Le retour de Donald Trump et la nomination d'Elon Musk, chargé de faire la chasse à la bureaucratie gouvernementale, pourraient bouleverser les équilibres entre l'Union européenne et les États-Unis. Notamment sur le sujet de la régulation des nouvelles technologies. Alors que l'Union européenne avance sur des régulations ambitieuses, comme l'IA Act ou le Digital Services Act (DSA), le nouveau gouvernement américain promet au contraire une dérégulation massive.
Trump et ses hommes - Elon Musk, mais aussi Brendan Carr, récemment nommé à la tête du régulateur des Télécoms, et Matt Gaetz à la justice - prônent une liberté d'expression totale, la chasse à la « censure » opérée par les big tech, et l'annulation de l'encadrement de l'IA proposé par l'administration Biden. Qu'est-ce que cela signifie pour le régulateur européen ? Décryptage avec l'avocate Sonia Cissé, spécialiste du secteur de la tech, au cabinet Linklaters.
L'élection de Donald Trump et la nomination d'Elon Musk à la tête du « Department of Government Efficiency » (DOGE) peuvent-elles mettre en difficulté l'Union européenne pour réguler la tech ?
SONIA CISSÉ - La coopération avec les États-Unis sera bien plus délicate. Donald Trump a affiché son intention de supprimer les décrets présidentiels de Joe Biden sur l'intelligence artificielle, estimant que ceux-ci freinent l'innovation. Le texte ne ressemblait pas tout à fait à notre IA Act européen, mais il en partageait un principe commun : considérer que toute utilisation de l'intelligence artificielle n'est pas forcément bénéfique et imposer un cadre juridique. En supprimant ce cadre, et si les visions s'avèrent effectivement opposées, Donald Trump pourrait empêcher les États-Unis et l'Union européenne d'avancer ensemble.