Partisan d'une dérégulation de l'intelligence artificielle au nom de la liberté d'expression absolue et de la compétitivité des Etats-Unis dans la course technologique face à la Chine, Elon Musk a fait de Grok, son chatbot d'IA générative désormais capable de générer des images, un anti-ChatGPT que tout le monde peut manipuler sans quasiment aucune contrainte. Mais son utilisation abusive pose déjà des défis éthiques et légaux vertigineux.
« Grok est l'IA la plus fun au monde ! » vante sur X Elon Musk, en réponse à un de ses admirateurs qui décrit l'outil comme le modèle d'IA « le plus cool et le plus non censuré » du marché. Depuis mercredi, une grande mise à jour permet à ce concurrent de ChatGPT développé par xAI, une entreprise fondée par le milliardaire, de générer des images. Et les débordements ne se sont pas fait attendre.
Alors que l'industrie tente d'éviter à tout prix la génération d'images pouvant enfreindre le droit à l'image ou le droit à la propriété intellectuelle, Grok semble dépourvu de garde-fous, à l'exception d'un filtre contre les contenus pornographiques. Sans subterfuge, il permet de créer des images de Mickey Mouse ou de Mario, deux des personnages fictifs les mieux protégés au monde, mais aussi des images de personnalités comme Emmanuel Macron, Vladimir Poutine ou même Elon Musk.
Pire, il ne restreint pas non plus les mises en situation : Mickey peut boire de l'alcool et fumer, Barack Obama peut mettre le couteau sous la gorge de Joe Biden, Elon Musk peut tenir une pancarte « je suis pédophile », brandir un drapeau nazi et même manger un enfant. Bref, Grok a tout du parfait cauchemar légal et éthique. Mais au moins, il répond à la vision de l'intelligence artificielle de son commanditaire.
Grok, le ChatGPT à la sauce Musk
Lancé en novembre 2023, Grok est censé se démarquer des autres chatbots par deux spécificités : un ton par défaut « sarcastique » dans ses réponses d'une part, et l'intégration des conversations tenues sur X (ex-Twitter, racheté par Elon Musk en 2022) dans son entraînement d'autre part. Pour l'heure accessible uniquement aux abonnés de X Premium (minimum 8,40 euros par mois), Grok a profité de la mise à jour de mercredi pour se mettre au niveau de performance des meilleures IA de l'écosystème.
Pensé comme un anti-ChatGPT, jugé trop progressiste, le chatbot a dans un premier temps déçu l'homme d'affaires. Grok se montrait au final plutôt politiquement correct, et même en opposition avec les idées d'extrême droite du milliardaire sur des sujets comme la transidentité.
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