Face à Trump, « l'Europe doit se réveiller »
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« Nous avons, nous, des atouts en Europe. (...) L'Europe doit aussi se réunir (et) se muscler », a déclaré François Villeroy de Galhau sur France Inter.
SARAH MEYSSONNIER
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« Nous avons, nous, des atouts en Europe. (...) L'Europe doit aussi se réunir (et) se muscler », a déclaré François Villeroy de Galhau sur France Inter.
SARAH MEYSSONNIER
[Article publié le mercredi 13 novembre 2024 à 14h21, mis à jour à 17h08] Le gouverneur de la Banque de France tape du poing sur la table. François Villeroy de Galhau, a appelé ce mercredi les Européens à s'unir après l'élection de Donald Trump à la présidence des Etats-Unis, notamment la France et l'Allemagne. « L'Europe doit se réveiller », a-t-il déclaré sur France Inter. « C'était vrai avant l'élection de Donald Trump, mais c'est encore plus vrai aujourd'hui », a ajouté le banquier central. « Si je devais résumer la feuille de route européenne, je dirais d'abord que l'Europe doit se reprendre. Et arrêtons au passage de nous autoflageller », a-t-il poursuivi.
« Nous avons, nous, des atouts en Europe. (...) L'Europe doit aussi se réunir (et) se muscler », a-t-il développé, citant des préconisations du récent rapport de l'ex-chef du gouvernement italien Mario Draghi : « Avoir plus de marché unique, mobiliser notre épargne et simplifier (des normes trop nombreuses et) trop compliquées ».
Cette mise en garde est, bien sûr, à mettre au regard du programme du nouveau président américain. Donald Trump a annoncé, non seulement vouloir porter de nouveaux droits de douane de 60% contre la Chine, mais aussi et surtout, de 10 ou 20% sur les produits du reste du monde. Une surtaxe conséquente, au regard des 3,3% de droits de douane moyens pratiqués par les Etats-Unis aujourd'hui. Résultat, le cabinet de conseil Roland Berger estime que le Vieux continent subirait tout de même 533 milliards de dollars de pertes cumulées en PIB, d'ici à 2029, contre une perte de 827 milliards de dollars pour la Chine.
Face à cette menace, le ministre français des Affaires étrangères a déjà affirmé mardi que « si l'administration Trump devait persister dans ce que j'ai qualifié d'erreur majeure, alors nous défendrons nos intérêts agricoles, industriels et commerciaux avec une volonté de fer et sans trembler ».
La ministre déléguée au Commerce extérieur, Sophie Primas, préfère, elle, la voie de la diplomatie. « Il ne faut pas qu'on entre dans une escalade commerciale avec les États-Unis (...) ce serait une erreur, c'est ça que nous allons porter auprès du président des États-Unis », a-t-elle affirmé ce mercredi. Pour elle, il faut « anticiper un certain dialogue avec les États-Unis, entamer ce dialogue, essayer de persuader, essayer de travailler avec la nouvelle administration américaine qui est en train de se mettre en place pour éviter que les droits de douane soient importants ».
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De son côté, le chancelier allemand Olaf Scholz a déclaré, ce mercredi également, que l'Allemagne doit « tout faire », après l'élection de Donald Trump, pour maintenir ses bonnes relations avec les États-Unis qui sont « une base du succès » de la première économie européenne. Le dirigeant allemand a souligné avoir eu « un bon entretien » avec Donald Trump à la suite de sa victoire à la présidentielle.
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Il faut dire que l'économie allemande pourrait grandement pâtir du retour de Donald Trump à la Maison-Blanche. D'après le président de la Banque centrale allemande, l'augmentation des droits de douane souhaitée par le futur ex-président américain pourrait coûter 1% du PIB du pays.
(Avec AFP)
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