les pratiques trompeuses de Meta et les termes peu clairs de ses conditions générales orientent les utilisateurs vers l'option incluant les publicités. L'association a également indiqué que les utilisateurs ne pouvaient pas consentir à l'utilisation de leurs données personnelles et que Meta ne limitait pas la collecte de données. Enfin, elle estime que le service proposé aux utilisateurs qui ne consentiraient pas à l'utilisation de leurs données personnelles serait moins bon.
« Il est important pour les consommateurs que les autorités de protection des données et que la Commission européenne mènent rapidement une enquête sur les dernières politiques de Meta, et qu'elles prennent des mesures immédiates et efficaces afin de protéger les consommateurs si cela est nécessaire », a demandé le directeur général de l'association.
À lire également
Meta, de son côté, a toujours défendu que les changements apportés l'an dernier l'avaient été en réponse aux demandes des autorités de régulations de l'UE. Demandes d'ailleurs trop récurrentes à son goût. « Malgré nos efforts concertés pour nous conformer à la réglementation européenne, nous avons continué à recevoir des demandes supplémentaires de la part des régulateurs qui vont au-delà de ce qui est écrit dans la loi », estimait le groupe à l'automne.
(Avec agences)
latribune.fr
A VivaTech, Bezos dans l’optimisme spatial, LeCun dans l’IA ouverte
VivaTech : la France et l’Allemagne s’entendent sur ce que signifie « souveraineté numérique »
Inde : des femmes se filment en faisant le ménage pour entraîner les robots qui les remplaceront
2 milliards de tokens par jour : comment Grok a épaulé les frappes américaines contre l'Iran