Face à la grande muraille informatique, Yahoo ! et Fortnite ferment boutique en Chine

Pour tenter de contenir le pouvoir grandissant des entreprises de l'Internet, Pékin a décidé depuis plusieurs mois de serrer la vis en instaurant de nouvelles réglementations pour le secteur du numérique. Alors que la Chine comptera un milliard d'internautes d'ici la fin de l'année, les enjeux sur les données sont tels que les deux Américains préfèrent se retirer.

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Yahoo avait d'ailleurs déjà considérablement réduit la voilure en Chine depuis la fermeture de son service de messagerie en 2013.
Yahoo avait d'ailleurs déjà considérablement réduit la voilure en Chine depuis la fermeture de son service de messagerie en 2013. (Crédits : Dado Ruvic)

Deux acteurs majeurs de l'Internet et des jeux vidéos ont annoncé avoir jeté l'éponge en Chine, lundi 1er novembre. Le premier est Yahoo!, le moteur de recherche historique, sur un marché ultra dominé par le géant local Baidu et sur lequel l'américain n'y détenait qu'une faible part. Les services du moteur n'y sont "plus accessibles depuis la Chine continentale" depuis le 1er novembre, a indiqué le groupe dans un communiqué non daté. Le second n'est autre que le jeu et phénomène Fortnite, de l'éditeur Epic Games, qui compte plus de 350 millions d'utilisateurs dans le monde. Les deux sociétés ont pris acte du durcissement de la réglementation du numérique, entamé cet été par Pékin. Les deux sociétés préfèrent faire une croix sur le gigantesque marché au 1 milliard d'internautes, d'ici la fin de l'année.

L'autorité communiste centrale cherche en effet par tous les moyens à reprendre le contrôle sur des entreprises de plus en plus puissantes et qui ont vu leur capitalisation boursière s'envoler, en particulier après la crise du Covid-19.

Une heure après l'ouverture de la Bourse aux Etats-Unis, les investisseurs se montraient toutefois toujours confiants sur Yahoo! ; l'action affichant un gain de +2,38% mardi sur le Nasdaq. Le groupe, victime de plusieurs hacking depuis son arrivée en 1999 en Chine, se prémunie ainsi de suspensions potentielles des autorités. Yahoo avait d'ailleurs déjà considérablement réduit la voilure en Chine depuis la fermeture de son service de messagerie en 2013. Ses revenus proviennent principalement de la publicité en ligne.

Le contrôle des moeurs... et des données personnelles

En outre, depuis six mois, Pékin veut reprendre la main sur le contrôle des données. En juillet, l'administration communiste annonçait que les plateformes de plus d'un million d'utilisateurs devraient désormais se soumettre à des contrôles de sécurité avant toute cotation à l'étranger. De même, en réaction à l'introduction du Chinois Didi à Wall Street, les entreprises concernées devront également soumettre aux autorités tout projet d'introduction en Bourse.

Autre argument avancé par Pékin, l'addiction aux jeux vidéo, qui concerne directement Fortnite. En août, les autorités ont imposé une limite drastique de 3 heures de jeux vidéo par semaine aux moins de 18 ans, alors que certains pouvaient passer des journées scotchés à leur écran. Lancé en 2017, Fortnite est un jeu dit de "battle royale", où les participants cherchent à être le dernier survivant. Le jeu dispose d'une version spécifique en Chine où les contenus violents, obscènes ou sensibles politiquement sont strictement encadrés.

En réaction, "le 15 novembre à 11H, nous éteindrons les serveurs du jeu et les joueurs [en Chine] ne pourront plus se connecter", a écrit dimanche Epic Games dans un communiqué.

Déjà depuis lundi, le jeu n'accepte plus de nouveaux joueurs en Chine, précise l'entreprise, qui compte parmi ses actionnaires le géant chinois de l'internet Tencent.

La liste ses entreprises américaines qui ont quitté la Chine s'allonge

Yahoo! et Epic Games sont les nouveaux d'une liste de poids lourds mondiaux à jeter l'éponge sur le marché chinois.

Le mois dernier, le réseau social professionnel LinkedIn de Microsoft avait lui aussi annoncé quitter la Chine en raison d'un "environnement difficile".

Refusant de se plier aux exigences de Pékin, les réseaux sociaux américains Facebook, Twitter, Instagram et YouTube, l'encyclopédie participative Wikipédia, ainsi que de multiples médias étrangers sont totalement bloqués en Chine par une "grande muraille informatique" érigée par les censeurs du régime.

(Avec AFP)

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Commentaires 3
à écrit le 02/11/2021 à 17:07
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Ce n'est pas une grosse perte pour le peuple chinois et la Chine comme il fallait s'en douter prenant à contrepieds les multiples promesses de notre classe dirigeante, maintenant que tous les riches du monde y ont investi en masse vont se réserver le...

le 03/11/2021 à 1:37
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Il y a encore des gens pour applaudir a la bonne vielle dictature krypto communiste avec surveillance sociale de tes idées politiques. C'est sidérant !

le 05/11/2021 à 10:53
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Oui pas une grosse perte surtout avec la censure sur les reséaux socios... Les chinois ont de la chance de ne pas avoir fessebouc et le reste!

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